CHAPITRE ]I
19. TcBteiivM — téricMFCT * c— loifc. — L*action mutuelle de deux corps électrisés est d'autant plus grande que leur distance est plus faible et que Télectrisation de chacun d'eux a été plus forte. On avait reconnu depuis longtemps le sens général du phénomène et prévu les lois. Œpinus (*), en particulier, était disposé à donner la préférence à la loi du carré des distances, qui a |M>ur elle toutes les analogies naturelles. Cavcndish avait presque atteint la véritable solution. « 11 existe, dit-il ('), une substance que j appelle fluide électrique, dont les particules se repoussent et attirent les molécules matérielles avec une force qui varie en rai:»on inverse d*un peu moins du cube de la distance ; les molécules de toute autre espèce de matière se repoussent aussi mutuellement et attirent celles du fluide électrique, suivant une loi ^mblable. » D parait même (') que, dans les manuscrits retrouvés plus tard, Cavendish rapporte avoir démontré par expérience que, si deux sphères creuses de substances conductrices S4>nt concentriques et communiquent entre elles, la quantité d*é- Uxtricité que prend la sphère intérieure est insensible et quelle n'atteint pas le ^ de la charge totale. Si Ton admet que la «liargede la sphère intérieure est nulle, on peut montrer, comme I a fait Cavendish, que la répulsion mutuelle des particules du fl'iide e^t en raison invei^e du carré de la distance. Toutefois,
.* (Epùù tenUmen, p. 58.
*' fka.tnua. obridged, vol. XUI^p. 224 it771).
* Sdow Hutu, Uçcm» éUmeniaireê dTéUctrieUé, tndiicL U-inç. de M. Gar- '-auM, p. 35.
54 TRAITÉ DtLECTRICITÉ STATIQUE.
malgré ces tentatives qu'il est juste de rappeler, quoiqu'elles ne fussent guère que des idées spéculatives, la question était encore très-douteuse, et c'est à Coulomb que l'on doit d'avoir déterminé par expérience les lois des actions électriques.
L'une des méthodes employées par Coulomb pour l'étude des forces électriques est la balance de torsion. Un instrument fondé sur le même principe a été employé à peu prés à la même époque par Mitchell, pour la recherche de l'attraction directe des corps pondérables et la détermination de la densité de la terre, et les expériences ont été faites par Cavendish (*). Mais Coulomb n'a pu avoir aucune connaissance des travaux de Mitchell au sujet de cet appareil (*) ; en tous cas, il en a fait précéder l'emploi par une étude complète des lois de la torsion des fils métalliques, et la balance à fil de torsion est devenue depuis' un instrument d'une application générale dont on lui doit rapporter tout le mérite. Cet appareil est tellement important qu'il est utile d'en examiner la théorie avec soin et d'indiquer les résultats obtenus par Coulomb sur la torsion des fils de métal. — Nous commencerons par rappeler quelques théorèmes de mécanique.