CHAPITRE SIXIÈME
même teiïips que le courant ; on peut donc avoir à volonté un effort dirigé dans le sens ÂB ou dans le sens BA et, dans les deux cas, proportionnel à la distance MC = M'G, c'est-à-dire au déplacement du conducteur, mesuré à partir de la position où il est en équilibre sous Faction des deux champs magnétiques.
Il serait impossible de réaliser des champs magnétiques conservant, comme nous Tavons supposé, une valeur uniforme dans une région de l'espace et changeant brusquement de signe, sans cesser d'être uniforme, au moment où on passe de cette région dans une autre qui n'est séparée de la première que par une droite sans épaisseur. Dans la réalité, les deux champs magnétiques sont nécessairement séparés par une zone dans laquelle la densité des flux de force va en diminuant graduellement à mesure qu'on s'approche de la droite-frontière où elle devient nulle, pour reprendre ensuite de l'autre côté de cette droite, une valeur numériquement croissante mais de signe contraire. A partir d'une certaine distance de la droite qui les sépare, les deux champs deviennent uniformes et les actions exercées sur le conducteur mobile sont les mêmes que si ces deux régions,
Fig. 413.
où les champs sont uniformes, existaient seules, la zone de transition donnant lieu à des actions égales et de signe contraire tout le long de la droite-frontière A'B', comme le montre le diagramme de la figure 413 où les droites ponctuées AjA,, A'jA',, représentent les limites à partir desquelles les deux champs magnétiques deviennent uniformes, la zone de transition étant représentée par l'espace compris entre ces deux droites.
â34 ÉLEGTROMÉTRIE
La même remarque s'applique évidemment aux régions voisines des limites des deux champs qui, dans la pratique, sont nécessairement limités en tous sens ; si ces champs sont produits par des pièces de fer de forme identique, et dont les bords extrêmes sont placés à une distance constante, comme cela a lieu pour le rectangle de la figure 411, les actions exercées sur le conducteur mobile sont les mêmes que si ces zones, à champ d'intensité variable, n'existaient pas.
Ces considérations étaient nécessaires pour bien faire comprendre que l'équation qui donne la valeur de F, en fonction de la distance actuelle du conducteur à sa position d'équilibre (nous appelons ainsi celle pour laquelle la résultante des actions des deux champs est nulle), est encore vraie lorsque les champs magnétiques fictifs dont nous nous sommes servi pour l'établir, sont remplacés par des champs réels.
Pour rendre facilement réalisable l'idée dont nous venons d'exposer le principe, il suffit de modifier légèrement le galvanomètre à circuit mobile, à déviation proportionnelle, représentée par la figure 357. Leis pièces polaires de Taimant^ au lieu de recouvrir une portion du cylindre de fer doux à peine égale à 1/4 de sa circonférence, doivent avoir une amplitude angulaire voisine de deux droits ; l'interv-alle qui les sépare l'une de l'autre, doit être de 1 centimètre à peine et, au lieu d'affecter la forme d'un canal rectiligne dont l'axe est parallèle à celui du cylindre de fer doux concentrique, cet intervalle doit avoir une forme hélicoïdale. Enfin la position normale du cadre mobile qui remplace le conducteur CC de la figure géométrique 411, devra être celle dans laquelle chacune des hélices séparatives des deux champs magnétiques cylindriques, divise en deux parties égales chacun des côtés verticaux du cadre.
L'effort tangentiel auquel ce cadre (supposé réduit à une seule spire) est soumis lorsqu'on y lance un courant, est représenté par une équation identique à celle que nous venons de trouver; la seule différence consiste en ce que x représente alors la longueur d'un arc circulaire, au lieu de représenter celle d'une droite. Pour obtenir le moment, il faudra multiplier cet effort tangenfiel parla demi-distance des deux côtés verticaux du cadre et enfin doubler le résultat obtenu