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A LA FUSION

Comme réchauffement d'un fil, toutes choses égales d'ailleurs, est en raison inverse du carré de la section, il résulte de ce tableau que, pour qu'une décharge électrique fonde un fil de cuivre et un fil de platine, par exemple, placés à la suite l'un de l'autre, il faut que le rapport des sections du platine et du cuivre

soit égal à \/4,895 = 2,212, ou le rapport des diamètres égal à

Priestley (') avait essayé déjà de comparer les pouvoirs conducteurs de différents métaux par la résistance que présentaient à la fusion des fils de même épaisseur traversés par une même décharge électrique, et il les rangea dans l'ordre suivant : fer, ëtain, cuivre, argent et or. Cette classification ne s'accorde pas avec les résultats du tableau qui précède et, en tout cas, la méthode ne donne pas l'ordre des conductibilités.

M. Harris (2) avait cherché à déterminer le rapport des conductibilités électriques des métaux en faisant passer une même décharge électrique dans son thermomètre où il plaçait successivement des fils de mômes dimensions et de métaux différents. Le rapport des quantités de chaleur dégagées dans deux expériences n'est pas égal au rapport inverse des conductibilités, comme le croyait M. Harris ; ces expériences permettent seulement de classer les métaux suivant l'ordre de leurs conductibilités. La liste suivante qu'on en déduit : plomb, étain, fer, zinc, or et cuivre s'accorde en effet avec les résultats de M. Riess.

(l) Histoire de V électricité, t. III, p. 455. (*) Phil. tram. (1827), p. 18.

421. Emploi de la fusion des fils comme thermomètre électrique. — Si Ton interpose, sur le trajet d'une décharge électrique, un fil métallique assez résistant pour qu'il absorbe en presque totalité la chaleur dégagée, on peut déterminer par expérience les dimensions que doit avoir le fil pour qu'il atteigne sa température de fusion sans la dépasser, et l'on pourra évaluer ainsi, d'une manière assez exacte, l'énergie électrique de la décharge. Soient Q la quantité totale de chaleur, T la température de fusion, l et s les dimensions du fil, cl sa densité, K sa chaleur latente de fusion et G sa chaleur spécifique moyenne. Si le fil est primitivement à zéro, on aura

Q=zlsd(CT-hK).

Si l'on emploie ce moyen pour étudier les décharges des batteries, par exemple, on vérifiera sans difficulté que la longueur limite que l'on peut fondre est proportionnelle au carré de la charge et en raison inverse de la surface de la batterie.

C'est là la méthode la plus expéditive, et non la moins exacte, de vérifier les lois des décharges, mais elle exige quelques précautions. Il faut choisir d'abord des métaux très-ductiles pour qu'on puisse les étirer en fils fins, et de préférence très-résistants, comme le fer et le platine, afin que la quantité de chaleur dégagée dans les autres^portions du circuit soit négligeable.

De plus, la fusion du métal doit se faire très-nettement, afin qu'il n'y ait pas de doute sur la longueur limite; ainsi le laiton ne convient pas pour ce genre d'expériences, parce que l'alliage se ramollit bien avant de fondre d'une manière complète. Le métal qui donne les meilleurs résultats est le fer ou l'acier qui se détache en gouttelettes aussitôt que la température de fusion est atteinte.

Ainsi, si l'on charge une batterie par l'intermédiaire d'une bouteille de Lane, et si l'on règle la distance explosive de cette bouteille de façon que la batterie chargée par 50 étincelles soit capable de fondre 25 centimètres d'un fil de fer de ~ de millimètre d'épaisseur, par exemple, on vérifiera que des charges successives de 40, 30, 20 et 10 étincelles sont capables de fondre exactement des longueurs du même fil égales à 16, 9, 4 et 1 centimètres. Toutefois, l'expérience réussit moins bien pour les

DÉCHARGES CONDUCTIVES.

petites longueurs, comme la dernière, parce que la résistance du fil est alors trop faible et que les pinces entre lesquelles on le maintient absorbent par conductibilité une partie notable de la chaleur qu'il reçoit.

Cuthbertson et Singer (*) ont proposé déjà la fusion du fil d'acier pour évaluer des quantités d'électricité et comparer le débit des machines électriques, mais ils croyaient que la longueur du fil fondu était proportionnelle simplement à la quantité d'électricité qui s'écoule pendant la décharge.

Guillemin (2) a employé ainsi des fils de fer ou de platine, qu'il appelle fils d'épreuve, pour déterminer quelle est la plus énergique de deux décharges électriques dérivées dans des conducteurs qui font partie d'un môme circuit. Guillemin a remarqué, au sujet des fils de fer, une circonstance qui mérite d'ôlre signalée. Quand un pareil fil a été fortement échauffé par une décharge presque suffisante pour le fondre, il devient alors moins fusible et résiste ensuite, quand on atteint la charge qui l'aurait fondu primitivement. La couche d'oxyde dont le fîl s'est revêtu dans le premier échauffement est sans doute la cause de ce changement de propriétés. La seule précaution à prendre est donc d'opérer dans toutes les expériences avec des fils neufs, afin qu'ils soient toujours comparables entre eux.

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