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CHAPITRE VIII

252. Nous avons eu roccasion, plusieurs fois, de recourir à des instruments de mesure dans l'élude dQs phénomènes généraux de rélectricité ; mais il est utile d'examiner avec soin les différentes formes que Ton a données à ces instruments et d'indiquer les cas pour lesquels chacun d'eux présentera des avantages particuliers.

On appelle généralement électroscope un appareil qui permet de reconnaître si un corps est éleclrisé et de déterminer la nature de l'électricité qu'il possède. Un électromètre^ au contraire, n'est pas seulement un appareil qualificatif; il permet de mesurer la quantité d'électricité que possède un corps, la capacité d'un conducteur ou son potentiel électrique. On peut remarquer que ces différents problèmes se ramènent à la mesure du potentiel d'un conducteur et môme, plus généralement, de la différence des poteniiels qui existent sur deux conducteurs différents.

Toutefois, on ne peut pas diviser ces instruments en deux classes distinctes, les électroscopes et les électromètres, parce qu'une pareille classification romprait les analogies qui existent entre plusieurs d'entre eux et que, d'ailleurs, un même appareil peut jouer l'un ou l'autre rôle, suivant la manière dont on l'emploie.

M. Thomson (*) les divise autrement en deux groupes : les appareils idiostatiques et les appareils hétéroslatiques. Dans les premiers, on n'emploie qu'une seule espèce d'électricité : deux

[*) Reprint ofpapers, p. 508.

mSTRUMENTS B*OBSERYATION ET DE MESURES. 545

conducteurs, dont l'un au moins est mobile, sont électrisës de la môme manière et se repoussent; les autres sont composés de deux ou plusieurs conducteurs électrisés de manières diftérentes. M. Thomson fait remarquer, à ce sujet, que si deux conducteurs, maintenus à distance constante, sont portés au même potentiel, la répulsion qui s'exerce entre eux est proportionnelle à la quantité d'électricité que possède chacun d'eux, et par suite au carré de l'une d'elles ou au carré du potentiel. Si ces deux conducteurs, au contraire, sont à des potentiels différents, dont l'un est maintenu constant, on peut disposer l'expérience de façon que les variations de la force électrique soient exactement proportionnelles aux changements du potentiel variable et à la valeur absolue du potentiel constant. On a ainsi le moyen de modifier à volonté la sensibilité des instruments et d'écarter les limites entre lesquelles les mesures seront directement comparables.

Cependant, dans la pratique, il arrive aussi qu'un même instrument peut, suivant les circonstances, rentrer dans l'un ou l'autre des deux groupes, de sorte qu'il n'y a pas de distinction absolue à établir entre eux.

Il se présente aussi un autre problème, c'est de déterminer la quantité d'électricité qui s'échappe par un conducteur pendant un temps donné, d'évaluer par exemple le débit d'une machine électrique. On peut encore adapter à ce genre de recherches les appareils dont la construction repose sur le principe de l'équilibre électrique ; mais, comme cet écoulement continuel d'électricité est un phénomène identique à ceux qu'on désigne sous le nom de courants électriquesy on pourra avoir recours aux instruments plus spécialement employés pour l'étude des courants, c'est-à-dire aux galvanomètres.

Une classification basée sur des considérations théoriques est donc à peu près impossible, et, pour éviter toute difficulté, nous grouperons les différents appareils de mesure et d'observation d'une manière arbitraire, en prenant pour lien les analogies de forme qui existent entre eux. Celte revue des instruments ne sera pas encore absolument complète et nous serons obligés de remettre à plus tard la description de quelques uns, soit à cause des principes sur lesquels ils reposent, soit à cause des expériences particulières auxquelles ils sont destinés.

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