ARTICLE V
ÉLBCTROMOTEURS FONDÉS SUR L'iNDUCTION.
Ces appareils sont extrêmement nombreux; nous ne irons rien ici de ceux qui sont plus spécialement destinés IX applications électro-médicales, nous réservant d'en ire une étude complète dans un travail consacré à l'iiisîre de l'électro-physiologie. Nous ne voulons décrire, )ur le moment, que le condensateur électro-chimique
270 ÉLECTRICITÉ DYNABAQUE.
de M. de La Riye, l'appareil de M. Ruhmkorff, et les appareils magnéto^électriques de Pixii et de Clarke.
S X*'. — Oondensatear éleolro*ehiniiqfi«.
M. de La Rive a eu la très heureuse idée d'utiliser Y extra-courant y pour renforcer Tintensité d'un courant voltaïque inducteur. 11 est ainsi parvenu à décomposer l'eau avec des combinaisons voltaïques qui, seules, fournissent un courant trop faible pour traverser la masse liquide. L'appareil est représenté dans la Figure 365.
Fig. 365.
V est un couple de Daniell qui communique par son pôle positif avec une des extrémités d'une spirale S, et par son pôle négatif avec le bouton métallique C. Un barreau de fer doux AB est placé dans l'axe de la spirale. L'autre extrémité de la spirale est fixée au bouton métallique E. La coupe D, pleine de mercure, et le bouton E commuai-
ÉLECTROMOTBUaS FONDÉS SUR L'iNDUCTION. 271
lent au moyen d'une tige métallique élastique H. Cette ;e H, fixée en E, est libre à son extrémité D, . porte une pièce de fer doux /i placée en face et au-des- >us de l'extrémité B du barreau de fer doux ÂB. La aupe D conMnunique avec les boutons C et F, au moyen *un ruban métallique. Enfin, les réophores d'un volta* oëtreàeau acidulée L viennent se fixer l'un au bouton E, 'autre au bouton F.
Quand la tige métallique H est en place, puisque Télénent voltaïque V n'a pas assez d'intensité pour décom- [xwer l'eau du voltamètre L, le courant traverse la spirale S, gagne le bouton E, passe tout entiei^ par la tige H, se rend de la coupe D au bouton C, et de là au pôle négatif de l'électromoteur. Mais le barreau de fer doux s'aimante, soulève l£k tige métallique H et rompt le circuit en D; le courant est interrompu. Immédiatement, il se développe dans la spirale un extra-courant y dont la forci^ électromotrice agit dans le même sens que celle de l'élément Toltaïque V; le courant résultant de ces deux forces concordantes traverse le voltamètre L, et décompose l'eau. Après cette poussée, Y extra-courant cesse, l'élément voltaïque V agit seul, le courant n'a plus assez d'intensité pour traverser le liquide, et le circuit est complètement interrompu. Alors le fer doux AB perd son aimantation; la tige H, ramenée par son élasticité à sa position primitive» rétablit une communication directe entre le bouton Ë et la coupe D, et le courant voltaïque passe de nouveau, de E en D, par cette tige H.
Sous la double influence de l'action de l'électroftimant AB sur la pièce de fer h et de l'élasticité de
la tige H, la communication du bouton E et de la coupe D est successivement interrompue et rétablie.. A chaque intetTuption, T^xtra-courant prend naissance et s'ajoute au courant de Télémcnt voltaïque V, pour faire passer un flux instantané d'électricité à travers le circuit du voltamètre. Grâce à cette disposition, ce dernier appareil est traversé par des courants intermittents, et Teau est décomposée, bien que le courant fourni par l'élément voltaïque seul n'ait pas assez d'intensité pour surmonter la résistance du voltamètre.
La tige métallique H est un véritable intetTupteur que, sous une autre forme, nous retrouverons dans le puissant appareil d'induction de M. Ruhmkoril.
SU.— Appareil mègaéto-élcotrîqve de ^ixâi.
