CHAPITRE PREMIER
nous donne, lorsque le conducteur est un fil cylindrique de diamètre d et que Ton remplace s par sa valeur — j— »
La résistance d'un fil cylindrique est donc en raison inverse du carré de son diamètre; il en résulte qu'un fil très court peut cependant avoir une très grande résistance si on le prend très fin. Etant très court et très fin, il pourra avoir une masse inappréciable tout en ayant une résistance notable; il pourra donc prendre instantanément la température du milieu dans lequel il sera plongé et la mesure de cette température étant, comme nous venons de le montrer, ramenée à celle de son accroissement de résistance, il en résulte que Ton pourra mesurer la température comme on le ferait avec un thermomètre dépoiu*vii de masse. Ce procédé constitue donc le moyen le plus parfait qui existe pour la mesure des températures variables. Aussi a-t-il été mis à profit avec succès par M. Langley dans son Bolomètre.
294. — Influence de la température sur la résistance électrique de certains alliages. — Nous venons de dire que le coefficient de variation thermique des corps simples métalliques varie peu d'un métal à l'autre, tandis que leurs résistances présentent au contraire des différences considérables. Ce fait très remarquable et qui conduira peut-être à la découverte d'une relation encore inconnue entre l'électricité et la chaleur, n'a plus lieu, lorsqu'au lieu des métaux à l'état de pureté, on considère les alliages métalliques. Ces derniers, en effet, ont des coefficients de variation thermiques extrêmement différents les uns des autres et on est môme parvenu à réaliser des alliages pour lesquels ce coefficient est à peine appréciable et peut même devenir négatif. C'est là une propriété précieuse pour la construction des étalons de résistance, puisque cela dispense de corrections de température toujours délicates et souvent incertaines, en raison de laquelle ces alliages devraient toujours être employés dans la construction des bobines des voltmètres
électro-magnétiques (i) qui servent dans les usines électriques à la mesure des différences de potentiel. Mais cette propriété est accompagnée d'une autre que Ton constate également dans tous ces alliages, et qui, si elle les rend éminemment propres à la construction d'étalons de résistance de petite dimension, est parfois nuisible à certains égards dans la construction des voltmètres; ils sont tous doués, en effet, d'une très grande résistance spécifique. Parmi eux, le plus remarquable paraît être celui qui est connu sous le nom de alliage /* /* doux; il a une résistance spécifique de 47,1
microhms Me microhm vaut . ^^^ ^^^ d'Obm j et un coefli-
cient de variation thermique égal à onn noft ' c'est-à-dire 800 fois
moindre que celui du cuivre. Sa résistance spécifique est, il est vrai, environ trente fois aussi grande.
295. •— Résistance des liquides. — Les liquides contenus dans des tubes isolants d'un petit diamètre et d'une grande longueur présentent, au point de vue de, la conductibilité électrique, des propriétés analogues à celles des tiges métalliques mais, si on en excepte le mercure, ils donnent lieu à un phénomène que nous étudierons en traitant des propriétés chimiques du courant électrique et qui complique notablement les lois que nous venons d'exposer en par- . lant des métaux. Ce phénomène consiste en ce que le passage du courant donne naissance à une force électro-motrice inverse qui s'ajoute à la résistance propre de la colonne liquide, mais qui est indépendante de la longueur et de la section de cette colonne. La résistance spécifique des liquides, même les plus conducteurs, est immense lorsqu'on la compare à celle des métaux. Ainsi la résistance spécifique d'une dissolution d'acide sulfurique dans l'eau, dont la densité est égale à 1,10, est représentée par 0-,88 (2| tandis que
(!) Nous désignons ainsi, par opposition aux voltmètres électro-statiques déjà décrits, les instruments dans lesquels on met à profit les propriétés que possède le courant électrique de produire des actions mécaniques en agissant, soit sur un autre courant, soit sur un aimant temporaire ou permanent.
(2) L'Ohm est désigné par la lettre w placée en exposant.