‹ Traité d'électricité statique (volume 3)Chapitre 127 sur 168 · drealto tonBéo · texte numérisé non relu

drealto tonBéo

«■■■■cMi waéimi. — L'expérience réussit d'abord avec les métaux cristallisés. On emploie, par exemple, un cadre de bismuth ou d'antimoine

(fig. 260) sur lequel on ^.^^^

place une petite aiguille

aimantée ; en chauffant différents points, on observe des courants qui vont tant61 dans un sens et tautùt dans l'autre. Entre

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les régions dont réchauITcmeiit donne lieu à des coui*anis de sens contraires, il y a des points neuires ieh que Aj que Ton peut échauffer sans provoquer de courant appréciable.

M. Matteucci (*) a reconnu que ces points neutres correspondent à des régions où le métal a élé refroidi brusquement et où les cristaux ne présentent pas d'orientation particulière, à l'inverse de ce qui a lieu dans le reste du métal ; remarquant que la propagation de la chaleur doit se fairo iVuuc manière dilTcrenie dans les zones inégalement cristallisées, il a assimilé ces courants à ceux que M. Becquerel a obtenus par le contacl de deux parties inégalement chaudes d*un même métal.

Il avait cru observer aussi que, quand on (îhaufi'e la région voisine d'un point neutre, le courant allait toujours de la partie chaude à la partie froide à travers le point neutre pour l'aiilimoine, du froid au chaud au contraire pour le bismuth, et que le sens du courant à travers le point neutre ne dépendait que de la nature du métal. M. Gaugain (')a fait remarquer que celte relation ne peut être exacte. En effet, si deux points neutres A et \\ d'un barreau de bismuth jouissent de la propriété indiqiuV. il en résulte qu'en chauffant l'intervalle de ces deux points iiii voisinage du point A, on obtiendra un couîant i.Mrrliaiil du point neutre vers la partie chaulTécel, p.u' suiti', allant (h).\ iMiii. En chauffant, au contraire, un point voisiiî de H, on oblieiiilra un courant dicigé de B en A; entre les deux régions qui. ainsi chaulTées, provoquent des courants de sens contraires il se trouvera nécessairement un troisième point neutre C. Ce nouveau point neutre, situé entre les deux premiers, jouira de p» priétés différentes : quand on chaufl'er.i une réiiion voisine, le courant, à partir de la partie chaufiée, devra celle fois sr ,procher du point neutre.

Pour constater ces courants, il n'est pas nécessaire quo K circuit soit entièrement formé d'un même métal; il MilTil de réunir par un 111 de cuivre et un galvanomètre les extrémilôs du barreau à rtudier, en ayant soin de ne pas chaulîer les poinl> d'atlacht; du lil de cuivre. M. Caugain a coulé, par exemple, dii bismuth dans un tube de verre recourbé deux fois, et, ayant

'. liibi. iinivetscUr de (nu n:, 1' ^iriL-, 1. XMIL p. .1.;.* ^lîC.Vi. ,-j Annatcs tic Uiimir cl de Phi/di/uc, 5" série, l. I XV, p i>.

DKS SOURCES D'ÉLECTRICITÉ. 415

réuni les branches à un galvanoiiiiHre, il a chauffé différents points de la partie moyenne; il a trouvé ainsi 5 points neutres jouissant alternativement de propriétés contraires, comme les pùles d*un barreau aimanté à points conséquents. Un tel barreau se comporte donc e^cactement comme un circuit hétérogène, a cause des inégalités de structure qui sont dues à des états ditïérents de cristallisation.

9ô'2. On a fait beaucoup de tentatives pour obtenir de semblables courants en chauffant différents points d'un même métal non cristallisable et, par suite, parfaitement homogène. M. Becquerel (*), par exemple, a indiqué à ce sujet plusieurs expériences curieuses.

Les fils (l*un galvanomètre. sont terminés par deux petites

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spirales de platine A et 1> (fig. 261). On chauffe Tune d'elles, puis on l'applique sur l'autre ; il se produit un courant qui va de la spirale chaude à la froide, à travers le contact, et qui persiste tant que les températures sont inégales.

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Si Ton chauffe un point quelconque d*un fil de [ilatine con-

'• Annnlrs de Chimie et (h- Vlujsumc '1' ri'iii', l. XXUI, p. 135.

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linu réuni à un galvanomètre, on n'obtient aucun courant. Si ce fil forme un nœud et qu*on chauffe un point voisin du nœud, il se produit un courant qui va de la partie chaufi'ée vers le nœud. La même chose a lieu si le nœud est remplacé par une hélice (fig. 262).