M. Pixii fils a, le premier, construit un appareil dans lequel les courant» développés par l'induction d'un aimant produisent tous les effets d'une pile électrique. — A (Fig. 366) est un aimant en fer à cheval, mobile autour de son axe vertical. B est un fort barreau de fer doux, solidement fixé dans sa position; ses extrémités e, /*, sont entourées de fortes bobines formées par l'enroulement d'un même fil de cuivre très long, très fin et recouvert d'une enveloppe isolante de soie. Quand, à l'aide de la manivelle M, l'aimant A est mis en rotation, ses pôles«, 6, viennent passer successivement au*dessous et très près des extrémités e, /*, du biirreau de fer doux B.
La Figure 367 donne les détails de Taxe T qui supporte l'aimant mobile A, et de la plancliette de bois LL située
ÉLECTIOMOTBrilS FONDÉS SUR L'iNDlCTION. 273
au-dessous. — L'axe T porte trois viroles métalliques isolées les unes des autres ; les deux supérieures, $,s\ font oiBce de commutateur; Vinrérieure, o, sert dans les expérieiices physiologiques. — La planchette de bois LL porte
Fi;. 366.
quatre colonnes métalliques P, P', D, D', dont les deux postérieures, P, P', servent à li\er les bouts c, d, du (il des bobines de l'électro-aimant B, tandis que les deux antérieures, D, D', sont en communication avec les boutons métalliques N, N'. Sur cette planchette est fixé, en K, un
27/i ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.
flacon de verre contenant du mercure, que la Figure 368 reproduit avec tous ses détails.
Le circuit des bobines étant fermé et les pôles de Taimant  étant en face des extrémités du barreau de fer doux B, imprimons à Taimant un mouvement de rotation
autour de son axe vertical. — Au point de départ» le barreau B est aimanté au maximum ; à roesinre que Taimant A tourne, Faction de ses pôles s'affaiblit, Taîmantation de B diminue; quand A a exécuté un quart de révolution , les actions de ses pôles se neutralisent et B retombe à l'état neutre. — A partir de cette position, Taimantation de B recommence, mais elle change de signe ; pendant toute la durée du deuxième quart de révolution, Taction des pôles de A et l'aimantation des extrémités de B augmentent d'intensité. — Pendant le troisième
ÉLECTROMOTBimS F0RIM& SUI L*Ca>rCT105. 275
irt de révolution, raimantatîoQ de B s'afiaiUit gndiHlent et finit par disparaître. — Pendant le qnatrinoe art de révolution, Taimantation de B re(y<mnjerKje. mge de signe, et augmente graduellement. — Afff^s cjeti/.solution entière, quand les pôles de l'aimant A ont reis leur position du point de départ, TaimantatioD de B t de même int^iâté et de même signe qo*au dânl de lai tation. — Ces alternatives de l'aimantation de B d^i^inent nécessairement, dans le fil des bcMnes, de^ '.v>iints induits qui changent de signe à chaque àerni-T^^jtion. En efiet :
Pendant un tour complet de lévohitkui de 1 aimaut A itour de son axe vertical, ses pôles cr, 6, prexinerjl <ufr>^vement, par rapport aux extrémités fixes e, f. du bsortstra e fer doux B, les quatre positions principaleà indiquéec ar la Figure 368. Pour faciliter rexpoâtion dei lÀt^yjlènes, représentons le sens de Taimantation fixe de^ ^^ mités a, 6, de l'aimant A, et de raimantaiioTj \cTÏiiïM es extrémités e, /", du barreau de fer doux B, |<ar J^ couints circulaires fermés de la théorie d'Ampère. Dans la position 1 , c est un pôle boréal, ^4 / vu y'M istral. — Pendant que Taiinant passe de la yj*iiWju \ a position 2, les pôles c, /", du barreau de fer doux B • aliblissent, et développent nécessairement dfius Je fiJ d'^ )bines un courant induit direct dirigé de c en </. — Unu^ position 2, l'aimantation de B est nuiie; mnh, au mi}ent où l'aimant A dépasse cette position 2, l'ainjantation 5 extrémités f , fy change de signe, et Tintensilé tU: a.4tc mvdle aimantation de B augmente à mesure que A se ipprocbe de la position 3. — Pendant ce second quart de
276 ÉLECTRICITÉ DYNAyiQUB.
révolution, les pôles magnétiques de B développent cessairenient, dans le iil des bobines, un courant in
inverse; mais comme c^ pôles magnétiques de B ontï mêmes changé désigne, le courant induit continueài cher, de c end, dans le fil des bobines. — Ainsi, peiM la première demi-révolution de l'aimant A, le fil des
KLECTROMOTBUIIS FONDÉS SUR l'iNDUCTION. 2*77
nnes est continuellement traversé par un courant induit lirigé de c en d.
