CHAPITRE DEUXIÈME
ainsi un système magnétique domposé d'un nombre immense d'aimants extrêmement petits, dont les lignes polaires seraient dirigées suivant les lignes de force de l'aimant si ces molécules aimantées ne réagissaient à leur tour les unes sur les autres et ne modifiaient ainsi l'intensité et la direction de l'aimantation due à la seule influence de l'aimant.
On conçoit facilement que le calcul de l'intensité et la direcfion de l'aimantation produite ainsi en chacun des points d'un corps magnétique soumis à l'influence d'un aimant, ou, pour employer le langage universellement adopté aujourd'hui, placé dans un champ magnétique, soit au-dessus des forces de l'analyse. Cependant il existe certains cas particuliers où cela est possible au moins approximativement. Nous avons donné deux exemples de ce genre : le premier était relatif à l'aimantation d'un barreau cylindrique très long par rapport à son diamètre, placé dans un champ magnétique uniforme, parallèlement aux lignes de force de ce champ; le second exemple était celui du tore de révolution en fer doux entouré d'une hélice magnétisante le recouvrant complètement. On peut ajouter que ce second cas est le seul où le calcul soit rigoureux.
261. — Répartition des flux de force d'un aimant. — Soit AB (fig. 138) un aimant dont l'un des canaux de force, construit ainsi qne nous l'avons expliqué dans les chapitres précédents, est représenté par deux lignes de force très voisines acb, a'c'b\ qui le limitent dans le plan de la figure. Le petit plan carré dont on voit la trace en pp', chargé d'une unité magnétique (de môme signe que le pôle A) parunité de surface, est repoussé par l'extrémité A de l'aimant et attiré par l'extrémité B. La résultante mF de ces deux forces, appliquée au milieu m du plan, est constante, puisque nous faisons varier la surface du petit plan carré et par conséquent sa charge totale de façon à obtenir ce résultat, et sa direction, toujours perpendiculaire hpp' et tangente à la ligne de force qui passe en m, tend à entraîner le plan pp' de A vers B.
Tous les flux de force résultants extérieurs à l'aimant sont donc dirigés de A vers B. Voyons maintenant comment sont dirigés les flux de force intérieurs au barreau
Pour cela, coupons-le par un* plan p\p\ perpendiculaire à AB, limité à la surface extérieure et chargé d'une unité magnétique de môme signe que A par unité de section, et cherchons à déterminer le sens du flux de force qui lui est appliqué.
Fig. 138
Les lois fondamentales du magnétisme nous apprennent que les deux tronçons déterminés dans Taimant par le plan pip\ constituent euxmêmes des aimants complets dont les pôles, situés de part et d'autre de ;?,/>',, sont de noms contraires, de sorte que si la section était réelle au lieu d'être idéale, ces deux tronçons adhéreraient Tun à Tautre. On a donc un pôle boréal à gauche de joijoi et un pôle austral à droite de ce même plan ; ces deux pôles sont beaucoup plus rapprochés de lui que les pôles A et B et ont par conséquent une action prépondérante qui détermine le signe de la résultante des forces qui agissent sur lui. On voit immédiatement que ce signe est contraire à celui de la résultante appliquée au plan pp' lorsqu'il est extérieur à l'aimant. Ce raisonnement est vrai quelle que soit la distance de p\p\ à l'extrémité de Taimant, puisque Texpérience' apprend que les deux tronçons d'un aimant s'attirent toujours, même lorsque Tun d'eux est très petit par rapport à l'autre, et il a pour conséquence nécessaire que le flux de force intérieur à l'aimant est de signe contraire au flux de force extérieur.
L'intensité du flux de force intérieur est variable dans toute la longueur du barreau et sa valeur ne peut être calculée exactement que pour le point neutre 0, à la condition que le barreau soit assez