CHAPITRE TROISIÈMB
éloignée des pôles et, en outre, sa longueur a pour conséquence un accroissement inutile de la résistance qu'elle oppose au passage du courant. Voici une disposition dans laquelle ces inconvénients sont presque complètement supprimés, qui permet d'employer des spires d'un très petit diamètre, quelle que soit la longueur de l'aiguille aimantée, et de faire agir la force électro-magnétique à une très petite distance des pôles de l'aiguille. Mais elle a, par contre, Tinconvénient d'imposer l'emploi de la méthode acinétique, parce que la force exercée sur les pôles de l'aiguille, le courant restant constant, varie rapidement avec la position relative de ceux-ci par rapport aux bobines.
Les figures 344 et 345 représentent schématiquement cette disposition.
L'aiguille aimantée (fig. 344) est courbée en forme de U et ses deux pôles a, 6, pénètrent dans deux bobines. A, B, de faibles dimensions, dont la partie intérieure a un diamètre un peu plus grand que celui de l'aiguille, de façon à lui permettre de se mouvoir librement. L'instrument comporte au moins deux aimants identiques fixés par leurs points neutres G et G' à un levier très léger GG' (simplement constitué par une paille de blé) suspendu en son milieu à un fil de torsion qui se projette horizontalement en F. On voit que le plan de chaque aimant fait, avec le levier de suspension, un angle aigu ; cela est dû à ce que les extrémités polaires a et a' des aimants, doivent se mouvoir, autant que possible, tangentiellement au cercle décrit du point F comme centre avec un rayon égal à
Si on courbait les deux branches des aimants suivant un arc de cercle ayant son centre en F (fig. 345), on obtiendrait le même résultat et la disposition serait plus élégante.
Si les deux pôles d'un même aimant sont situés sur une parallèle au fil de suspension F, cet aimant forme, à lui seul, un système aulo-astatique (567) ; de sorte que l'appareil, formé de deux ou de quatre systèmes identiques, est à fortiori lui-même asiatique. De là la nécessité de le munir d'un organe capable de développer une force antagoniste facile à obtenir par l'un des moyens décrits dans un autre
ÉLEGTROMÉTRIE
chapitre. On pourra, par exemple, se servir de laction directrice du magnétisme terrestre sur une petite aiguille aimantée rectiligne fixée horizontalement en son milieu à l'équipage mobile. Mais alors,
Fig. 344.
la disposition de l'instrument exigeant l'emploi de la méthode acinétique, il faudra faire tourner tout l'appareil autour d'un axe vertical jusqu'à ce que le couple, dû au magnétisme terrestre, fasse équilibre à celui qui est produit par l'action des bobines sur les pôles. Il est à peine nécessaire de dire que, dans ce cas, le fil de suspension serait un fil de cocon.
602. — Sensibilité du galvanomètre précédent. -- Pour montrer la sensibilité d'un appareil de ce genre» nous allons recommencer les calculs développés dans le numéro 597, lorsqu'il s'agissait d'un galvanomètre ordinaire.
Nous supposerons que chaque aimant est constitué par un fil d'acier ayant 2"" de diamètre, dSO""* de longueur développée, et dont les branches sont situées à 20"" l'une de l'autre. Un tel aimant pèse environ S^^TS de sorte que l'ensemble des deux aimants et du levier CC qui les réunit, pèse moins de 10^'. Quant à son intensité d'aimantation, l'expérience nous a appris que si on emploie l'acier des aiguilles à tricoter que l'on trouve partout, elle peut atteindre facilement le nombre 750 ; mais nous nous bornerons au nombre 500, pour tenir compte des différentes causes d'affaiblissement aux-