Dans la position 3, e est un pôle austral et fun pôle soréal ; l'aimantation du barreau B est donc inverse de ce [pi'elle était au début, alors que l'aimant A occupait la porition 1 . — Par raison de symétrie, l'aimantation de B s'affaiblissant pendant que A passe de la position 3 à la position ^, puis changeant de signe et gagnant en intensité pendant que A s'éloigne de la position h pour reprendre la position primitive 1, il est facile de voir que, pendant la seconde demi-révolution de l'aimant A, le fil des bobines est continuellement traversé par un courant induit dirigé de rf en r.
Ainsi donc, tant que l'aimant A tourne autour de son
axe, l'aimantation du barreau de fer doux B est soumise à
des alternatives d'aimantation telles, que : !• Le fil des bobines est continuellement traversé par
un courant induit.
2* Le sens du courant induit reste le même pendant
toute la durée d'une demi -révolution, et change à chaque
demi-révolution de l'aimant.
Avec cet appareil on peut produire tous les effets pliysi-
<)ijes et chimiques du courant fourni par une pile.
Pour obtenir l'étincelle, on fait passer (Fig. 369) les exbémités c, d, du fil des bobines, à travers le bouchon de lû^e d'un flacon de verre K rempli en partie de mercure, et placé sur la partie antérieure de la planchette LL de l'appareil. L'un dés bouts c plonge dans le mercure, l'autre touche sa surface. Quand l'aimant est en rotation, l'ébranlement de l'appareil imprime des oscillations au mercure V. 16
interrompu. A chaque interruption, une étincelie , entre Textrémité d du fil et le mercure.
Une disposition très simple des viroles métallique! cées autour de Taxe de rotation T de l'aimant A, et di lonnes métalliques P,P', D, D', fixées sur la plancheil (Fig. 370), permet d'obtenir un courant induit qui irai toujours dans le même sens, les appareils destinés à pléter le circuit du fil des bobines. — La surface de de rotation T est recouverte d'une substance isolante
frmi» Hp. ppf. fl\p. Rnnt. nlacftfis Hftiix virnlps mMaUlntim
ÉLECTBOMOTBUIIS FONDÉS SUR l'INDUCTION. 279
de la virole inférieure s est, d'ailleurs, placée au-dessous
et vis-à-vis de la partie rétrécie de la virole supérieure «'.
La planchette de bois LL porte quatre colonnes mé-
Fig. 370.
lalliques P,P', D, D\ — Les colonnes postérieures P, P', au moyen de ressorts élastiques, communiquent avec les portions élargies des viroles «, s'; lalongueur et ladirection de ces ressorts est telle que, quand P communique avec s, Pconununiqueavec*', et réciproquement. De cette manière, quand Taimant exécute un tour entier de révolution autour de son axe, les ressorts de P et de P' restent sur la même virole pendant une demi-révolution, et changent de virole à chaque demi-révolution. Les extrémités c, (/, du fil des bobines, viennent se fixer aux colonnes P, F. — Les colonnes antérieures D, D', sont munies de ressorts élastiques qui appuient, l'un sur la partie rétrécie
280 ÉLECTBICITÉ DYNAMIQUE.
(le s^ Tautfô sur la partie rétrécie de s'. Ces ooIoRnessont donc en communication permanente : D avec la virde supérieure sf et le bouton métallique N; D' avec la virole inférieure 8 et le bouton métallique N'. — Les boutons métalliques N, N', au moyen des colonnes antérieures D, IF, i des viroles 5, s', et des colonnes postérieures P,P', sont en rapport permanent avec les extrémités c, rf, du fil des bobines. Ces boutons sont les véritables pôles de l'appareil, et servent à fixer les fils destinés à conduire le courant au dehors.
