CHAPITRE DIXIÈME
première, donne
r ri ' Pour pouvoir satisfaire à la condition représentée par la première équation, il est nécessaire que Ton puisse faire varier à volonté le
rapport ^t ^^^ intensités des deux courants. On y arrive en installant dans chacun des circuits un rhéostat continu (non représentés sur la figure) ; ces deux rhéostats, bien que distincts, sont reliés mécaniquement entre eux de façon que lorsque la résistance du premier est nulle, celle du second est maxima et inversement ; il est facile d'arriver alors, en manœuvrant la manivelle commune à ces deux rhéostats, au résultat cherché, c'est-à-dire d'obtenir que les deux courants I et V, satisfassent à la relation
Lorsque, au lieu de comparer deux résistances inconnues, on veut simplement comparer une résistance inconnue à une résistance étalonnée, la même méthode est applicable en supposant que Tune des résistances inconnues, AB par exemple, est constituée par un rhéocorde et que la résistance à mesurer est représentée par A'B'.
736. — Pont de Wheatstone destiné à la mesure des résistances très petites. — On pourrait disposer le pont de Wheatstone dans le but spécial qui nous occupe, mais en le transformant de la manière suivante : Les trois côtés du quadrilatère contenant des résistances étalonnées, seraient remplacés par des rhéostats h curseur ou rhéocordes dont la résistance maxima serait par exemple de 1 /1 0 ohm ; il deviendrait alors très facile de mesurer la résistance placée dans le quatrième côté du quadrilatère, en opérant comme on le fait avec le pont destiné à la mesure des résistances ordinaires, avec cette différence toutefois, que les tâtonnements inévitables auxquels on est obligé de se livrer avec cet appareil, seraient supprimés par l'emploi des rhéostats à curseurs.
En ce qui concerne ces derniers, nous croyons que, au lieu de les
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constituer à l'aide d'un gros fil le long duquel on fait mouvoir une sorte de couteau émoussé qui sert à établir la prise de courant (717), il serait bien préférable, à tous égards, de remplacer le fil métallique étalonné par un canal creusé dans une substance isolante et rempli de mercure jusqu'à une certaine hauteur. Ce canal aurait une section rectangulaire et sa face inférieure serait rigoureusement horizontale, de façon que l'épaisseur de la couche mercurielle fût exactement la même dans toute sa longueur. En lui donnant une longueur de 1 063 millimètres et une section mercurielle de 1 centimètre carré, il aurait exactement, par définition^ une résistance de 1/100 d'ohm légal. Il ne serait d'ailleurs pas indispensable de mesurer la section de ce canal ; il suffirait de peser la quantité de mercure qu'il contient et de s'assurer que son poids est de 1 445(^,21 . Les prises de courant se feraient au moyen de blocs de fer, l'un fixe, situé à l'extrémité du canal ; l'autre, mobile et d'une section un peu moindre que celle du canal (ce qui n'entraînerait d'ailleurs aucune erreur) et qui remplirait les fonctions de curseur. L'horizontalité rigoureuse du fond du canal, obtenue par des moyens qui sont du ressort de l'artiste en instruments de précision, assurerait la proportionnalité absolue de la résistance et de la longueur de la colonne de mercure, interceptée entre l'origine du canal et le curseur.
737. — Mesure des très petites résistances par l'emploi du galvanomètre balistiq[ue et d'une bobine d'induction. — La
mesure des résistances très petites aurait une précision très limitée si la résistance intérieure de la pile était considérable. Il faut donc, dans les opérations de ce genre, employer des piles à grande surface^ ou grouper en dérivation les couples de la pile dont on dispose. Tout ceci équivaut à dire que le courant lancé dans le quadrilatère doit avoir une intensité proportionnée à la précision relative que Ton désire obtenir. Or, on peut obtenir un courant intense, mais à la vérité d'une durée très petite, en se servant d'une bobine d'induction à deux fils ; le fil induit de gros diamètre et de faible résistance, serait mis en communication^ avec les sommets du quadrilatère qui sont habituellement en communication avec la pile, tandis que le fil indue-
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téur de faible diamètre et d'une grande longueur, recevrait le courant intermittent d'une pile ordinaire, c'estrà-dire ayant une notable résistance intérieure. Cette bobine contiendrait un faisceau de fils de fer.
Chaque fois que Ton lancerait ou que Ton interromprait le courant de la pile, le fil induit deviendrait le siège d'une /. e, m. qui, en raison de la faible résistante du circuit induit et du pont, engendrerait dans ce dernier, un courant instantané très intense, mettant
en mouvement une quantité d'électricité égale à -^-^ $ étant le
flux de force magnétique embrassé par les spires de l'aiguille, et dont la plus grande partie serait due au faisceau de fils de fer.
Au moment de la fermeture ou de la rupture, le galvanomètre situé dans la diagonale, recevrait une impulsion qui, si les résistances des quatre branches du pont n'étaient pas rigoureusement dans les conditions exigées pour l'équilibre, lorsque le courant est permanent (nous supposons que les résistances à mesurer seraient dénuées de self-induction), se traduirait par une élongation bien plus grande que si la pile était employée directement de la manière ordinaire.
Enfin, il est clair qu'à l'aide d'un commutateur tournant, comme ceux dont on trouvera la description dans le chapitre relatif à la mesure des coefficients d'induction, on pourrait envoyer dans le pont, une série de courants induits ayant tous le même sens et qui produiraient, sur le galvanomètre, le même effet qu'un courant continu, à la condition toutefois qu'ils fussent suffisamment nombreux, dans l'unité de temps.
En désignant par n le nombre de fermetures du courant inducteur par seconde, le nombre des ruptures est évidemment le même et, comme la quantité d'électricité mise en mouvement dans le circuit induit est la même lorsque le courant est rompu que lorsqu'il est fermé, la quantité totale d'électricité lancée pendant une seconde
dans le circuit du galvanomètre serait proportionnelle à -^ ; elle
produirait sur l'équipage mobile, le même effet qu'un courant continu qui entrerait dans le quadrilatère et en sortirait par les sommets
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OÙ sont attachés les fils de la pile, et dont l'intensité serait numériquement égale à celle de celte expression.
MESURE DE LA RÉSISTANCE D'UN LiaUlDE.
La mesure de la résistance d'une colonne liquide présente des difficultés particulières tenant à ce que tous les liquides conducteurs (le mercure excepté) produisent, au contact des électrodes, une /. e, m, que Ton ne peut déterminer rigoureusement et qui rendrait complètement illusoires les mesures prises au moyen des méthodes que nous avons déjà décrites, méthodes qui ne peuvent être appliquées qu'à des conducteurs inertes, c'est-à-dire dans lesquels n'existe aucune /. €. m.
Il faut donc appliquer aux liquides conducteurs, des procédés particuliers que nous allons étudier rapidement.
738. — Mesure de la résistance d*un liquide par l'emploi du galvanomàtre différentiel. — Soit B et B' (fig. 458) les deux bobines d'un différentiel groupées en dérivation au point A
Fig. 458.
et au point M, de sorte qu'un courant fourni par une source quelconque entre en A, se divise en deux parties qui traversent respectivement les circuits ABCDEM et AB'C'D'E'xM et sort en M. Chacun de ces circuits contient une boîte de résistances étalonnées G, C, et un tube en verre DE, D'E', rempli du liquide dont on veut mesurer la résistance. Ces tubes, de diamètres identiques, n'ont pas la même longueur ou, pour être plus précis, contiennent des électrodes qui interceptent des colonnes de longueurs différentes et par conséquent