CHAPITRE SIXIÈME
comparateur décrit au n" 637, le résultat sera évidemment le même et l'aiguille restera en repos apparent malgré le passage des courants. Il peut cependant se produire un phénomène dont il est nécessaire que nous parlions et qui consiste en ce que, sous rinfluence d'une impulsion étrangère telle qu'un choc, l'aiguille peut prendre un mouvement de rotation qu'elle conserve ensuite indéfiniment (à la condition que les deux courants soient de même période), mettant ainsi en évidence l'existence de la rotation de la résultante des actions exercées sur elle par les deux cadres ou, en d'autres termes, l'existence d'un champ magnétique tournant effectuant une rotation complète dans un temps égal à celui d'une période des courants alternatifs.
Ce phénomène que nous devions mentionner, ne peut être d'aucune utilité pour la mesure du rapport des deux courants ; il nous faut donc chercher une autre disposition que celle des comparateurs que nous avons décrits jusqu'à présent, qu'ils soient d'ailleurs à circuits fixes ou à circuits mobiles. Nous allons en décrire deux qui sont basées sur l'emploi de l'électrodynamomètre ; la première fait connaître le carré du rapport des intensités efficaces, la seconde permet d'obtenir directement ce rapport lui-même.
La première disposition est représentée par la figure 414. Elle se compose simplement de deux électrodynamomètres identiques (ils pourraient d'ailleurs être de dimensions différentes) dont les cadres fixes AA', BB', sont dans le même plan vertical et les cadres mobiles oa', bb\ dans deux plans rectangulaires entre eux (la disposition inverse pouvant d'ailleurs être adoptée et présentant même quelques avantages de construction). Ces cadres mobiles sont invariablement liés entre eux par une tige rigide tu et ils sont attachés en c et en é/ à des fils qui servent à suspendre l'équipage mobile, tout en lui permettant de tourner librement autour de l'axe vertical FF'. Le courant 1 traverse les deux cadres de l'électrodynamomètre AA', aa\ qui sont groupés en série au moyen des fils en hélice parallèles au fil de suspension CF. Si les deux cadres étaient dans le même plan, comme l'indique la figure, le couple produit par l'action du courant serait nul, quelle que fût son intensité, mais si
ÉLECTROMÉTRIB
le cadre mobile dévie de Fangle «, compté à partir du plan de la figure, il est sollicité par un couple tendant à le faire dévier jusqu'à ce qu'il fasse un angle droit avec le cadre fixe AA', position dans laquelle il est en équilibre stable à la condition, bien entendu, qu'aucune autre force n'agisse sur lui. Mais si un courant V traverse les deux cadres de rélectrodynamomètre BB', bb\ il fait
naître un second couple et c'est la position d'équilibre que prendra l'équipage mobile aa'bb', sous l'influence de ces deux couples, qui permettra de trouver, comme nous allons le voir, le rapport des intensités des courants I et T.
Supposons d'abord que les courants I et V soient continus ; ils développent dans chacun des cadres mobiles des couples qui, si ces derniers sont suffisamment petits par rapport aux cadres fixes, ont