CHAPITRE DIXIÈME
L'aiguille reviendra alors au zéro dans un temps très court, après avoir exécuté autour de ce point une série d'oscillations aussi rapides que celles d'un diapason, et qui s'éteindront très rapidement précisément parce que c'est une loi générale que le mouvement vibratoire d'un corps s'éteint d'autant plus vite, que la fréquence en est plus grande.
Pour créer cette force directrice de même direction que celle de la terre, mais incomparablement plus grande, il suffit, ainsi que nous lavons indiqué au n* 728, d'envelopper la bobine dans laquelle passe le courant qui dévie l'aiguille aimantée (dont l'axe est perpendiculaire au méridien magnétique), d'une autre bobine dont l'axe est situé dans le méridien magnétique et qui par conséquent ne peut produire aucune déviation de l'aiguille, lorsque celle-ci est au zéro, quelle que soit d'ailleurs l'intensité du courant lancé dans cette seconde bobine que nous appellerons bobine auxiliaire. C'est seulement lorsque l'aiguille aimantée n'est plus au zéro, que le courant auxiliare exerce sur elle un couple directeur proportionnel au sinus de la déviation de l'aiguille et la ramène au zéro, comme nous venons de le dire ; de plus (et ceci est un avantage important de ce dispositif), il maintient l'aiguille, aimantée à saturation.
Voici comment on emploie cet appareil, lorsqu'il est intercalé dans la diagonale d'un pont de Wheatstone : l'aiguille étant supposée immobile au zéro, et le courant auxiliaire supprimé, on abaisse la clef de l'aiguille du pont ; si ce dernier n'est pas équilibré, l'aiguille dévie ; immédialiement on supprime le courant du pont et on lance le courant auxiliaire qui ramène l'aiguille au zéro ; dès que ses vibrations sont éteintes, on supprime le courant auxiliaire et tout est prêt pour une seconde expérience. On pourrait objecter à ce dispositif qu'il permet bien de fixer rapidement Taiguille au zéro, mais qu'il ne permet pas de la fixer dans la position d'équilibre qu'elle tendrait à prendre sous l'influence du courant principal seul et que, par conséquent, on ne pourrait l'utiliser pour mesurer l'intensité du courant principal ni pour appliquer la méthode d'interpolation dont nous avons préconisé l'emploi pour mesurer une résistance exactement et sans tâtonnements. Ce dispositif ne parait donc applicable que
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lorsque Taiguille doit être ramenée au zéro. Voici comment on tourne cette difficulté.
Lorsqu'on abaisse la clef du pont, ou plutôt le clef de la diagonale du pont (celle du pont étant déjà abaissée pour permettre au courant de prendre son état permanent afin de supprimer les phénomènes d'induction), l'aiguille est lancée, et si on maintient la clef abaissée et que Taiguille ne soit soumise à aucune action parasite telle que celle d'un amortisseur, son élongation est double de la déviation statique qui correspond réellement à l'état d'équilibre. C'est cette élongation qu'il faut lire et, dès que l'aiguille est arrivée à l'extrémité de sa course, on relève la clef et on ferme le courant auxiliaire qui ramène l'aiguille au zéro. On pourrait objecter à cette manière d'opérer que la déviation dynamique de l'aiguille n'est pas exactement double de la déviation statique. Il est facile de supprimer cette cause d'erreur qui n'en est pas une, d'ailleurs, quand il s'agit simplement de faire une interpolation, en graduant l'instrument par ce môme procédé de déviation dynamique qu'il ne faut nullement confondre avec l'élongation d'un galvanomètre balistique. Dans ce dernier, en effet, le courant ne doit agir que pendant un temps tellement court que l'aiguille n'éprouve pas, pendant ce laps de temps, un déplacement appréciable, tandis que dans le cas actuel, le courant passe pendant tout le temps que l'aiguille met à accomplir son élongation.
Si le galvanomètre auquel ce dispositif est appliqué, est autoastatique, c'est-à-dire composé de deux aiguilles égales et opposées, il faudra le munir aussi de deux bobines auxiliaires. Il serait donc préférable^ au point de vue de la simplicité, d'employer un aimant extérieur destiné à équilibrer l'action du champ terrestre.