DISTRIBUTION DE L* ÉLECTRICITÉ
Touché au milieu 370*
— à 2 cent. 1/2 de l'extréniité 440?
— au milieu, une deuxième fois :tôO<^
— à 2 cent. 1/2 de rextrémité, une deuxième fois. :<93»
— au milieu, une troisième fois 320«
Moyenne 340« 417*
d'où l'on conclut que le rapport entre les réactions électriques du milieu de la lame et de la partie qui est à 2 centimètres J/2 du bord est de 340 à 417,5, ou de 1 à 1,23.
S ft. Emploi du plsa d'épreiiTe dsBS les cxpérlcBces préeédeaicB.
L'emploi du plan d'épreuve pour déterminer les quantités relatives d'électricité qui se trouvent sur les différents points de la surface du conducteur électrisé a donné lieu à diverses remarques et à quelques objections que nous ne pouvons passer sous silence. Nous avons admis que ce plan, devenant pour ainsi dire partie de la surface sur laquelle il est superposé, l'enlever, c'est enlever cette partie de la surface avec l'électricité dont elle est chargée. Cette manière d'envisager le rôle du plan d'épreuve est contestée. Coulomb admet qu'il se charge en totalité d'une quantité d'électricité double de celle que possède la partie de la surface avec laquelle on le met en contact, de telle façon que chacune de ses deux faces en a autant. Il appuie son assertion sur le fait que si on touche une sphère électrisée et isolée avec un disque isolé mais non électrisé dont l'une des deux surfaces soit égale à celle de la sphère, celle-ci n'a plus, après le contact, que le tiers de l'électricité qu'elle avait primitivement, le disque en a donc pris le double de ce qui reste, effet qui est dû à ce que ses deux surfaces, qui sont chacune égales à celle de la sphère, se chargent également d'électricité. C'est, suivant Coulomb, le cas du plan d'épreuve, qui n'est luimême qu'un disque.
Observons cependant que si ce disque est assez petit pour se confondre avec l'élément de la surface sur lequel il est appliqué et dont il devient ainsi partie intégrante, la première manière d'envisager son effet est plus exacte que la seconde, qui suppose
un disque de même surface que le corps avec lequel il est mis en contact.
Mais, quelle que soit la quantité absolue d'électricité que prenne le plan d'épreuve, la chose importante, c'est qu'il en prenne une quantité toujours proportionnelle à la réaction électrique de la partie de la surface avec laquelle il est mis en contact. Or, c*est ce qui se passe, ainsi que le prouvent plusieurs expériences de Coulomb, notamment la suivante. On a deux cylindres conducteurs , isolés , parfaitement semblablables. On électrise Tun des deux, et on détermine, avec le plan d'épreuve, le rapport qui existe entre la réaction électrique d'un point situé au milieu de sa longueur et celle d'un point situé à son extrémité. On touche ensuite le cylindre électrise avec celui qui ne Test pas; il est évident que l'électricité totale doit se partager complètement également entre les deux; par conséquent celui qui a été électrise n'a plus en chacun de ses points cpie la moitié de Télectricité qu'il avait primitivement; mais le rapport entre les réactions électriques du point pris au milieu et du point situé à l'extrémité, doit être resté le même. Le plan d'épreuve confirme cette conclusion; preuve que, quelle que soit la quantité absolue d'électricité, il en prend bien une quantité proportionnelle à celle que possède la partie de la surface sur laquelle on l'applique.
Ajoutons que la quantité absolue d'électricité qu'emporte le disque est toujours très-petite par rapport à celle que possède le corps élcclrisé ; de sorte qu'on peut, sans erreur sensible, affirmer que le contact du plan, lorsqu'il n'a été répété qu'un nombre de fois peu considérable, ne modifie nullement l'état élertrique du corps.
D'autres objections à l'emploi du plan d'épreuve ont été faites par Harris ; de nombreuses expériences lui ont prouvé (|ue la quantité d'électricité enlevée à la surface d'un corps électrise, au moyen d'un petit disque isolé et mince, peut être influencée par la position du point d'application, indépendamment de la quantité d'électricité possédée par ce corps au point touché , de sorte que la même quantité peut exister en deux points différents, cl cependant, le plan d'épreuve se char-
0l!^TAtBLTlON DE t'ÉUCTWaTÉ.
ger ioégaiemeDl quand il est rois en contact avec ces deux
" mnis. n peut même arriver que, par Teffet de Faction des
imis voisins, le plan d'épreuve ne se charge nullement, lors
que rélémenl de la surface avec laquelle il est mis en
Dûtacl est fortement électrisé. Ces singulières anomalies lien-
aujt effets de Taction à dislance, soit de Tinduclion,
qu exercent les corps éleclriisés sur ceux qui ne le sont pas;
pbéûomènes dont Tétude fait I objet du chapitre suivant.
Mais avant de terminer celui-ci, ajoulons que les objections
fdeM* Harris ne s*appliquaut qu'à des cas exceptionnels, ne peu-
l^nl ébranler la confiance que les savants accordent aux resul-
Bkf obleous par Coulomb^ dans lesquels il s'agit de la disiri-
butioo de réleclrîcité dans les corps conducteurs de foruifï
féguliere* Peut-être lorsqu'il sagit de corps déforme irréguUcre
I de plusieurs corps en contact, y aurail-il une nouvelle étude
itiire» mais quel procédé employer si Ton est obligé de rejeter
lui du glan d'épreuve? Je rae permettrai d'eu indiquer un,
11, s*îl n'a pas la précision ni la sensibilité de ce dernier, a du
DÎus Tavanlage de faire voir aux yeux dune manière immé-
ie la loi que suit la dislribulioa de rélectricité, 11 consiste à
prendre on électroscope simple, soit pendule électrique dont la
allé irès-petile et irès-légère est chargée de la même êlectri-
îléque le corps, dont on Tapproche. On voit alors, eu la pré-
en tau t aux diflerents points de la surface du corps, qu'elle est
js ou moins repoussée suivant les points en face de&ijuels on
place* Ainsi, avec un ellipsoïde, la distance à laquelle elle
repoussée va en croissant à partir de rexlrémité du petit
le jusqu^à Textrémilé du grand. Avec une sphère, elle est
lut également repoussée. Les plus légères différences dans
Talion électrique sont accusées d*une manière Irès-sensi-
par ce procédé qui, quoiqu'il ne soit pas lui-même à rabrî
objections que présente l'emploi du plan d*épreuve, serait
Ipeat-étre susceptible d'être utilement perfectionné.