L'appareil ayant la position représentée dans la Fi* gure 366, mettons l'aimant A en rotation , et suivons sur la Figure 370 les modifications qu'éprouvent les contacts des ressorts des colonnes et des viroles. — Supposons que, pendant la première demi-révolution, le courant induit traverse le fil de <? en rf; nécessairement, pendant la seconde demi-révolution, le courant induit sera dirigé de d en c.
Au moment où le mouvement commence dans le sens indiqué par la flèche (Fig. 370), le ressort de la colonne V passe sur s, celui de la colonne P sur s', et ces contacts persistent pendant toute la première demi-révolution. Dès lors, pendant la première demi-révolution, leboutrfdn fil induit communique, par P', avec la virole «, la colonne D' et le bouton N'; tandis que le bout c communique, par P, avec la virole s\ la colonne D et le bouton N. Puisque pendant cette première demi-révolution le courant traverse le fil des bobines de c en c?, il en résulte que, pendant celte première demi-révolution, N' est le pôle poiûif et N lepôlene^rt///de l'appareil.
BLECTROXOTEDBS FONDÉS SUR l'iNDUCTION. 981
Au oomiDencement de la seconde demi-révolution, le ressort de F passe de la virole s sur la virole s', celui de Pde la virole y sur la virole 5, et ces nouveaux contacts persistent pendant toute la seconde demi-révolution. Dc's lors, tant que dure la seconde demi-révolution , le bout c du fil des bobines communique, par P, avec la virole s, la colonne D' et le bouton N'; tandis que le bout d communique, par P', avec la virole tf^ la colonne D et le bouton N. Mais, pendant cette seconde demi-révolution, le courant induit marche, de d en c, dans le fil induit ; il en résulte que, pendant cette seconde demi-révolution comme pendant la première, le bouton N' est le pôle positifs et le bouton N le fCienéyaiifde l'appareil.
Les viroles 5, s', font donc l'office de commutateur, et permettent d'obtenir, à travers les appareils mis en communication avec les boutons N, N', un courant induit dont le sens reste toujours le même.
Lorsqu'on ferme le circuit avec un fil de platine très fin en communication avec les boutons N, N', le fils'écliaufie et devient incandescent.
Lorsqu'on met les boutons N, N', en communication avec les conducteurs d'un voltamètre, l'eau est décomposée, tout l'oxygène se dégage dans une des cloches et tout l'hydrogène dans l'autre cloche de l'appareil. Ce dernier fait prouve que le courant induit conserve toujours le même sens dans le voltamètre qui complète le circuit, entre les boutons N, N'. .
Sur l'axe de l'appareil (Fig. 366, 370) est fixée une troisième virole 0 dont la partie inférieure porte quatre entailles équidistautes, qui occupent la moitié de sa hauteur. Cette II. 16.
virole sert à produire des courants intoTompui dans la partie du circuit placée entre les boutons N, N'. A cet effet, le? extrémités c, d, du fil des bobines, sont fixées aux colonnes antérieures D, D', et ces colonnes sont raccourcies, de manière que le ressort de D appuie sur la partie supérieure, et le ressort de D' sur la partie inférieure de la virole o. Le circuit étant fermé entre N, N', mettons l'appareil en mouvement. D communique toujours avec la virole o; tant que le ressort de D' porte sur la partie pleine de la moitié inférieure de la virole, le circuit est fermé par les deux ressorts, le courant se rend tout entier directement de D en D', et rien ne passe entre N et N'. Mais, quand le ressort de D' se trouve en face d'une entaille, le circuit est interrompu sur la virole, et le courant passe tout entier entre Net N'. Nous avons dit que la virole o porte quatre entailles; pendant une révolution entière de Taimant, le courant induit des bobines passe donc quatre fois tout entier à travers la portion du circuit placée entre les boutons N, N'.
Cette dernière disposition peut être adoptée dans les recherches de physiologie ou dans les applications thérapeutiques, quand on veut soumettre un animal h l'action d'une série de courants interrompus.
% 131. -r- Blaehine de Clarke.
Dans l'appareil de Clarke (Fig. 371), un fort aimant vertical en fer à cheval B est solidement fixé à une planchette de bois P ; deux bobines munies d'un novau de
ÉLECTROMOnURS FONDÉS SUR L'iNDUGTION. 28S
tet doux peuvent tourner autour d'un axe horizontal A, en face des pôles de Taimant B. Cet appareil ne diflère de
Fig. 371.
celui de Pixii que par la forme et la disposition de ses pièces constituantes; la théorie est la mémo pour Tun et pour l'autre.
