CHAPITRE NEUVIÈME
électro-motrice légal, est la pile de Latimer-Clark dont la /. e. m. en volts, est représentée, à la température de 15**, par le nombre 1,434. Si donc, on disposait d'un certain nombre de couples de cette pile, la graduation d'un électromètre serait chose facile. Mais nous rappellerons d'abord que les électromètres se prêtent très mal à la mesure des forces électro-motrices d'intensité ordinaire, à moins que Ion n'emploie la méthode hétérostatique qui exige une /. e, m, auxiliaire très élevée qu'il faudrait produire à Taide d'une petite machine éleclro-statique et dont il faudrait mesurer ensuite le rapport à la force électro-motrice étalon. On pourrait aussi charger un grand nombre de condensateurs égaux, au potentiel de la pile-étalon et les accoupler ensuite en tension, comme cela a lieu dans la machine rhéostatique de M. Planté (138).
Mais il est évident que tout cela est coûteux et compliqué et que le procédé qui s'impose est, pour la /. e, m, ordinaire ne dépassant pas 110 volts, l'emploi des voltmètres électro - magnétiques ou électro-dynamiques (électrodynamomètres). Mais alors, se présente une objection très grave^ c'est l'impossibilité de fermer, sur un circuit même non résistant, les piles dont nous parlons, sans les mettre hors de service. Il faut, en efifet, bien se rappeler que les piles Latimer-Glark ne doivent jamais fonctionner qu'à circuit ouvert. On est donc obligé de chercher un moyen de graduer un voltmètre électro-magnétique, à Taide desdites piles, sans être obligé de leur faire produire un courant. En outre, leur prix assez élevé, résultant des soins minutieux avec lesquels elles doivent être construites, ne permet pas d'en employer un grand nombre, de sorte que le problème de la graduation des voltmètres se pose dans les termes suivants : l"" les graduer à l'aide d!une pile dont le circuit ne doit pas être fermé ; 2'' étendre la graduation beaucoup au-delà de la valeur qui correspond à la force électro-motrice de cette pile. Posé dans ces termes, le problème ne comporte qu'une solution : l'emploi d'un condensateur que l'on charge à Taide de la pile-étalon et que l'on décharge ensuite à travers un galvanomètre balistique. On pourrait croire cependant que la méthode de Poggendorlf, dans laquelle on mesure la /. e. m. d'une pile sans qu'elle engendre un
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courant, bien que son circuit soit fermé métalliquement, serait applicable dans le cas qui nous occupe. Il n'en est rien, parce que^ avant d'être équilibrée exactement, la /. e. m. de la pile est tantôt plus grande, tantôt plus petite, que la d.d. p. qu'on lui oppose ; elle produit donc un courant appréciable pendant la durée des tâtonnements que Ton ne peut éviter.
700. — Emploi d'un condensateur pour graduer un voltmètre électro-magnétique. — Supposons qu'on emploie la pileétalon à charger un condensateur de capacité C ; la quantité d'électricité emmagasinée dans cet appareil, a pour expression, q = CE, E désignant la /. e. m. de la pile. Si on le décharge ensuite dans le circuit d'un galvanomètre, l'élongation de l'équipage mobile est donnée par l'équation
de laquelle on tire
Tzq ttCE
expression dans laquelle t représente la durée d'une oscillation simple de l'équipage mobile, sous la seule influence du fil de torsion, et il l'intensité du courant continu capable de produire une déviation permanente égale à l'unité d'angle (57%3). Si la force antagoniste était produite par le magnétisme terrestre, au lieu d'être due à un fil de torsion, il faudrait modifier l'équation comme cela a été indiqué dans un autre chapitre.
L'équation ci-dessus pourrait servir à déterminer la valeur de E en fonction des autres quantités, supposées connues, qui entrent dans l'équation; mais cela n'est pas nécessaire, puisque nous supposons que l'on emploie une pile-étalon dont la /. e. m. est connue d'avance. On se bornera donc à mesurer l'angle balistique correspondant à la /. €. m. E d'un seul couple de la pile-étalon, et on en conclura facilement ce qu'il serait pour deux, trois, ..., n couples. Mais cette extrapolation serait imprudente, surtout si elle était faite pour une valeur de E très supérieure à la /. e, m. d'un seul couple. Il faut