‹ Traité d'électrochimieChapitre 28 sur 65 · DE PARTICULES EN SUSPENSION ET DE COLLOÏDES · texte numérisé non relu

DE PARTICULES EN SUSPENSION ET DE COLLOÏDES

ËLECTROSTÉNOLTSE

Déjà en 1807, Reuss avait fait Tobservation que dans réiectroljse de leau divisée en deux parties par un capillaire ou un système de capillaires (diaphragpme),]!}* a transport de l'eau de l'anode à la cathode. Pour les solutions meilleures conductrices ce phénomène que Ton nomme endosmose électrique n'est pas très apparent. Quincke et G. Wiedemann no tamment ont depuis fait des recherches dans cette direction et ont été amenés à la conclusion suivante pour un liquide déterminé : La quantité de liquide transportée dans des temps égaux à travcrsla paroi d'argile est directement proportion^ nelleà Vintensitédu courant et toutes choses égales d'ailleurs indépendante de V épaisseur de la paroi et de sa surface.

En 1809 Reuss remarqua que des particules solides, arçile par exemple, se déplaçaient aussi dans l'eau avec le courant nég'alif, et dans ces derniers temps Coehn montra qu'il en était de môme pour des corps colloïdes tels que la dextrine, l'amidon incapables de s'ioniser, alors que les oxydes métalliques se comportaient d'une manière plus compliquée.

L'adjonction de faibles quantités de certains corps par exemple de traces d'alcalis ou d'acides peuvent dans de nombreux cas chang-er le sens du mouvement (1).

{i ) Voir à ce sujet les travaux récents <le J. Perrin. Ck>{nptes rendus, 1903 (N. d. T.).

MIGRATION DE PARTICULES i44

Gomme nous le verrons par les recherches qui suivent le courant électrique exerce une force directrice non seulement sur les ions, mais aussi sur les autres corps déplaçables. Pour expliquer ces faits il suffit d'attribuer une charge électrique à ces corps et cela nous paratt plausible d'après les déduètioQs de Helmholtz. A la surface limite de Teau et du verre, par le contact de deux milieux hétéro^^ènes doit naître une charge électrique, une couche double, dont l'existence nous paratt compréhensible d'après les recherches sur Télectricilé de contact et de frottement. Si nous provoquons par le passagfe d'un courant une chute de potentiel dans le liquide la partie positive de la couche double sera attirée par le pôle négatif et la partie négative par le pôle positif. Ainsi se produit un déplacement des deux autres couches qui pour une force suffisante du courant peut conduire à de véritables mouvements ; la couche liquide mobile suivant sa charge positive ou négative se dirige vers la cathode ou l'anode par frottement, entraîne les parties les plus voisines ou môme le. liquide total s*il s'agit de tubes étroits. Inversement par une énergique pression du liquide à travers un capillaire on peut faire que la couche d'eau chassée électriquement qui adhère à la paroi soit entraînée par la veine médiane du liquide, ce qui produit un courant électrique. Ce dispositif est tout à fait semblable à une machine électrique ordinaire avec cette seule différence que pour cette dernière les corps en frottemeutsont des solides.

La même explication est naturellement applicable immédiatement à Tentraînement de particules suspendues ; elles jouent le rôle du verre chargé négativement, mais sont mobiles librement et par suite émigrent à Tanode.

II reste encore à répondre à une question : à quelle autre

propriété pouvons-nous rattacher ce fait que l'eau se charge

toujours positivement et se déplace vers la cathode tandis que

les particules qui y sont suspendues émigrent à l'anode ?

Prenons d'autres liquides, par exemple la térébenthine, le

i42 ENDOSMOSE ÉLEGTROLmQUE

phénomène s'inverse, les particules vont à la cathode et la térébenthine à l'anode. La réponse a été donnée par Coehn (1) depuis peu; il a établi et vérifié par de nombreuses recherches que : les corps ayant une constante diélectrique élevée se chargent positivement pw le contact avec des corps de plus faible coustaute diélectrique queux.

L'eau a une constante diélectrique énorme, nous l'avons déjà vu et nous trouvons là une explication de sa migration constante à la catodc.

Nous ajouterons encore à ces observations une remarque qui est en relation étroite avec elles et qui a été faite par Brauu ; il trouva que dans l'élcctrolyse de certaines solutions salines, séparées en deux parties par des capillaires, il se produisait une précipitation de métal dans ces capillaires. Les capillaires préparés en plongeant chaud dans l'eau froide un tube de verre ramolli qui se trouve ainsi traversé d'innom* brables fêlures très fines sont particulièrement propres àla démonstration; ce tube de verre est rempli alors avec le liquide dans lequel on place une des électrodes et l'autre plon{;;^e dans un bécherg-las plein qui contient l'autre électrode. L'explication de telles électroslénohjses a été fournie de nouveau par Coehn (2).

Nous avons vu que pour une différence de potentiel suffisamment grande il se produit un déplacement dans le capillaire de la couche d'eau chargée positivement, et que la paroi de verre reste chargée négativement. S'il y a maintenant des ions métal chargés positivement dans le liquide, ils sont attirés par la paroi de verre et s'y déchargent mais seulement à Télatde traces car aux ions adhèrent de grandes quantités d'électricité. La couche de métal qui sert comme conducteur intermédiaire ne pourra pas augmenter car à une de ses extrémités

(1) Wio.l. Aiin. 64.1). 217, 1808.

(t) Zeitschr. f. Kh-ctiocli. 4, p. :)01, 1898. Zoilscbr. f. pliysik. Clicmio25, p. Cil, 18U8.

Page 1