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» cette expression m*est permise, dans une direction abou- » tissant à l'œil de Tobservateur, se replie sur lui-même » pour se présenter pendant quelques instants de face, il » est de toute évidence qu'il en doit résulter une aug- 9 mentation de bruit. 11 n'est pas moins clair que cette » augmentation sera suivie à son tour d'un affaiblisse^ B ment brusque, si par une seconde inflexion l'éclair se x> trouve amené de nouveau à se mouvoir à peu près » dans la direction de la ligne Visuelle , et ainsi de » suite. »

Par un ciel parfaitement serein^ on aperçoit souvent des éclairé sans tonnerre. Tous les physiciens sont d'accord pour admettre que, dans le plus grand nombre des cas, ces éclairs de chaleur sont la réverbération, sur des couches atmosphériques plus ou moins élevées, d'éclairs ordi* naires produits au sein d'un orage placé au-dessous de l'horizon et trop éloigné pour que le tonnerre puisse être entendu. L'exactitude de cette explication ne saurait être mise en doute ; car d'une part tout démontre que les couches atmosphériques jouissent d'une force réfléchissante suffisante pour que la lumière de l'éclair réverbéré à leur surface conserve une intensité appréciable, et d'autrepart il existe dans la science des observations authentiques d'orages qui éclataient au-dessous de l'horizon au moment et dans la direction où les éclairs de chaleur étaient aperçus. Cependant les éclairs de chaleur ne sont pas toujours concentrés dans le voisinage de l'horizon ; leur lumière se développe quelquefois sur toute l'étendue du ciel visible. Il serait donc possible que par un ciel serein^ l'air fût traversé quelquefois par des éclairs directement

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produits au milieu d'une atmosphère sans nuages et fortement électrisée.

L'observation démontre que, par un cW couver/, il peut y avoir des éclairs sans tonnerre, sans qu'on puisse in vo^ quer Textréme éloignement pour se rendre compte de l'absence de bruit. Ces éclairs silencieux sont quelquefois engendrés au sein des nuages orageux : M. Griswold a publié la relation d'une trombe qui était le foyer d'éclairs très brillants, et, bien qu'il fût seulement à /iOO mètres du météore, // vl entendait absolument aucune détonation. Il serait difficile d'expliquer comment des décharges électriques d'une telle intensité peuvent, dans certaines circonstances, traverser l'atmosphère sans produire de bruit.

Par un temps couvert et nuageux, il n'est pas extrêmement rare d'entendre des tonnerres qui n'ont été précédés d'aucun éclair. Pour se rendre compte de ce phénomène, il suffit de concevoir l'existence de deux couches distinctes de nuages superposés, et de supposer qu'un orage éclate et se localise dans la couche supérieure. Si les nuages inférieurs sont opaques et très épais, la lumière des éclairs sera complètement interceptée, mais le bruit sera propagé comme à l'ordinaire; le tonnerre sera donc entendu à la surface de la terre par un observateur qui ne verra pas l'éclair qui l'a précédé. Cette explication donnée par Arago est d'accord avec les relations de certains orages fournies par les voyageurs les plus véridiques.

On peut aussi, par un ciel serein^ entendre le tonnerre sans éclair. Dans certaines circonstances, ce phénomène

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doit être attribué à Texistence d'un orage situé au-dessous de rhorizon, et dont les éclairs ne sont pas aperçus. Cependant, de la discussion de quelques faits très rares, Arago a cru devoir conclure que le tonnerre peut quelquefois éclater au milieu d'une atmosphère complètement dépouillée de nuages.

c«ap de ffiNidre. — l^es nuages orageux suspendus dans l'atmosphère agissent par influence sur les corps placés à la surface du sol. Ces efiets d'induction sont quelquefois assez prononcés pour déterminer l'apparition de lumières vives et légèrement sifflantes sur les parties saillantes des corps terrestres. Ces lueurs ont de tout temps fortement attiré l'attention des observateurs. César rapporte, dans ses Commentaires, qu'en Afrique, pendant un orage affreux qlii éclata la nuit et mit l'armée romaine en désordre, les pointes des javelots de la cinquième l^on brillèrent d'une lumière spontanée : Quintœ legionis pilorum cacumina sua sponte arserunt. Des faits de ce genre sont mentionnés dans les écrits de Sénèque, de Tite-Live, de Pline, de Plutarque, de Procope. Les anciens considéraient les apparitions de ces flammes sur les mâts, les vergues et les cordagesdesbâtiments, comme des présages. Une seule flamme était un signe menaçant, et prenait le nom d'Hélène; deux annonçaient une heureuse traversée, et recevaient la dénomination de Castor et Pollux,

