‹ Traité d'électricité statiqueChapitre 8 sur 123 · BcnMwqves avr l'Idée de flolde. — Bien quC la UOtioU de · texte numérisé non relu

BcnMwqves avr l'Idée de flolde. — Bien quC la UOtioU de

fluide électrique soit universellement répandue aujourd'hui et tellement entrée même dans le langage vulgaire que l'existence de cet élément mystérieux ne fasse aucun doute dans l'esprit des narrateurs de coups de foudre, cependant l'idée de fluide a perdu beaucoup de son crédit dans la science. Les conceptions actuelles sur la constitution des corps ont fait abandonner la plupart des

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fluides auxquels on avait recoui*s autrefois. On admet bien encore Tèther, milieu élastique répandu dans tous les corps pondérables et dans les espaces planétaires, et dont les vibrations servent à expliquer les phénomènes lumineux ; mais on répugne à conserver dans la science deux nouveaux fluides indépendants du premier. La corrélation des forces physiques, la transformation des phénomènes calorifiques, lumineux, électriques et magnétiques les uns dans les autres, semblent conduire à les considérer comme des manifestations d*un même agent. On admettrait donc comme plus probable, l'hypothèse d'un seul fluide qui ne serait autre chose que Téther.

Toutefois Texpérience indique, comme nous le verrons, quMl n'y a pas de phénomènes électriques dans le vide absolu, c'està-dire en l'absence de toute matière pondérable. Il semble résulter de là (^) que l'on doit appeler fluide électrique contenu dans un volume donné, non pas la quantité totale d'éther, mais la somme des atmosphères d'éther qui entourent les molécules pondérables, c'est:à-dire l'excès de la quantité totale d'éther que contient le volume sur la quantité qu'il contiendrait sans la présence des molécules pondérables. Pour expliquer les phénomènes électriques, il suffira d'admettre que la matière pondérable attire l'éther en raison inverse du carré de la distance, et que l'action mutuelle de deux atmosphères d'éther est proportionnelle au produit de leurs masses et aussi en raison inverse du carré des distances.

On doit remarquer, à ce propos, que la théorie des phénomènes lumineux semble exiger une loi d'action toute différente entre les molécules voisines de l'éther. L'énorme vitesse de propagation des ondes lumineuses indique d'abord que la force qui s'exerce entre deux molécules voisines est très-énergique. Les recherclies tliéoriqucs de Cauchy ont montré que, dans un milieu isotrope, c'est-à-dire tel que les propriétés soient les mêmes dans toutes les directions, comme l'éther libre répandu dans le vide, peuvent se propager deux sortes de vibrations, les unes transversales, les autres longitudinales, avec des vitesses très-différentes ; l'existence des unes et des autres dépend de la loi des

(*) Brioti Théorie mécanique de la chaleur, p. 254.

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forces moléculaires. On attribue les phénomènes lumineux aux vibrations transversales. En suivant la méthode de Cauchy, M. Briot a fait voir que, pour que les vibrations transversales puissent se propager, il est nécessaire que la force répulsive qui s'exerce entre deux molécules voisines d*éther, varie en raison inverse d'une puissance de la distance plus élevée que la quatrième. L'étude des lois de la propagation de la lumière dans les milieux biréfringents semble indiquer que cette puissance est précisément la sixième, et l'absence de dispersion dans le vide conduit à la même conclusion. 11 y a contradiction apparente entre cette loi et celle des actions électriques ; mais il est probable que les phénomènes lumineux sont dus à l'action immédiate des molécules d'éther sur les molécules les plus voisines, tandis que la force éleclrique proviendrait de l'action de ressort ou de l'élasticité des atmosphères d^éther qui entourent les molécules pondérables.

Lamé (*) pensait que l'intervention du fluide éthéré, sagement conduite, doit trouver le secret ou la véritable cause des effets que l'on attribue au calorique, à l'électricité, au magnétisme, à l'attraction universelle, à la cohésion et aux affinités chimiques, et plusieurs savants ont cherché à préciser davantage cette idée. Nous citerons, par exemple, M. Renard ('), M. Moutier (*), M. Edlung (*), etc. Faraday concevait les phénomènes électriques d^une manière toute difTérentCi au moins en apparence : son hypothèse consiste à admettre que les actions se communiquent d'un corps à un autre par le moyen du milieu intermédiaire, et suivant certaines directions qu'il appelait les lignes dé force ; mais les expériences qui lui avaient paru démontrer Texistence de ces lignes de force peuvent être interprétées d'une manière complète dans la théorie des fluides.

La théorie d'un seul fluide parait donc de beaucoup la plus probable; mais nous continuerons d'adopter, comme on le fait

(*) Leçon» iur la ihéorie mathématique de VélaeticiU de» carp» iolide», p. 5i4.

{*) IH»irUmtion de ^électricité ddn» le» corp» conducteur» en partant de Vhypoikèee d'un »eul fluide. Mém. de rAcadémie de Stanislas. (Nancy, 1859.)

(') Sur le» attraction» et le» répuhions de» corps éleclri»é» an point de vue de la ikéorie mécanique de l'électricité, -^ÀnnaL de Chimie et de Physique, 4' série, t. XVI, p. tW (1869).

{*) Théorie de» phénomène» électrique». «— Mémoii'e présenté à rAoadérnie royale des selenoes de Suéde, le 12 nov. 1873.

THAITÉ D ÉLECTRICITÉ STATIQUE.

généralement, l'hypothèse des deux fluides, qui est équivalente au point de vue des expériences et qui a l'avantage d'être plus commode pour le langage. Toutefois il ne faut pas croire que Tune ou l'autre des deux hypothèses dont on fait usage, surtout pour rendre les descriptions plus faciles, infirme en rien la valeur des raisonnements. « Je préviens, dit Coulomb, pour mettre la théorie qui va suivre à l'abri de toute dispute systématique, que, dans la supposition des deux fluides électriques, je n'ai d'autre intention que de présenter avec le moins d'éléments possible, les résultats du calcul et de l'expérience, et non d'indiquer les véritables causes de l'électricité ('). »

[') Mémoiret de V Académie des sciencei, p. 673 (1788).

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