‹ Traité d'électricité statique (volume 2)Chapitre 37 sur 201 · Décharges des appareils d'induction. — La décharge des · texte numérisé non relu

Décharges des appareils d'induction. — La décharge des

bobines d'induction présente des analogies avec celle des batteries, et nous dirons ici quelques mots des phénomènes que l'on observe alors, bien que cette question sorte un peu des limites de notre cadre. Quand le courant inducteur est interrompu et que le circuit du fil induit reste fermé d'une manière permanente, il se produit dans ce fil un courant dont l'intensité croît d'abord, puis décroît jusqu'à zéro, et dont la direction est de même sens que celle de l'inducteur, c'est-à-dire direct.

Si le circuit induit est fermé seulement pendant un instant très-court et au bout d'un temps variable après que le courant inducteur a été interrompu, on constate par un galvanomètre que le courant induit est alternativement direct ou inverse ; les extrémités d'un fil induit ouvert sont donc, à l'ouverture du courant inducteur, alternativement positives et négatives. M. lierstein (*) a constaté ainsi que l'impulsion maximum imprimée à l'aiguille du galvanomètre par ces courants alternatifs diminue à peu près proportionnellement au temps, et que la durée des oscillations est constante, sauf pour le premier courant direct qui dure un peu plus longtemps. Ainsi, dans une des

(*) Pogg. Ann., t. CXLIf, p. 54. — Journal de Physique, t. I, p. 77.

expériences, la durée d'une oscillation a été, en prenant toujours pour unité de temps le millionième de seconde, égale à 50 unités. Quant à la durée totale de la décharge, elle a été de 1 400 avec deux éléments de Grove pour courant inducteur, et de 700 seulement avec un élément Daniell. La période d'oscillation augmente d'ailleurs avec l'intensité du courant inducteur et la capacité du circuit induit (').

457. Étincelles composées. — Si le circuit induit reste ouvert et si la distance qui sépare les extrémités du fil est assez faible pour être franchie par le courant, on obtient plusieurs étincelles successives à chacune des interruptions du courant inducteur; la succession régulière de ces étincelles démontre qu'elles sont dues aux oscillations du courant induit, et qu'elles ne correspondent pas aux décharges intermittentes des batteries. La décharge totale forme alors ce qu'on appelle une étincelle composée. M. Nyland (*) a étudié ce phénomène par une méthode ingénieuse : une des extrémités du fil induit est mise en communication avec un diapason muni d'une pointe d'acier qui touche un cylindre de métal enfumé, l'autre extrémité du fil communique avec le cylindre. Quand le diapason vibre et que le cylindre est en mouvement, la pointe trace une ligne sinueuse, et, chaque fois que le fil induit est parcouru par une décharge, cette ligne est marquée d'un grand nombre de points qui correspondent aux différentes étincelles. M. Nyland a constaté ainsi que chacune des décharges renferme parfois des centaines d'oscillations, et que la période des oscillations successives diminue de plus en plus.

458. M. Ogden Rood et M. Cazin (3) ont chacun de leur coté observé ces étincelles composées par des méthodes analogues. Un disque mobile opaque, sur lequel on a ménagé une fente radiale ou une série de fentes, est éclairé par la décharge ; chacun des traits donne plusieurs images qui paraissent simultanées en vertu de la persistance des impressions sur la rétine, et qui sont dues aux différentes étincelles élémentaires

(*) Schiller, Pogcj. Ann., t. CLII, p. 535. — Journal de Physique, t. IV, p. 88. (-) Archives Néerlandaises des sciences exactes et naturelles, t. V, p. 2924 — Journul de Physique, t. I, p. 139.

r') Journal de Physique, t. II, p. 252 et '207:

DÉCHARGES DISRUPTIVES. 65

contenues dans la décharge. Le nombre des traits augmente à mesure que la distance explosive diminue, et M. Cazin a pu en évaluer plus de 500 avec une bobine d'induction de grandeur moyenne, dont les extrémités du fil induit communiquaient avec les armatures extrêmes d'une cascade de trois bouteilles de Leydc. La durée totale de la décharge augmente aussi dans le môme sens et peut atteindre ~ de seconde.

459. D'ailleurs, les étincelles élémentaires ne se succèdent pas très-régulièrement, elles se forment par séries de groupes très-serrés, dont il est difficile de démêler tous les détails. M. Alf. Mayer (l) les a observées de la manière suivante. Il fait tourner rapidement autour d'un axe vertical une mince feuille de papier d'imprimerie, recouverte de noir de fumée, formant un disque de 15 centimètres de diamètre. Le simple mouvement de rotation suffit pour rendre cette feuille parfaitement plane, et on peut l'insérer entre deux boules ou deux pointes, dans l'intervalle que traversent les décharges, même quand la distance ne dépasse pas \ de millimètre. Chacune des étincelles perce le papier en y laissant une trace permanente, et on y inscrit en même temps les vibrations d'un diapason ; il suffit alors, en examinant le papier par transparence à l'aide d'un microscope, de compter les trous et de mesurer leurs distances pour connaître tous les éléments dont se compose la décharge.

Ainsi, la décharge d'une grande bobine de Ruhmkorff, entre deux pointes de platine distantes d'un millimètre, donne d'abord une première décharge partielle, durant environ ^ de seconde, et représentée par 55 petits trous ronds dont l'intervalle décroît progressivement de manière à se réduire à la moitié de sa valeur primitive. Vient ensuite une seconde décharge ne durant que ~ô de seconde, et comprenant au moins 50 trous, plus rapprochés au milieu qu'aux extrémités.

En intercalant une bouteille de Leyde entre les deux éleclrodes du fil induit, la décharge totale dure, par exemple, -— de seconde, et se compose de 91 décharges partielles dont chacune comprend de 1 à 4 petits trous, etc.

Ce phénomène est, comme on le voit, très-complexe ; il paraît

(*) Journal de Physique, t. IV, p. 155.

il 5

d'ailleurs essentiellement lié aux effets d'induction, car on n'observe rien de pareil avec les décharges de batteries.

Distance explosive de l'étincelle.

Page 1