‹ Traite d'électricité industrielle thèorique et pratiqueChapitre 161 sur 209 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

227. — Il existe enfin une troisième disposition des aimants qui ne parait pas avoir été employée, bien qu'elle présente une grande symétrie et permette d'employer des aimants courbés suivant un arc de cercle ou une demi-circonférence, comme on le voit dans les figures perspectives (fig. 124), et même de les rapprocher jusqu'à ce que leurs quatre pôles soient dans le même plan (fig. 125).

Fig. 124

Les couples développés sont les mêmes sur chaque aimant, et on peut rapprocher leurs pôles beaucoup plus que dans les dispositions précédentes sans risquer de troubler la distribution du magnétisme dans chacun d'eux. Si on les suppose égaux et si on désigne par x la distance 00' des milieux des droites polaires de chaque aimant,

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Fig. 125

par 2X la distance polaire (c'est-à-dire la longueur de la droite qui joint les deux pôles d'un même aimant, quelle que soit sa forme), le couple exercé sur chacun d'eux, a pour valeur

Il est à peine nécessaire de dire que l'on ne doit pas rapprocher outre mesure les pôles, jusqu'à les placer tous les quatre dans le même plan, parce que les pôles n'étant pas dans la réalité des points mathématiques, les calculs que nous avons faits deviendraient inexacts.

28i MAGNÉTilSUE

Il paraît toutefois possible, en formant les aimants avec des aiguilles d'acier cylindriques d'un faible diamètre, d'une grande longueur et courbés en demi-circonférence, de rapprocher les pôles fixes des pôles mobiles beaucoup plus qu'on ne le fait habituellement, et d'augmenter par conséquent beaucoup, le couple moteur, sans que les formules cessent d'être applicables, ce qui serait un avantage très réel.

228. — Force portante des aimants. — Dans tout ce qui précède, nous nous sommes exclusivement occupé des actions mutuelles de deux aimants séparés par une distance que l'on puisse considérer comme grande par rapport à leurs dimensions. Au point de vue des applications aux mesures électriques, cette étude est certainement très importante comme nous le verrons en traitant de rélectro-magnétisme ; mais il est un autre genre d'action produite par les aimants et qui présente aussi un certain intérêt, c'est la force qui se développe au contact des pôles contraires de deux aimants ou d'un aimant et d'un morceau de fer aimanté par son contact avec l'aimant contre lequel il est appliqué.

Cette action a reçu le nom de force portante ou force portative et pendant longtemps elle a, pour ainsi dire, seule captivé l'attention des anciens physiciens qui attachaient une grande importance à la production d'aimants capables de porter un grand nombre de fois leur poids propre. 11 est facile de voir d'ailleurs que c'était là une manière très erronée d'apprécier la puissance d'un aimant, et qu'il ne peut exister de rapport défini entre son poids et sa force portante, sans avoir besoin pour comprendre cela de se livrer à des calculs plus ou moins savants. Si on superpose en efi'et une série d'aimants rectilignes identiques (comme nous l'avons déjà fait [N'*21i, fig. 114] en parlant des moments magnétiques), de façon que chacun d'eux touche ceux entre lesquels il est compris par des pôles de nom contraire aux siens, tous les pôles intermédiaires se neutralisent et il ne reste de magnétisme libre qu'aux extrémités de cet ensemble. Or, il est clair que cette quantité de magnétisme ne dépend pas du nombre des aimants superposés; l'attraction qu'elle exercera sur

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