‹ Traite d'électricité industrielle thèorique et pratiqueChapitre 136 sur 209 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

existant à chaque pôle d'un aimant sont égales. Si on sépare la région a de la région b de façon à transformer la figure ac en une circonférence interrompue en un point, les propriétés dîstinctives des deux pôles réapparaissent.

199. — Constitution des aimants. — Enfin, si on casse en deux parties égales la lame aimantée^ on trouve que le milieu c de cette lame qui, présenté à la boussole avant la rupture, ne produisait aucun effet, se transforme après la rupture en un double pôle b'a! dont les effets égaux et de signe contraire se neutralisent tant que Ton ne sépare pas les deux moitiés de la lame, mais apparaissent avec leurs signes distinctifs aussitôt que la séparation a lieu. On constatera ainsi que la moitié db' présente en d un pôle de même signe que le pôle primitif a et que le nouveau pôle ô' est de signe contraire. Il en est de même du second tronçon. En cassant en deux parties chacun des tronçons, on constate également que chacune de ces parties se transforme en un aimant complet doué de deux pôles, et qui contient des quantités égales de magnétisme contraire. En réunissant tous les tronçons, de manière à reconstituer dans son intégrité la lame acb, on trouve qu'elle ne présente plus que les deux pôles primitifs a et 6.

Cette expérience, très importante quoique très élémentaire, prouve: 1" qu'un aimant peut être considéré comme constitué par une infinité de petits aimants placés bout à bout de façon que leurs pôles de nom contraire soient en contact ; 2* que les quantités de magnétisme afférentes à chaque moitié de Taimant sont toujours égales et de signe contraire.

C'est la seconde loi fondamentale.

200. — Lois de Coulomb.. — Les deux lois que nous venons d^exposer ne nous donnent que des notions qualitatives sur le magnétisme ; mais elles ne nous permettent pas de mesurer des quantités de magnétisme comme nous mesurons des quantités d'électricité. Cette lacune a été comblée par la découverte des lois auxquelles Coulomb a donné son nom. Elles sont, comme nous l'avons déjà dit,

identiques à celles de réleclricité cl de la pesanteur, et peuvent s'énoncer ainsi :

Deux quantités de magnétisme q et q' ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, deux corps magnétiques chargés de quantités q et q' de magnétisme, s'attirent ou se repoussent, suivant que les quantités sont de signe contraire ou de môme signe et la valeur numérique de cette action do la force qui les sollicite, est donnée par la formule

dans laquelle d représente la distance des corps magnétiques supposée très grande par rapport à leurs dimensions, et /i Faction attractive ou répulsive lorsque les quantités q et q' sont égales à l'unité magnétique et que la distance d est égale à l'unité de longueur.

Cette force /i dépend essentiellement du milieu à travers lequel se propage l'action magnétique. Si ce milieu est constitué par des gaz ou par des corps dépourvus de propriétés magnétiques, la valeur de /i est toujours la même, et nous conviendrons de choisir pour unité de quantité magnétique celle qui, agissant sur une quantité égale répartie sur un corps de très petites dimensions placé à l'unité de distance, exerce sur elle une action mécanique égale à l'unité de force. L'équation fondamentale deviendrait alors

de sorte que dans les milieux dont nous venons de parler la formule de Coulomb peut s'écrire

Si on pose q = q', l'équation résolue par rapport à q devient

En remplaçant rf et / par leur représentation symbolique en unités absolues, il vient

Q = M 2 L « T-», symbole identique à celui qui représente une quantité d'électricité.

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