Ces idées superstitieuses se conservèrent, parmi les hommes de mer, jusqu'au xviP siècle. Les marins donnaient à ces flammes les noms de feux Saint-Elme ou de cierges de Saint-Elme ; ils considéraient leur apparition

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comme un signe certain de' la cessation de la tempête et du retour du beau temps. Parmi les exemples de lueurs électriques développées par induction sur les extrémités des objets terrestres dans les temps d'orage, nous empruntons les deux suivants à la Notice d'Ârago.

Le 1^ janvier 182^, à la suite d'un orage, M. Maxadorff ayant porté ses regards sur un chariot chargé de paille qui se trouvait au-dessous d*un gros nuage noir, au milieu d'un champ près de Cothen^ observa que tous les brins de paille se redressaient et paraissaient en feu. Le fouet même du conducteur jetait une vive lumière. Ce phénomène disparut dès que le vent eût emporté le nuage : il avait duré dix minutes.

Le 8 mai 1831, après le coucher du soleil, des officiers d'artillerie et du génie se promenaient tête nue,pendant un orage, sur la terrasse du fort Bab-Azoun à Alger. Chacun, en regardant son voisin, remarqua avec étonnement, aux extrémités de ses cheveux tout hérissés, de petites aigrettes lumineuses. Quand ces officiers levaient les mains, des aigrettes se formaient aussi au bout de leurs doigts.

Ajoutons enfm que, dans les temps d'orage, l'électricité des nuages développe par induction, dans les fils des télégraphes électriques, de véritables courants qui déterminent eux-mêmes certaines perturbations dans la marche des appareils à signaux.

Lorsque la tension développa à la surface du sol par l'action inductrice des nuages orageux est tr^s considérable, la décharge s'opère brusquement entre un nuage et un objet terrestre, et produit un éclair de première classe accompagné d'un violent coup de tonnerre. Cet

éclair prend le nom de coup de foudre, et déta*minesur son passage des effets de même nature, mais beaucoup plus intenses, que ceux dont nous avons parlé à propos des grandes décharges électriques.

Effets mécaniques. — La foudre produit des phénomènes de transport très remarquables. On a vu de^ toitures entières d'églises foudroyées enlevées comme par une mine, des murailles démolies et les pierres dont elles étaient construites projetées au loin, des quartiers de rochers brisés, soulevés et déplacés. Un fait de ce genre très e&traordinaire a été rapporté par Ârago dans sa Notice sur le tonnerre : un mur de briques du poids de 26 tonnes (26 à 27000 kilogrammes) fut arraché de ses fondements par un coup de foudre, soulevé et transporté en masse à environ 2 mètres de distance. Arago pense que ces effets de transport et de projection sont produits par la transformation subite en vapeur des filets d*eau que la foudre rencontre sur son passage.

Dans les édifices foudroyés on a vu souvent les vitres des fenêtres et des plaques métalliques percées d'un ou plusieurs trous. Ces effets ressemblent à ceux qu'on produit avec les décharges des batteries électriques dans les expériences du perce-carte et du perce-verre. Le même coup de foudre peut d'ailleurs percer de plusieurs trous une même plaque de métal.

Effets physiques. — Les coups de foudre peuvent altérer l'état magnétique d'une aiguille aimantée. Des observations nombreuses attestent que, sur des vaisseaux foudroyés, certaines aiguilles ont eu leurs pôles renversés, et d'autres ont perdu toute trace de magnétisme. Dans

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des cas plus rares et cependant authentiques, les pôles ont iÂé déplacés, rejétés hors du grand axe de l'aiguille, de telle manière que ce grand n%e prenait toute autre direction que cdle d'un méridien magnétique. La foudre peut aussi, comme les décharges âectriques, aimanter d'une manière permanente les masses de fer et d'acier près desquelles elle passe ou q^i'elie frappe.

