PRÉFACE. VII
remplit d*une manière plus précise le but comploxe que je viens d'indiquer. En efl'et, pour initier à l'étude de Télectricité toute la catégorie des hommes d'art et de science auxquels elle est nécessaire , il faut une exposition à la fois substantielle et élémentaire, complète et abrégée; il faut que le sujet soii; présenté dans un ordre logique, et non pas comme on Ta fait jusqu'à présent, dans un ordre presque purement historique; il faut, en un mot, donner à cette partie de la physique conime aux autres ce caractère d'une véritable science qui lui manquera toujours tant qu elle restera une simple compilation, le plus souvent confuse, de théories hasardées et de faits sans liaison.
Je viens de faire connaître, par ce qui précède, Tesprit dans lequel j'ai cherché à rédiger l'ouvrage que je livre aujourd'hui à la publicité. Je n'ai point voulu en faire un traité pour les gens du monde, quoique je me sois eiforcé de le rendre abordable à tous ceux qui ont reçu une culture intellectuelle un peu développée. J'ai tenu à m'adresser essentiellement aux hommes qui cultivent les sciences et ([ui, par conséquent, en connaissent déjà le langage et les procédés; mais, en même temps, je n'ai point supposé chez eux une connaissance préalable plus approfondie de telle ou telle branche scientifique particulière. C'est ainsi que j'ai relégué, dans quelques notes spéciales placées à la lin de chaque volume, les développements mathématiques dont certains points particuliers sont susceptibles, mais qui ne sont nullement indispensables à l'intelligence de l'ensemble.
Il me reste à exposer l'ordre que j'ai suivi, et à le justifier par un coup d'œil rapide jeté sur le vaste sujet auquel est consacré le Traité d'Électricité,
Envisagée dans les progrès successifs qu'elle a éprouvés, l'électricité offre une si prodigieuse variété de faces scientifiques que l'esprit risque de s'y perdre, quand, suivant
l'ordre histori^iM-. il €i4 le phi$ «••oreoi oMi^ de ks conleiijpler prévue U>ate^ i b f<>i>. Tuid;> qu'il [«jiifsiiît avec i'jm\hïuh hà r^.berc-fae de^ k>!> aoxi|iK'Ile> e$t soamise J dw;iri'îl/»^ stïtija**. il e>t ippet a s^niter ave^ Galvani K-r ffiyslèr*s d*r rêUrctricilr' aoimalr. et a niarther avec Volta iâ \k découv#-rie de la pile. Puis bieolOL [•eo^laiit qu'il cher- <h<f a comprendre le» beaux i;aleul> >ur l-s-juek Poisson f-,.fjde les lhé->rîes de réieelrieilê. il est saisi d'admiration à \k vue des résultats aussi maniaques qu'imprévus que Il-dvy tire d^ la |»ile de Volta. Mais c'est â partir de Tannéf- |K-2n. >î renianjuable dans l'histoire dt-s soient-es jiar li 'i*rr;oij v#-rte d'Oer^led, que la tâi lie de celui qui veut suivre joor a jour 1^ riiouveuieot imprimé a l'eleclricite devient 4'ijr''ire plu"^ ditTif'ile. D'abord il assiste à la crcatiun de cette Iii<jnche toijlr nouvelle des sciences qui comprend, sous le nom d'e/'v/r/M/yriawjiyi/e, les lois générales de l'électricité en mouvement. L'étude pleine d'intérêt qu'il fait des travaux d^- Ara;io. di-s .\nipere, des Faraday. les créateurs de cette pai tie de la physique, est constamment interrompue par des découvertes d'un ordre tout différent. C'est Seebeck qui trouve b*s courants thermo-électriques; c'est Becquerel, c'est \ohili qui les analysent en même temps qu'ils créent l'élcitr^f-chîmie. Cest Marianini, Matteucci et Ihibois-Reymond qui, reprenant les travaux de Galvani et de Volta sur I «rU" tricité animale, donnent à cette partie de la physioloj^ie un déveioppeuient qui menace de Tenvahir tout entière. Ce Nont des travaux sur la théorie de la fdie et ses effets que iiK'ttf'iit au jour un ^rand nombre de physiciens tels que f)jini, Pouillet, Fechner, Faraday, etc., parmi lesquels lij^ure aussi V'AwUiwv lui-même du présent traité. C'est une succession non interrompue de nouvelles recherches sur les phénomènes nia^rnétiques, chimiques, calorifiques et lumineux que produisiMit les courants et les décharges électriques, ainsi que ^wv les applications dont ces propriétés de l'électiicité