M. Gaugain a montré d'abord que, dans rcxpérience des
spirales de M. Becquerel, l'effet
.^L ^^ obtenu est le même qu'avec un
seul contact de deux fils. Si une spirale chaude M ((ig. i66) est appliquée sur un fil froid X qu'elle touche en plusieurs points a, 6, c, le courant allant de la partie chaude à la partie froide à travers le contact, on voit aisément que les contacts tels que a et 6 tendent à se neutraliser; l'expérience indique en effet que le courant est le même que si le contact en c existait seul.
Ce contact intervient aussi de la même manière dans les expériences du nœud et de Thélice, car on n'obtient rien si on essaie de les répéter avec des hélices dont les différentes spires ne ^e touchent pas, ou des nœuds dont les fils i estent éloignés ; les courants se manifestent, au contraire, aussitôt qu'on écrase le nœud ou l'hélice de façon à provoquer des contacts. Ces différentes expériences sont donc ramenées au cas du croisement de deux fils. M. Gaugain a étudié ainsi différents métaux dont il avait soin de bien nettoyer les surfaces avant d'établir les contacts. H a constaté que pour le platine, l'étain et l'argent le courant va du
Fig. 466.
blLS SOUKCKS D'ELECTUICITE. 419
laud au fioid à travers le contact; que le courant va au con-
lire du froid au chaud pour Tor, le plomb, le cuivre et le fer.
ec le zinc, la direction du courant est variable avec la tempé-
ture du bout cliaufTé.
Si le courant dépend uniquement de ce qui se passe au contact
5 fils, il doit se produire dans les deux boucles d'un 111 fermé
>lié sur lui-même en un
int. On peut, en effet, réu- ^-^ — ^=^-=5^^^
' deux galvanomètres par ^^Cî
IX fils de platine appliqués p. ^
n sur l'autre : en chauffant
point voisin du contact C (iig. 267), les galvanomètres indisnt Tcxistence de courants qui marchent, comme le montrent
flèches, du fil chaud au fil froid à travers le contact. L'expérience suivante de M. Gaugain jette un jour nouveau sur . phénomènes et permet de concevoir quelle peut être Tinence des oxydations superficielles. Quand on croise deux lils i^ent, nous avons dit que le courant va du fil chaud au fil id à travers le contact; mais, si l'on sépare les deux fils par e mince feuille de platine, il y a inversion. Dans ce cas, il sic en réalité deux contacts voisins entre l'argent et le platine ; oique la différence des températures soit très-faible , elle ffil à produire un courant thermoélectrique dont le sens est terminé par le contact le plus chaud. Toute couche mince >xyde doit produire un eflet analogue à celui de cette lame
platine; si donc cette manière de voir est exacte, il doit être •ssible de prévoir quel sera le sens du courant dans le cas du Gisement de deux fils de même nature.
M. Gaugain, par des expériences directes sur différents méux purs ou altérés, a établi la liste suivante :
Fer oxydé.
Platine,
Argent carburé, Cuivre, Argent,
Or,
Zinc,
Cuivre oxydé,
Fer,
Fer carburé.
Quand on chaufle le contact de deux quelconques des corps de ^tte liste, on obtient un courant qui traverse le contact en allant i corps supérieur vers Tinférieur. Cela étant, si Ton croise
MO TRAITÉ U'ËLECTKICITË STATIOUH-
deux fils identiques dont l'un a été ctiaufie, il peut armer, comme dans le cas du fer, que le lil chauffé se i-ecouvrc d'une couche d'oxyde et qu'il se produise en réalité deux conlacisi des températures différentes entre les couches d'oxyde et les métaux. Or, d'après la liste précédente, le courant à travers le contact chaud va de l'oxyde au métal pour le fer; dans le croisement des fils, le courant doit donc marcher du fil froid au fil chaud, ce qui est conforme h rcxpérience. Ce raisonmment ne pourrait pas être étendu a tous les métaux , puisqoe l'oxydation du cuivre a pour effet d'intervertir le sens du courant qui se produit au contact de deux fils froid et chaud; mais les observations ingénieuses de M. Gaugain sur le rôle des couches minces superficielles permettent de faire rentrer dans le cas des contacts hétérogènes la plupart des faits obsen'és par M. Becquerel.
955. Des modifications mécaniques, telles que la trempe et l'écrouissage , produisent dans les métaux des différences de structure analogues aux inégalités de cristallisation et suffisent pour provoquer^ des couranls thermoélectriques. Ici encore on ne peut pas attribuer les courants à une difTérence dans ta propagation de la chaleur, parce que le recuit ou l'écrouissa^'C ne modifient pas d'une manicrc sensible les conductibilités iiilériourc ou extérieure d'un métal.
Si l'on prend, par exemple, un lil qui a été durci par la filièii; ou le martelage et dont une partie seulement a été rccuile, l'ïchauffcment du point de contact des deux régions donne lieu à un courant. Magnus a constaté que, pour la plupart des nit'taux, le courant va do la partie recuite à la partie écroule; mais la régie n'est pas générale, et le contraire a lieu pour l'argentan, le ziml'étain, le fer et le plomb.
La chaleur delà main dans cerliitns ras peut donner un courant appréciable. Magnus enroule sur une niontun' Kig.îw. en bois (fig. 268) un fil de laiton
ccroui de manière à former par le lil les côtés d'un cadre ttftangulaire. Deux côtés opposés de ce cadre ayant été ensuite recuits, il suffit de le tenir entre les doigts de manière à touctier
ux angles opposés, C et D ouE et F, pour obtenir un courant ns un sens ou dans l'autre; l'appareil fonctionne comme une le Ihermoélectrique.
936. On peut encore faire des expériences analogues d'une inièrc très-simple, comme Ta indiqué M. Gaugain. On prend
long fil de zinc recuit à une températuie élevée et on le aufle avec une lampe à alcool. 11 n'y a pas de courant si la ape est stationnaire ; mais, si on la déplace le long du fil, on tient un courant qui marche dans le sens du mouvement de lampe. La môme expérience réussit avec un fil d'un métal elconque, pourvu qu'il soit écroui. Le cuivre, par exemple, nne encore un courant qui va dans le sens du mouvement de lampe, c'est-à-dire de la partie recuite à la partie écrouie, nme dans les expériences de Magnus. Toutefois, il y a des cas ur lesquels le courant obtenu par le déplacement de la lampe
invei'se de celui que donnerait réchauffement du contact de ux parties, l'une recuite et l'autre écrouie.
957. Enfin M. Thomson (*) a montré que les actions mécanics passagères, telles que la traction, la pression, la torsion, etc., oduisent des effets analogues à la trempe.
Lorsqu'un fil de fer est tendu sur une partie de sa longueur, Bssé longitudinalement ou transvei'salement, ou soumis à une ération mécanique quelconque, réchauffement d'un point isin de la séparation des deux parties différentes donne encore
courant qui va du fil modifié au fil libre. M. Le Roux' a repris les expériences de M. Thomson relativemt à la traction. Il a constaté que le courant va du métal tendu
métal libre pour le palladium, le fer, l'acier, le platine, l'arnt, le laiton, et en sens contraire pour le zinc et le cuivre. Il a toutefois des différences notables entre les résultats obtenus r ces deux physiciens. Ainsi, M. Thomson avait trouvé que ur le fer et le cuivre, tirés dans les mêmes conditions, le raprt des intensités des courants est égal à 4,2, tandis que M. Le »ux a obtenu la valeur 15,5 pour le même rapport.