La foudre élève la température des corps qu'elle tra** verse. Lorsqu'elle se propage le long d'un conducteur métallique, ce conducteur peut, selon ses dimensions, élre échauffé, rougi, fondu ou même volatilisé. Ainsi, dans les habitations foudroyées, les dorures des cadres des glaces sont enlevées, réduites en. vapeur, sans que le bois soit attaqué au-dessous ; les fils des sonnettes sont fondus, et tombent à terre sous forme de globules incandes^ cents ; des épées présentent des traces de fusion à leur pointe et sur leur tranchant; des masses métalliques plus considé<* râbles sont fondues aux points d'entrée et de sortie de la foudre. C'est toujours au moment où elle change de con-^ dûcteur que la foudre produit le plus grand échauffement ; quand ell^ parcourt une grosse chaîne métallique, les anneaux ne paraissent pas endommagés dans leur con* tinuité, mais ils sont fondus et parfois restent soudés dans les points où ils se touchent. Si l'on prenait à la lettre le récit de quelques voyageurs, et surtout des anciens, on serait conduit à admettre que la foudre peut déterminer la fu^on complète de masses métalliques aussi considéra^blés que de grosses pièces de monnaie, et même de sabres tout entiers; Dans une discussion approfondie de tous ces fiûts, Arago a montré que ces récits sont évidemment

exagérés, et que les plus grosses tiges métalliques fondues en entier par Télectricité atmosphérique n'ont pas plus de six à huit millimètres de diamètre.

Sur les rochers du sommet des Alpesj des Pyrénées et des plus hautes montagnes, les voyageurs rencontrent souvent des bulles et des couches vitreuses, résultat de la fusion des couches superficielles de ces rochers opérée par des coups de foudre. D'après des observations dignes de toute confiance, ces coups de foudre qui fi^ppent les sommets des hautes montagnes ne partent pas toujours de nuages placés au-dessus de leur niveau, mais sont fournis, dans certains cas, par la face supérieure de nuées orageuses situées au-dessous.

Dans les grands amas de sable, on trouve quelquefois des tubes de longueur et de forme variables, composés de grains de quartz agglutinés, et dont la paroi intérieure est un verre parfait. Ces tubes de foudre, ou fulgurites, sont le résultat de Télévation de température déterminée dans les portions de ces buttes de sable traversées, par la foudre.

Ajoutons enfin que souvent, à la suite des grands orages, se déclarent de violents incendies déterminés par rinflaramation de piles de céréales, de meules de fourrages, d'amas de bois ou de toute autre matière combustible, frappés de la foudre.

Effets chimiques. — Depuis les belles recherches de M. Liebig sur la composition des pluies d'orage, les effets chimiques des éclairs qui traversent l'atmosphère ne sont plus contestés par personne. Les eaux des pluies d'orage, en effet, contiennent de l'azotate d'ammoniaque; la for-

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iiialioii de ce sel est facile à comprendre. Au iiionient où un éclair traverse Tatmosplière humide, la vapeur d*eau est décomposée, Toxygène et l'hydrogène électrisés provenant de cette ségrégation se combinent avec Tazote de l'air, et donnent naissance, d'une part à de l'acide azotique, et d'autre part à de l'ammoniaque. La présence démontrée de l'acide azotique dans l'eau de pluie est invoquée par Arago pour rendre compte de l'existence de nitrières naturelles^ dans certaines localités où il n'y a pas trace de matières animales. M. Boussingault pense que cet azotate d'ammoniaque, directement formé dans l'atmosphère et entraîné vers le sol par les eaux de pluie, joue le rôle d'un véritable engrais, et contribue puissamment à l'entretien de la belle végétation des régions intertropicales où, pendant des mois entiers, le tonnerre gronde chaque jour avec tant de force.

Effets physiologiques, — Un violent coup de foudre suffit pour dépouiller les arbres de leur écorce, désorganiser leur tronc, le dessécher et le réduire en minces fragments épars sur le sol. Les grands animaux frappés de la foudre sont profondément blessés, et même souvent tués instantanément. Nous noua contenterons de donner ici ces simples indications ; cette question sera traitée avec tous les détails convenables dans la partie de notre travail consacrée à l'étude des effets physiologiques de l'électricité et de son influence sur les êtres organisés.

Harehe de la foudre. — Quelque capricieuse que sa marche paraisse au prewiier abord, quand la foudre traverse un grand bâtiment, il est toujours possible de se rendre compte des causes qui déterminent son trajet

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