CHAPITRE PREMIER
ni du moment magnétique d un aimant destiné à produire sur la masse ja le même effet que celui que produit réellement le courant, et de se bornera définir celte action par sa direction et par l'intensité qu'elle aurait si la mas se ^ était égale à Tunité ; la force ainsi définie prend, comme nous le savons, le nom d'intensité du champ magnétique au point considéré. Cette intensité h a donc pour valeur, en faisant i* = 1 dans la formule de Biot et Savart
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Telle est Tilitensité du champ magnétique créé dans Tespace qui entoure un élément de conducteur filiforme ds parcouru par un courant d'intensité I ; la position du point de l'espace considéré étant déterminée par la distance r tjui le sépare du milieu de Télément ds cl par l'angle e que fait cette distance r avec l'élément.
Si, au lieu d'un seul élément de courant, on en considère un nombre quelconque disposés arbitrairement, le champ magnétique de cet ensemble aura évidemment, et par définition, une valeur représentée en grandeur et en direction par la résultante des forces
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etc.
appliquées^ suivant les règles que nous venons d'exposer, par chaque élément, à la masse-unité. La valeur de cette force s'appelle alors le champ magnétique résultant.
388. — Digression sur les actions à distance. — Cette substitution de l'action fictive de la portion de l'espace où se trouve la masse-unité, à l'action émanée de l'élément ds, substitution qui est rendue possible par la conception du champ magnétique, n'a d'abord été introduite dans la science que comme un procédé commode jde calcul permettant de simplifier les formules et surtout de donner une représentation frappante du mode d'action des forces émanées de
chaque élément du conducteur. Puis elle est devenue pour beaucoup de savants une réalité concrète en ce sens qu'ils considèrent la force agissant sur la masse-unité comme émanant immédiatement d'un milieu impondérable (éther) dans lequel elle est plongée ainsi que le conducteur. Ce ne serait donc pas à distance^ c'est-à-dire sans le secours d'aucun agent matériel, que la force agirait entre les deux corps soumis à son action ; elle serait transmise de proche en proche par le milieu dont nous venons de parler, depuis le premier corps jusqu'au second et inversement. Cette transmission se ferait généralement en ligne droite mais, en vertu d'actions réciproques qui peuvent prendre naissance entre la matière pondérable et le milieu, elle pourrait aussi, dans certains cas, avoir lieu en ligne courbe.
Nous admettons volontiers l'hypothèse de la transmission de la force par l'intermédiaire d'un milieu qui servirait aussi à transmettre la chaleur et la lumière, nous pensons même que l'on peut démontrer l'existence de ce milieu dans le cas où il s'agit de la transmission de la chaleur rayonnante et de toutes les formes de l'énergie, cette démonstration résultant du fait qu'aucune transmission de ce genre n'est instantanée. Nous irons même encore plus loin dans cette voie que la plupart dos savants ne l'ont fait jusqu'à présent, car nous croyons que l'on peut formuler l'aphorisme que « toute énergie, quelle que soit sa forme, vient de l'éther et retourne à Téther, la matière ne servant qu'à modifier la forme sous laquelle se manifeste cette énergie ». Mais nous pensons que dans plusieurs circonstances on a admis sans en donner de preuves suffisantes ou même approximatives que la matière pondérable pouvait altérer réellement la direction dans laquelle se transmet la force qui agit entre deux systèmes matériels. Cette déviation n'est, suivant nous, qu'apparente et elle est due à des forces mises en jeu dans la matière pondérable interposée entre les masses agissantes considérées. Ces forces nouvelles, se transmettant également en ligne droite, se composent avec les forces primitives émanées des masses agissantes et donnent ainsi l'illusion d'une déviation.