La Figure 872 rend compte des détails de la construction de Télectro-aimant. H, H', sont deux fortes bobines de fil le cuivre très fin. Les extrémités des barreaux de fer doux qui font face à Taimant sont reliées par une placpie épaisse fie cuivre ce ; cette plaque de cuivre est munie d'une vis v,
28/i ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.
qui sert à fixer rélectro-aimant à un axe horizontal A (Fig. 371) placé entre les branches verticales de Vaimant B. Au moyen d'une chaîne métallique, la roue R sert à faire tourner Taxe sur lui-même; les bobines H, H',
Fig. 37S.
exécutent alors un mouvement de rotation en face des pôles deFaimant fixe B. — Les autres extrémités des barreaux de fer doux de J'électro- aimant sont reliées par une plaque de fer doux ff\ cette plaque sert à fixer un commutateur composé de la manière suivante :
d est un disque de cuivre jaune fixé à la plaque de fer //, et prolongé par un axe métallique indiqué sur la figure en lignes ponctuées. Cet axe supporte un anneau de bois b, une virole métallique t séparée de Taxe par un cylindre de bois, enfin un long cylindre de bois garni de deux demiviroles ^, g'. Ces demi-viroles sont complètement iso* lées l'une de l'autre, le plan des fentes qui les séparent coïncide à très peu près avec celui des axes des bobines H, H'. La demi- virole g' est prolongée par une pièce métallique mince, dont l'élargissement a s'abaisse un peu au-dessous de la fente de séparation de g* et de;;
ÉLECTROMQTCUBS FONDÉS SU! L'iNDUCHON. 285
cette demi-virole 9' communique avec l'axe métallique par rintermédiaire d'une des vis qui sentent à la lixer. La demi-virole g communique avec la virole t ; elle est prolongée par une pièce semblable à la pièce a et symétriquement placée.
Les bobines H, H', sont formées de lils indépendants ; Tune d'elles est dexirorsum^ et l'autre sinistrorsum. Il en résulte que quand l'appareil est en mouvement, les courants induits développés dans les bobines sont de même sens, marchant ensemble tantôt de ce en /y, tantôt de ff en ce. Aux extrémités ce, les deux fils des bobines sont réunis et tordus en corde ; engagés dans un tube de verre isolant, ils traversent la pièce métallique ff, et sont fixés à la virole t qui communique elle-même avec la demivirole g. Aux extrémités /y, les deux fils des bobines sont réunis aussi, traversent de même la pièce //", et sont fixés à l'axe métallique qui communique lui-même avec la demi- virole g'.
De cette manière, les deux bobines H, H', au lieu d'être associées eu tension comme dans l'appai^eil de Pixii, sont accouplées en quantité. Quand la machine est en action, les pôles de l'électromoteur d'induction sont l'un en g et l'autre en g'. Il est facile de voir que le sens du courant d'induction et le signe des pôles g, g\ changent à chaque demi-révolution.
Au-dessous du commutateur des bobines (Fig. 371), se trouve une pièce de bois S dont les faces supérieure et antérieure sont garnies de deux bandes métalliques étroites et parallèles. Ces deux bandes métalliques sont pera'îes do mortaises et de trous destinés à fixer des ressorts niélal-
286 ÉLECTfilCITÉ DYNAMIQUE.
liques verticaux, et des fils servant de réophores. Dans la Figure 373, les ressorts métalliques ar, y, communiquent, l'un avec la demi-virole g du commutateur, et Tautre avec la demi- virole g'.
Quand rélectro-aimant est en mouvement, chacun des ressorts x, y, passe d'une denii-virole à l'autre, à chaque
Mt«
Fif . 573.
demi-révolution. Mais, puisque le signe de la tension électrique des demi-viroles du commutateur change à chaque demi- révolution, les ressorts t, y, deviennent les
ÉLECTBOMOnUBS FONBfe SÛR l'iNDUCTION. 287
véritables pôles de rélectromoteur et leur signe reste tou* jours le même.
