CHAPITRE PRBMIBR
cylindre ; il est facile de démontrer que si une petite quantité du liquide entraîné dans la relation était d'abord située au centre du cylindre et qu'elle fût ensuite amenée jusqu'à la circonférence elle développerait pendant ce trajet un travail égal à
par ui\ité de volume.
En considérant Tunité de volume du liquide comme représentant la masse-unité électrique, ce travail, développé lorsqu'elle passe du centre à la circonférence^, représenterait la différence de potentiel de ces deux positions et par conséquent la force électro-motrice qui lui est équivalente et qu'on pourrait appeler ici force hydro-motrice.
304. — Si pour continuer notre comparaison jusqu'au bout, nous immobilisons le cylindre en rendant les cloisons mobiles et si nous perçons au centre et à la circonférence des ouvertures auxquelles aboutissent les deux extrémités d'un tuyau, nous constituerons ainsi une véritable pompe centrifuge dont la rotation entretiendra dans le tuyau une circulation indéfinie du liquide qui entrera dans l'appareil par le centre et en sortira par la circonférence. Le mouvement du liquide dans l'intérieur de l'appareil sera donc, grâce à la force hydro-motrice j dirigé en sens contraire de celui qu'il prendrait sous la seule influence de la différence des pressions du liquide au centre et à la circonférence. Cette dernière est en effet plus élevée que l'autre d'une quantité qui, exprimée en dynes, par centimètres carrés aurait une valeur égale à la force hydro-motrico
diminuée des pertes de pression causées par les frottements du liquide à l'intérieur de la pompe centrifuge.
La vitesse du courant liquide déterminé dans le tuyau par la différence des pressions qui existent à la circonférence et au centre de la pompe centrifuge, augmentera naturellement avec cette différence. Mais elle ne lui est pas proportionnelle. L'expérience montre en effet que le débit d'un tuyau et par conséquent la vitesse du liquide est proportionnelle à la racine carrée de la différence des pressions à l'origine et à la fin du tuyau.
C'est ici qu'apparaissent les différences qui existent entre les lois de Técoulement d'un liquide dans un tuyau et celle du courant permanent dans un fil métallique ; car la formule
où
Vo — Vi = RI
nous montre que le débit électrique est proportionnel à la différence de pbtentiel tandis que le débit hydraulique est proportionnel à la rticine carrée de la différence des pressions hydrostatiques.
Enfin on trouverait également que la résistance d un tuyau à l'écoulement d'un liquide, exprimée en fonction du diamètre, conduit à une formule toute différente de celle qui fait connaître la résistance d'un conducteur.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet ; nous avons voulu montrer seulement qu'il y a de profondes dissemblances entre ces deux genres de phénomènes physiques malgré l'analogie des termes employés journellement par beaucoup d'auteurs qui disent qu'une machine débite, par exemple, cinquante ampères sous la pression de cent volts et qui remplacent également l'expression de différence de potentiel entre les deux points d'un môme circuit par celle de perte de charge.
305. — Si le courant électrique était réellement produit par le mouvement de translation d'un chapelet de molécules électrisées glissant le long d'un conducteur, il est facile de démontrer que pour qu'un pareil courant fût régi par les lois d'Ohm, il faudrait que chaque molécule éprouvât de la part du conducteur une résistance proportionnelle à la quantité d'électricité qu'elle contiendrait et à sa vitesse de translation.
Nous avons trouvé un dispositif qui permet de réaliser cette condition avec un liquide, c'est-à-dire de faire naître sur les organes qui servent à mettre le liquide en mouvement une résistance proportionnelle à la vitesse imprimée au liquide ou plutôt proportionnelle à la masse du liquide écoulé dans l'unité de temps ; mais la