CHAPITRE TROISIÈME
en valeur absolue en-deçà et au-delà de ce point, tout en ayant des valeurs de signe contraire.
359. — Si les lois que nous venons de faire connaître sont vraies^ on voit que la connaissance complète des propriétés d'un couple thermo-électrique dépend seulement de laf valeur du coefficient k et de celle de U. Aussi s'est-on efforcé de déterminerces nombres poUr des couples formés par l'association d'un métal quelconque avec un autre métal toujours le même et pour lequel on a choisi le plomb. Malheureusement les nombres trouvés par les divers expérimentateurs ne s'accordent pas entre eux ; aussi ne croyons-nous pas nécessaire de les faire connaître.. Nous dirons seulement que la /. e, m, développée est toujours très petite et que pour obtenir un volt il faut associer en tension beaucoup de couples dont les soudures doivent avoir une différence de température aussi élevée que possible.
360. — Application des piles thermo-électriques. — Leur valeur comme transformateur d'énergie. — Les piles thermoélectriques donnent, lorsqu'on les emploie dans des Conditions toujours les mêmes, des résultats suffisamment réguliers pour qu'on puisse les utiliser comme étalons pratiques de /. e, m. Mais il faut pour cela que les températures des soudures chaudes et froides soient maintenues rigoureusement constantes, les soudures chaudes étant par exemple plongées dans un liquide isolant tel que l'huile lourde de naphte, maintenue à la température de la glace fondante, tandis que la soudure chaude est plongée dans le môme liquide, maintenu à la température de l'eau bouillante. La /. e, m, d'un seul couple fonctionnant dans ces conditions étant toujours très petite, cette circonstance permet de réaliser avec précision, en groupant en tension un grand nombre de couples, une /. e, m. donnée.
Les piles thermo-électriques donnant une /. e, m. proportionnelle, dans des limites assez écartées, à la différence de température des soudures, peuvent servir à la mesure des températures. Elles se prêtent d'ailleurs également bien à la mesure des hautes températures
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employées dans Tindustrie métallurgique et à celles des différences de température les plus minimes, à la seule condition d'employer dans la construction des couples, des métaux appropriés au genre d'application auquel on les destine.
Si on examine les piles thermo-électriques en les considérant comme des appareils destinés à transformer Ténergie calorique en énergie électrique, on voit immédiatement qu'elles ne peuvent donner que des résultats extrêmement défavorables. •
L'expérience justifie complètement les prévisions théoriques à cet égard. Nous citerons comme exemple une grande pile thermo-électrique de M. Clamond, chauffée au coke. Elle était composée de 3 000 couples et donnait une /. e. m. de 109 volts; sa résistance intérieure était de 15^'*,5 et elle consommait 5 kilogrammes de coke par heure. Or, le travail que peut produire, dans un circuit extérieur, une source d'électricité à /. e, m, constante, est le plus grand possible lorsque la résistance de ce circuit est égale à la résistance intérieure
de la source (334) et il a pour valeur -jtt, R désignant la résistance
extérieure ou intérieure puisqu'elles sont égales, et E la /. e. m. La pile en question n aurait donc pu produire un travail électrique utile supérieur à
ou
= 192 Watts,
c'est-à-dire à peine -r- de cheval.
La dépense de coke dans cet appareil atteignait donc 20 kilogrammes par heure et par cheval électrique utile ; cette consommation dépasse de beaucoup celle à laquelle donnerait lieu une petite machine dynamo-électrique mise en mouvement par la plus mauvaise des machines à vapeur, dont le poids et le volume seraient d'ailleurs bien inférieurs au poids et au volume de la pile thermo-électrique.