Pour produire des effets électroly tiques (Fig. 373), après avoir mis les deux réophores du voltamètre à eau acidulée V en communication avec les bandes métalliques de la pièce S qui supportent les ressorts x, y, imprimons à réjlectro-aimant un mouvement rapide de rotation. Le voltamètre complète le circuit de l'appareil d'induction, Teau du vase V est traversée par un courant de sens constant, et les produits «e/>am de la décomposition électrolytique s'accumulent dans les éprouvettes.
Fig. 37*.
I^our surmonter la résistance du liquide, le courant d'induction doit avoir une très haute tension. On emploie, dans ce cas, le système des deux fortes bobines représentées Figure 372; elles sont formées par l'enroulement de fils de cui\Te très longs et très fins.
Cesgrossesbobines servent aussi, pour produiredeseffets physicrfogiques. On emploie alors trois ressorts (Fig. 37^).
288 ÉLECTRIClTi DtNAMIQUE.
Les deux ressorts x, y, appuient sur les deux demiviroles, comme dans le cas précédent, mais le ressort z, placé en avant, correspond à la tête élargie des pièces métalliques qui prolongent ces demi-viroles. Cela posé, mettons l'appareil en mouvement, et supposons qu'un homme prenne dans ses mains les deux mandrins M, M'. Pendant que le ressort z porte sur le cylindre de bois qui enveloppe Taxe, le courant passe à travers le corps de cet hmnme. Mais au moment où le ressort z touche le prolongement d'une des demi-viroles g^ g\ le ressort x, placé du même côté, touche nécessairement l'autre demi-virole ; le circuit se trouve donc jfermé par les ressorts x, z, et la bande métallique sur laquelle ils reposent; par conséquent, le courant cesse de traverser le corps de Tliomme qui tient les mandrins M,I!ir. II est facile de voir que, dans le cours de chaque révolution entière, le courant dirigé à travers le corps de l'homme est deux fois, interrompu. Quand ces interruptions se succèdent très rapidement, les effets physiologiques sont très considérables.
Quand on veut produire des effets physiques, on remplace les forfes bobines à fil long et fin de la Figure 372 par un système de bobines à fil gros et court, associées en quantité et représentées dans les Figures 375 et 376.
Pour obtenir des étincelles (Fig. 375), on dispose l'appareil ainsi qu'il suit. Sur l'axe du commutateur on fixe une aiguille métallique a ; sur la pièce de bois S on place un seul ressort x ; enfin, à côté de ce ressort on dispose une capsule métallique c pleine de mercure. Les pôles de l'appareil d'induction sont l'aiguille « et le ressort .r. D'ailleurs, le mercure de la capsule c et le rcs-
ÉLECTROMOTEURS FONDÉS SUR l'INDUCTION. 289
Oit X communiquent par la lame métallique qui garnit a pièce de bois S. Quand Tappareil est en mouvement, 'extrémité de Taiguille a plonge dans le mercure de la apsule c, alors le circuit est fermé. Au moment où l'exrémité de Taiguille abandonne le liquide, le circuit est "ompu ; une étincelle éclate entre la surface du mercure ît l'extrémité de laiguille qui s'éloigne. — Si l'on verse une xHicbe d'alcool ou d'étlier à la surface du mercure, l'étin- !elle de rupture enflamme le liquide.
Fig. 370.
La Figure 376 représente la disposition adoptée pour produire des effets calorifiques, o est un petit appareil composé de deux tiges métalliques verticales, dont l'unc^ communique avec le ressort x et l'autre avec le ressort ij. A leur partie inférieure, ces tiges sont reliées par une plaquo isolante d'ivoire; elles portent, à leur partie supérieure, un fil de platine très fin qui sert à fermer le circuit. Quand l'électro-aimant est en rotation, le fil de platine est traversé par le courant d'induction ; si le mouvement des bobines est rapide, le fil de platine acquiert une tenipérature assez élevée pour rougir, et même fondre.
§ IV. — Appareil de RuhmkorfiT.
