CHAPITRE DEUXIÈME
Le travail développé par le courant dans le calorimètre C est purement calorifique, il a pour valeur (Vo — V,)I.
Le travail développé dans le calorimètre C se décompose en deux parties distinctes : 1*^ le travail converti en chaleur et qui est accusé par le calorimètre ; 2° le travail mécanique recueilli sur la poulie P et mesuré à l'aide du frein qui le transforme aussi en chaleur ; mais cette chaleur étant dégagée en dehors du calorimètre G', est simplement dispersée en tous sens et n'est pas mesurée.
Désignons par c la quantité de chaleur cédée dans l'unité de temps au calorimètre C, par c' celle qui est cédée au calorimètre C\ par A l'équivalent mécanique d'une calorie (en unités C. G. S.) et par 6 le travail mécanique mesuré sur la poulie P. Nous aurons les équations suivantes :
(Vo - VOI = Ac (V, - V,)l = Ac' 4- C
d'où Ac = Ac'-t-b
et
Cette dernière équation donne donc la valeur de l'équivalent mécanique d'une calorie. Le courant électrique qui a servi d'intermédiaire disparaît de l'équation finale.
329. — Si on voulait mesurer par le même procédé l'équivalence entre une action mécanique et une action chimique telle que la décomposition de l'eau, on adjoindrait à ces deux calorimètres un troisième calorimètre (non représenté sur la figure) contenant un voltamètre destiné à recueillir les produits de la décomposition de l'eau, et recevant le courant électrique des barres AA', BB'. Ce troisième calorimètre contiendrait, bien entendu, un rhéostat destiné à régler l'intensité du courant qui le traverserait de manière qu'il fût rigoureusement égal à chacun des deux autres. En appelant G' le travail (autre que celui qui se transforme ed chaleur) développé dans ce troisième calorimètre, et (f la quantité de chaleur qui lui est cédée dans l'unité de temps, on aurait
(Vo-V,)l = Ac" + G',
d'où
Cette équation ferait connaître Téiiergie absorbée. par le voltamètre ou plutôt toutes les formes de Ténergie autres que la chaleur; car il faut remarquer que : l"* la décomposition de Teau donne lieu à des gaz qui occupent un volume très supérieur à celui de Teau qui les a engendrés et qui produisent, en refoulant malgré la pression atmosphérique Teau contenue dans les éprouvettés du voltamètre, un travail mécanique dont la mesure échappe au calorimètre ; 2** l'oxygène qui se dégage est dans des conditions particulièrement favorables pour se transformer en ozone, c'est-à-dire en un état allotropique qui exige pour se produire une certaine dépense d'énergie.
Il est donc nécessaire, lorsqu'on emploie le procédé que nous venons de décrire, d'analyser avec soin tous les phénomènes accessoires auxquels donne lieu le phénomène principal soumis à l'expérience et de tenir soigneusement compte de ceux qui entraînent une dépensé ou une production d'énergie dont la forme finale n'est pas de la chaleur.
330. — Les trois calorimètres placés parallèlement et parcourus par des courants d'égale intensité, sont constamment refroidis par l'eau de circulation qui entre dans le premier calorimètre CC à la température t^ et en sort à la température ^,, puis entre immédiatement dans le second calorimètre CC à cette même température /, et en sort à la température t^ et se rend enfin au troisième calorimètre, où elle entre à la température t^ pour en sortir à la température ^3.
Chacun d'eux est donc parcouru par le môme poids p d'eau dans l'unité de temps et, lorsque les températures /q? ^i> h', h sont devenues stationnaires, les quantités de chaleur c, c\ c" enlevées dans l'unité de temps aux appareils placés dans chaque calorimètre, ont respectivement pour vajeur
Ces valeurs transportées dans l'équation qui fait connaître Ç' donnent