CHAPITRE DIXIÈME
rigoureusement égales et de même sens, grâce à un jeu de roues dentées qui les rend solidaires. Le cylindre A est entièrement métallique et le cylindre A' entièrement isolant ; tous deux portent une rainure hélicoïdale dans laquelle s'engage un fil métallique dont la longueur totale est égale à celle de la rainure d'un seul cylindre.
Mais ce fil, au lieu d'être encastré dans la rainure et de faire corps avec un cylindre, comme dans le rhéostat de Jacobi, est simplement enroulé sur les deux cylindres auxquels il n'est lié invariablement que par ses extrémités dont l'une est encastrée à l'une des bases du cylindre conducteur, tandis que l'autre est encastrée à la base opposée du cylindre isolant. Il résulte de là que si on fait tourner les deux cylindres du même angle et dans le même sens, la longueur enroulée sur l'un d'eux augmentera tandis qu'elle diminuera d'autant sur le second cylindre. Ceci posé, si un courant entre par l'extrémité encastrée dans le cylindre isolant, il devra parcourir toute la longueur du fil enroulé sur ce cylindre, avant d'arriver au cylindre métallique, mais si le second cylindre communique avec le pôle négatif de la source d'électricité, le courant n'aura évidemment aucune résistance à traverser de ce fait, de sorte que la résistance totale du rhéostat se réduit à celle du fil enroulé sur le cylindre isolant. Elle est donc variable à la volonté de Topérateur, depuis une très petite quantité (représentée par la distance des axes des deux cylindres), jusqu'à la résistance du fil entier.
Cet appareil est évidemment inférieur à celui de Jacobi qui nous paraît être le meilleur des rhéostats continus, puisqu'il permet de faire varier à volonté la résistance dans des limites très écartées, soit par degrés insensibles, soit instantanément*
720. — - Diifôrentes méthodes de comparaison des résistances. — Les différentes méthodes de comparaison des résistances sont basées sur remploi des appareils suivants :
!• le Galvanomètre différentiel ; 2* le Pont de Wheatstone ; 3» le Comparateur.
Nous allons les étudier successivement dans cet ordre, en faisant remarquer que le pont de Wheatstone est beaucoup plus fréquem-
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ment employé que les deux autres appareils, parce que le galvanomètre ordinaire est d'un usage plus répandu que le galvanomètre difTérentiel. Sans discuter ici le mérite comparatif de ces deux méthodes, nous devons dire que notre opinion est que le différentiel est supérieur à tous égards au galvanomètre simple, et que le seul inconvénient qu'il présente est une complication un peu plus grande dans la construction.
Quant au comparateur, son existence même est presque ignorée de la plupart des électriciens et cela est regrettable, car il permet de résoudre tous les problèmes dans lesqi^els on peut utiliser le galvanomètre ordinaire et le galvanomètre différentiel, et en outre, un certain nombre d'autres dans lesquels ces deux instruments lui sont nettement inférieurs.
721. — Comparaison de deux résistances au moyen du galvanomètre différentiel. — L'application la plus simple que Ton puisse faire du galvanomètre différentiel, est celle de la constatation de l'égalité de deux résistances. Voici comment on dispose l'expérience :
Les deux résistances sensiblement égales ÂB, A'B' (fig. 449)^ sont intercalées dans les circuits des bobines G et G' d'un galvanomètre différentiel, de façon que les bornes P et Q étant mises en communication avec les pôles d'une pile^ le courant de celle-ci se divise en deux parties sensiblement égales qui traversent les cadres G et G' dans un sens tel, que leurs actions mécaniques sont de signe contraire. Si le galvanomètre a été préalablement réglé (en lançant un même courant dans les deux cadres groupés en série, de façon que les actions de ces deux cadres se détruisent), on reconnaîtra l'égalité des deux courants dérivés qui traversent G et G', à ce que la déviation de l'aiguille aimantée est nulle. 11 résulte de cette égalité des deux courants, que si Ton désigne par r et par g les résistances de AB et de G ; par ?•' et par g' celles de A'B' et de G', on a l'égalité
et par conséquent, si l'on a eu soin de rendre égales les résistances g et g',