CHAPITRE DIXIEME
La figure 444 représente deux rangées de cinq bobines chacune appartenant à une boite à décades. Chaque rangée contient 9 bobines identiques entre elles et ayant chacune une résistance de 1 ohm pour
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Fig.4U.
la première rangée ou rangée des unités, 10 ohms chacune pour la rangée des dizaines, 100 ohms chacune pour la rangée des centaines et ainsi de suite.
Toutes les bobines d'une rangée sont groupées en série, et Tune des extrémités de la rangée est reliée à une équerre métallique de forte section telle que Â'Aa pour la première rangée, A', Ai «i pour la seconde rangée et ainsi de suite. Ces équerres peuvent être réunies métalliquement entre elles par des chevilles placées entre a et Ai, ai et A}, etc, de façon à transformer, quand on le veut, les tronçons Aa, Aiflj, Aia,, en une barre continue que le courant traverse alors sans passer par les bobines. Mais si on enlève la cheville placée entre a et Al par exemple, le courant est obligé de passer par les bobines, et encore ne peut-il le faire que si une cheville telle que CD réunit métalliquement le fil de jonction de deux bobines consécutives, par exemple Bj et B,, au côté AiA', de la seconde équerre. La résistance intercalée dans le circuit, sera alors, en ce qui concerne la première rangée, représentée par deux bobines égales chacune à 1 ohm, soit 2 ohms.
Toutes les rangées présentant des arrangements identiques^ on voit immédiatement que pour former par exemple la résistance de 4 176 ohms, on placera dans la rangée des mille une cheville dans le trou numéroté 4 ; dans la rangée des centaines, une cheville dans le
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trou numéroté 1, etc...; de sorte qu'il suffira de lire les chiffres correspondant à des chevilles, pour former, par leur juxtaposition, le nombre qui représente la résistance totale.
Fig. 445. •— Boites de résistances à décades de la Maison Carpenticr.
Le nombre total des chevilles nécessaires pour une boîte de 10000 ohms, n'est que de quatre ; mais il faut faire attention, que lorsqu'on enlève une cheville pour modifier la résistance de la rangée dans laquelle elle est située, on interrompt complètement le courant dans la boîte entière, pendant tout le temps que la cheville est enlevée. Cela peut avoir des inconvénients parce qu'il en résulte des secousses violentes pour le galvanomètre qui est toujours relié au circuit lorsque la boîte sert à la mesure des résistances. Aussi doit-on avoir une cheville supplémentaire que Ton place au point marqué 0 sur la figure, en face de la rangée dont on veut enlever la cheville, et préalablement à cet enlèvement.
La figure 445 représente une de ces boîtes, permettant de faire varier la résistance de 1 à 9 999 ohms.
716. — Boîtes de résistances à décades à contacts ou A frotteurs tournants. — Les boîtes à décades sont maintenant très employées en raison des avantages indiqués plus haut, mais on pourrait rendre leur manœuvre bien plus rapide encore, si on les modifiait de la façon suivante. Chaque décade serait enfermée dans un cylindre en ébonite pouvant tourner autour d'un axe horizontal (comme les
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boîtes qui servent au tirage des loteries) ; sur la surface cylindrique extérieure, seraient appliqués les plots numérotés 1, 2, 3, ... (de la figure 444) qui formeraient ainsi comme une sorte de double jante composée de segments interrompus, et enfin, au lieu dechevilles^ ce seraient des frotteurs qui réuniraient temporairement les plots que Ton doit faire communiquer. Ces frotleurs étant fixes et alignés sur une même horizontale, seraient placés immédiatement au-dessous de fenêtres dans lesquelles apparaîtraient les chiffres indicateurs de la résistance mise en circuit dans chaque rangée. La manœuvre à faire pour donnera la boite une résistance fixée à Tavance, consisterait simplement à faire tourner chaque cylindre jusqu*à ce que le nombre de bobines pour lequel ce cylindre concourt à la résistance totale, fît son apparition dans la fenêtre. Nous verrous bientôt, en parlant du Pont de Wheatstone, qu'une boîte de résistances ainsi disposée, supprimerait toute espèce de tâtonnements dans la mesure d'une résistance inconnue. Il Serait d'ailleurs très facile de disposer les balais ou frotteurs, de façon que leur résistance individuelle ne dépassât pas celle des chevilles.
Au lieu de faire tourner les boîtes cylindriques contenant les bobines de résistance devant des frotteurs fixes, on peut faire tourner les frotteurs et laisser les boites immobiles, mais on n'a pas alors Tavantage de pouvoir lire, alignés sur une même horizontale, les chiffres du nombre qui représente la résistance totale. Lorsqu'on adopte cette disposition, il est préférable de donner aux frotteurs et aux plots, la forme classique des anciens télégraphes à cadran. Les plots, d'une rangée de neuf bobines, sont disposés suivant une demicirconférence et les plots de la décade suivante sont alignés sur la seconde moitié de la même circonférence. Les chevilles sont remplacées par des frotteurs liés à des manivelles mobiles autour du carton delà circonférence. La décade des centaines et celle des mille occupent une seconde circonférence placée à côté de la première, de sorte que la partie supérieure de la boîte de résistances présente l'aspect de deux manipulateurs de télégraphe à cadran contenant chacun deux manivelles dont le mouvement angulaire est un peu moindre qu'un demi-tour. La figure 446 représente une de ces boîtes permel-
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tant de faire varier la résistance de 1 à 9999 ohms. Avec ces sortes de boîtes, le courant n'est jamais rompu pendant que Ton fait varier
Fig. 446. ~ Boite de résistance à frotteurs tournants de la Maison Carpentier.
le nombre des bobines intercalées dans le circuit, ce qui constitue un avantage très réel.
717. — Rhéostats continus. — Les bobines de résistance ne permettent de faire varier la résistance d'un circuit, que d'une façon discontinue, or il est souvent nécessaire de faire varier celle résistance par degrés insensibles; on emploie alors des appareils auxquels on a donné le nom de Rhéostats. Ils contiennent tous, comme organe essentiel, un fil dont on fait varier la longueur d'une façon continue, soit au moyen d'un frotteur, soit par tout autre procédé. Le plus simple de tous est le Rhéocorde (fig. 447); il se compose d'un fil rigide fortement tendu AB, sur lequel glisse, appuyé par un ressort, un curseur CD lié aune douille D laquelle glisse également à frottement doux sur une tige PP' en cuivre et d'une section suffisante pour que sa résistance propre puisse être considérée comme nulle. Les extrémités de cette tige sont d'ailleurs encastrées en P et en Pdans des blocs de métal fixés sur une planche en bois sur laquelle sont vissées, en a et b, deux bornes métalliques. Le courant arrivant en a. passe par la barre métallique de résistance nulle ak, parcourt le fil jusqu'au curseur et du curseur CD revient au bloc F, passe par la barre de résistance nulle Fi, et sort par la borne A. La résistance