En 1851, M. Rahmkorff dota ta science d'un appareil d*ind action dont la grande puissance dépend à la fois du jeu régulier de ses organes, de la longueur très considérable du fil delà bobine induite, et surtout du soin avec lequel ses divers tours de spire sont maintenus isolés les uns des autres. L'appareil est représenté en élévation dans la Figure 377, et en plan dans la Figure 378. Cette dernière figure peroiet de se rendre facilement compte des communications de tous les organes, et de suivre la marche du courant inducteur.
La spirale induite est une grosso bobine S, d'environ . 30 centimètres de longueur sur 10 à 12 centimètres de diamètre ; elle contient 25 à 30 mille tours d'un fil de cuivre A'un quart de millimètre de diamètre. Afin d'établir un isolement aussi complet que possible entre les diverses couches de la spirale et entre les diverses spires de chaque couche, ce fll, préalablement entouré de coton^ est noyé dans une masse de gomme-laque (1). Cette bobine induite S est terminée par deux disques de verre. Les deux extrémités du fil induit sortent à travers un de ces disques,
(1) G*est uniquement pour diminuer les frais de construction que, dans ses appareils ordinaires, M. RuhmkortT s'est contenté d'entourer le fll de la spirale induite d'une enveloppe de coton. Avec la soie l'isolement serait évidemment mieux établi. Nous verrons bientôt que M. Ruhmkoriïa construit des machines dans lesquelles le fil de la spirale induite est entouré de soie, et qui produisent des effets beaucoup plus intenses.
ÉLECTROMOTECIIS FONDÉS SDR L*INDUCT10N. 291
et viennent se fixer aux boutons métalliques B, C, portés sur des colonnes isolantes de verre.
L'appareil inducteur se compose d'un faisceau de gros fils de fer bien dressés, et reliés par leurs extrémités au moyen de deux disques de fer doux. Ordinairement, on isole ces fils de fer en les enduisant de vernis, mais Texpérience démontre que la légère couche d'oxyde dont ils se recouvrent est un moyen d'isolement suffisant. Sur ce faisceau, dont le diamètre est de 3 centimètres, on enroule en i|drale un gros fil de cuivre de deux millimètres à deux mOUmètres et demi de diamètre, et de 40 mètres de Iongoeor» Cette bobine inductrice se compose d'environ 800 tours de spire maintenus isolés par des couches épaisses de vernis. Cet appareil inducteur est introduit dans la cavité de la bobine S, et séparé de la spirale Induite au moyen d'un tube de verre qui déborde légèrement de chaque côté. Le faisceau des fils de fer est assez long pour faire saillie en àehors du tube de verre. Les bouts de la spirale inductrice traversent deux collets de bois qui les isolent du faisceau central de fils de fer.
L'une des extrémités du fil de la bobine inductrice se fixe à la colonne métallique D, et l'autre à la colonne F, qui communique elle-même avec l'équerre E' d'un commutateur pareil à celui de la page 17/i. La seconde iquerre E du commutateur communique, au moyen d'un ruban de cuivre, avec les boutons métalliques I et H.
Un ruban de cuivre transversal fait communiquer le bouton I avec un cylindre vertical de cuivre e faisant office d*enclume. Sur cette enclume appuie un marteau o, dont la tête, de fer doux, est placée au-dessous de l'extré-
292 ÉLECTRICITK DYINAMIQOE.
mîtécoiTespoudaule derélectroainiant.etdontle mandie, de cuivre, s*ariîcule avec rextrémité de la colonne D, Un
fil de cuivre sert à assurer la communication du maiichc du marteau et de la colonne niétaHique D* La face inférieure de la tête du marteau o et la fece supérieure deFen-
Fif, 5T7.
clume € sont planes, et garnies d\ine plaque de platine. Ce marteau et son enclume forment un (ntarupté'fir. Quand la tôtedu marteau repose sur renclume, le circuit du courant hiducteur est fermé; quand la léte du ntartfau, soulevée par rélectro-aimout, quitte reiichime, k circuit est rompu.
Pour mettre Tappareil eu actiori, faisons communiquer le pôle positif d*un couple de Bunsen avec le ressort R^ du commutateur, et le jK^le négatif avec le ressort opposé R. — Si nous tournons te cylindre du commulaleur de manière que le ressort R' communique avec réquerre E\ le courant passe du ressort R' à Féquen^e Ê\ gagne la colonne F, traverse la spirale inductrice, arrive