CHAPITRE QUATRIÈME
D'après ce que nous venons de dire, toutes les molécules du tube prendront, pendant le passage du courant, un état magnétique qui ne se traduira par aucune action extérieure, mais dont on pourra cependant manifester Texistence en coupant le tube suivant un plan diamétral AA', et en cherchant Teffort F qu'il faut appliquer à Tune des moitiés du tube pour la séparer de Tautre. Nous avons vu (238) que l'intensité 3é du champ magnétique dont les lignes de force circulaires déterminent dans le fer l'aimantation induite x9ê, est liée à TefFort F par l'équation
qui, en remplaçant 9ê par sa valeur — ^ donne
dans laquelle s désigne le produit de l'épaisseur de la paroi du tube par la longueur de ce tube comptée perpendiculairement au plan de la figure. Le flux de force magnétique totale compté suivant la circonférence du tube, est égal à (251)
9U is
X^s 4- iio^s = (i -h 4irx) == 2,u
ËxBMPLE NUMÉRIQUE. — Un tubc de fer ayant 2 centimètres de diamètre moyen, 2 millimètres d'épaisseur et 10 centimètres de longueur, contient un conducteur qui se confond avec son axe et qui est traversé par un courant de 20 ampères ou 2 unités C. G. S. On demande le poids nécessaire pour séparer les deux moitiés du tube supposé scié longitudinalement suivant un plan diamétral.
La section s a pour valeur 0,2 X 10 = 2 centimètres carrés. L'intensité Sf6 du champ produit par le courant, à une distance du conducteur égale au rayon du tube, a pour valeur
Or,latabledesconstantes d'aimantation (page335) donne, pour 3é = 3,9 une valeur de x égale à 151. Nous admettrons donc pour Sfë = 4, une valeur de x égale à 150 et nous aurons
F = 167C.Î55* X -T^ X 2' = 9047700 dynes ou 9S225 .
584 ÉLECTRO-MAGNÉnSMiS
Nous devons dire lout de suile qu'une expérience faite dans les conditions que nous venons d'indiquer, nous a donné un nombre très inférieur à celui que nous venons de trouver.
Cette divergence tient probablement à ce que le coefflcient x est, pour les fers de qualité médiocre, avec lesquels on fait les tubes que Ton trouve dans le commerce, beaucoup plus petit (surtout pour les faibles valeurs de 3é) que les nombres trouvés par M. Ewing pour des fers très doux ; or, comme le coefficient x intervient au carré dans la valeur de F, son influence est très considérable.
424. — Aimantation des diverses parties d'un circuit magnétique fermé. — Dispersion magnétique. — Nous avons vu (261) qu'un aimant est entouré d'un système de lignes de force tel que chaque canal de force est composé de deux parties, Tune intérieure, l'autre extérieure à l'aimant (fig. 225). Ces deux parties se rejoignent sur les deux faces du plan c& élevé au centre de figure de l'aimant, normalement à son axe ; il en est de môme de tous les autres canaux de force.
Dans chacun de ces canaux, le flux de force (c'est-à-dire la force constante appliquée à un petit plan de surface égale à la section du canal, chargé d'une unité magnétique par cm'), a une direction tangente à celle du canal et une intensité constante ; mais la valeur de chaque flux de force est distincte do celle du flux de force voisin.
Tous ces flux de force forment un ensemble qu'on appelle le fliix de force total.
Nous insistons sur tous ces faits afin que Ton sache bien que les formules dont nous allons nous servir dans la suite, ne sont pas rigoureusement exactes ; elles supposent, en efi'el, que tous les canaux de force sortent et entrent par les deux faces A et B et que les canaux tels que adbD n'existent pas.