Cette propriété n'appartient pas exclusivement au platine. Le palladium donne les mêmes résultats, mais on n'obtient rien avec un fil d'or et il se produit des courants trés-faibles avec des iils d'argent ou de cuivre. 11 suffît, par exemple, de croiser fuii sur Tautre deux bouts du fil de cuivre communiquant avec le:; bornes d*un galvanomètre et de cliaufTer avec une lampe à alcool un point voisin du contact, pour obtenir un courant qui persiste tant qu'on n'enlève pas la lampe.

M. Becquerel avait même construit, d'après ce principe, une pile thermoélectrique composée uniquement de fils de cuivre. Pour cela, un fil / attaché à un tube de verre AB (fig. 265), e<l réuni par un crochet a à un autre fil semblable qui s'enroule en-

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Fig. tÏM.

suite sur un autre tube A' IV, lovicnt au premier, puis se rattache par un crochet a' à un Iroisièmo bout, etc. En plongeant letuk A'B' dans de Teau chaude, on obtient une série de courants qui vont tous de la partie chauffée au crochet voisin : ces couranl> avant tous la niénie direction s'ajoutent dans le circuit total el donnent un courant résultant dont l'intensité est proportioiinelK' au nombre des contacts.

Une aulre expérience de même ordie consiste à terminer b deux bouts du lil d'un galvanomètre par des cônes de cuivre dont l'un a été chauffé. Il se produit un courant si l'on applique lei concs on croix l'un sur l'autre, mais rien d'ap|)réciable si le> cônes sont ajoutés bout à bout.

M. Becquerel attribuait la production des courants dans ces diverses expériences à une propagation inégale de la chaleur de

part et d'autre du point du contact, par suite d'un défaut d'homogénéité, ou d'une différence de section des conducteurs.

955. Toutefois, des expériences nombreuses ont montré qu'on n*obticnt aucun courant thermoélectrique avec un circuit homogène, quelles que soient les différences de section. M. Matteucci (*) a essayé sans succès le contact de deux couches de mercure à des températures différentes. Le mercure était placé dans trois capsules successives dont l'intermédiaire étail chauffée, et on les réunissait pardes siphons à mercure. Magnus(*) a répété la

Fig. aa (»).

même expérience d'une manière plus simple, comme l'indiqurfla figure 264. On peut chauffer le tube capillaire D, qui renferme du mercure, et le plonger dans Tentonnoir C dont le liquide est maintenu à la température ordinaire, ou bien chauffer l'entonnoir et y plonger le tube capillaire froid : dans les deux cas, il ne se produit pas de courant appréciable.

De même une baguetle de cuivre de 7 millimètres de diamètre (fig. 265) a été réduite au tour à une épaisseur de 1 millimètre îiur une longueur de 15 millimètres. En mettant cette baguette

Fiu'. iJw.

dans un circuit fermé muni d'un galvanomètre, on pouvait la

l«) hihl. univerêelle de Genève, 2» série, t. XH, p. 211 (1837;.

(«) Pogg. Ann., t. LXXXHI, p. 469. — Annales de Chimie et de Physique, 5* strie, t. XXXIV, p. 105.

(») Je dois, aTant de terminer cet ouvrage, exprimer tous mes reuicrciemeiits à W. Gavarret pour les nombreuses figures qu'il m'a pennis d'emprunter à son Traité ftéleclrieiié,

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chaulTer eu un point quelconque, sur la portion amincie ou au contact g des deux sections différentes, sans produire le moindre courant. L'inégal refroidissement par rayonnement n'intervient pas non plus, car Texpérience ne réussit pas davantage quand on couvre une partie de la baguette d'un vernis quelconque ou d'une couche de noir de fumée.

Une variation de température continue dans un milieu homogène ne peut donc provoquer aucune dissymétrie électrique, mais les moindres altérations suffisent pour produire un courant. Ainsi, quand on dépose par la galvanoplastie une légère couche de cuivre sur une portion d'un fil d'argentan, réchauffement du point de contact des parties nues et couvertes donnent lieu à un courant. 11 en serait de même pour une légère couche d'oxyde, de sulfure, etc., et l'on comprend qu'il se produise quelque chose d'analogue dans la plupart des expériences où Ton croit opérer avec un circuit homogène. Les expériences de M. Gaugain conduisent aux mêmes conséquences.

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