‹ Traite d'électricité industrielle thèorique as pratique (volume 2)Chapitre 258 sur 270 · TRAVAIL ABSORBÉ PAR L'HYSTÉRÉSIS · texte numérisé non relu

TRAVAIL ABSORBÉ PAR L'HYSTÉRÉSIS

792. — Dôlinition de l'Hystérésis. — Le phénomène auquel on a donné le nom d'hystérésis^ consiste en ceci : si on place un barreau de fer dans un champ magnétique dont on fait croître graduellement l'intensité, jusqu'à une certaine valeur, le moment magnétique du barreau va également en croissant et cet accroissement est d'ailleurs de plus en plus lent, comme nous Tavons vu dans le chapitre consacré au magnétisme. Si, après avoir donné au champ magnétique une valeur croissante, on s'arrête à une certaine intensité et qu'on lui donne ensuite des valeurs décroissantes, on constate, en mesurant, dans les deux cas, le moment magnétique du barreau que la valeur de ce moment n'est pas la même pour une même intensité du champ, dans les deux expériences successives. Le moment magnétique correspondant à une intensité décroissante est plus grand que celui qui correspond à la même intensité lorsqu'elle est croissante. L'intensité d'aimantation du barreau est donc en retard sur le phénomène qui lui donne naissance ; de là le nom d'hystérésis qui vient du verbe grec uarepevv (rester en arrière). Le flux de force totale du barreau étant une fonction linéaire du moment magnétique ou de rintensité d'aimantation (259), est donc aussi assujetti au même phénomène.

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L'hystérésis produit des effets très différents, suivant que le champ magnétique dans lequel est placé le barreau, est produit par un courant électrique traversant un conducteur immobile, ou bien par un aimant permanent animé d*un mouvement relatif par rapport au barreau. Dans le premier cas, la variation d'intensité du champ s'obtient par une variation proportionnelle de l'intensité du courant et, dans le second cas, par un déplacement de Taimant. Or, comme nous allons le démontrer, Thystérésis donne lieu, dans les deux cas^ à la production d'un travail résistant qui nécessite la production d'un travail moteur équivalent, mais qui affecte une forme très différente, suivant que la variation d'intensité du champ est produite par une variation de courant ou par le déplacement d'un aimant permanent. Dans le premier cas, ce travail est purement électrique et s acccomplit aux dépens de la source de force électromotrice qui entretient le courant ; dans le second cas, ce travail est, au contraire, purement mécanique et sa valeur peut être mesurée par les procédés employés dans la mécanique ordinaire.

793. — Expression théorique du travail absorbé par l'hystérésis. — L'expression de la quantité de travail absorbé par l'hystérésis, peut également se déduire de considérations d'ordre très différent qui conduisent d'ailleurs à la même formule. La méthode classique consiste à partir des lois de l'induction et des équations générales du travail accompli dans un circuit électrique, dans lequel se trouvent des masses magnétiques dont le flux de force est une fonction de l'intensité du courant. La seconde méthode que nous avons fait connaître^ il y a peu de temps (Leçons sur l'Électricité professées au Collège de France. Leçon du 24 janvier 1899), repose exclusivement sur les lois du magnétisme et aurait pu être imaginée avant même que l'on connût Texistence des courants électriques. Les deux méthodes ont toutefois ceci de commun qu'elles s'appuient implicitement sur le principe delà conservation de Ténergie. Voici d'ailleurs en quoi consiste la méthode classique.

Considérons un circuit fermé contenant une source de /. e. m. E et un solénoïde contenant un barreau de fer doux. Avant d'aller plus

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