Plusieurs praticiens préconisent un courant à potentiel
plus élevé au commencement de Topération. Aussitôt que la surface de la pièce est blanchie, ils diminuent la force électromotrice et arrêtent dès que Ton voit quelques bulles de gaz monter à la surface du bain. M. Sprague indique 5 voiu pour commencer et i voit pour finir. Il faut en effet au début nn dépôt énergique, pour obtenir l'adhérence voulue entre le nickel et le métal à revêtir, mais ce résultat obtenu, il est préférable de réduire la force électromotrice à son minimum ou à peu près, pour éviter la production d'hydrogène, qui tendrait à s'interposer entre les molécules du dépôt en le rendant poreux et écailleux.
8. Les objets sont généralement retirés du bain dès que le dépôt est devenu gris bleuâtre.
138. Traitement au sortir du baiu. En sortant du bain, les pièces doivent être rincées à l'eau froide puis à Teau chaude, passées à la sciure chaude, polies avec de la chaux ou du rouge d'Angleterre et finalement séchées à l'étuve.
Cette dernière opération est surtout nécessaire quand les pièces sont en métal facilement oxydable (fer, fonte, acier) ou présentent des creux difllciles à atteindre. On prévient encc^e plus efficacement l'oxydation en les faisant bouillir dans l'huile.
Le polissage des pièces nickelées est assez difficile et sauvent négligé à cause de la dureté de la couche de nickel.
On doit préalablement faire un nettoyage soigné au moyen de brosses en soie de cochon animées d'un mouvement de rotation rapide ; puis on frotte avec une bouiUie de craie. On se sert ensuite de disques de feutre saupoudrés de chaux très fine ou de rouge dur et, pour finir, d'un disque de laine. Les pièces ainsi traitées présentent une belle surface blanche miroitante. On les lave à grande eau pour enlever les traces de poudre et de laine, puis on les sèche dans la sciure de bois chaude.
Si les objets présentent des cavités, on polit celles-ci à Faîde d'une véritable toupie rotative garnie de drap et de poudre.
i->^ Les petits objets sont polis en bloc dans un sac de toile ou
-mn tambour rotatif contenant de la sciure.
^' 139- Renickelage. Les pièces à surface soufflée ou écaillée doivent être retraitées à nouveau après enlèvement de
.la couche de nickel. Le métal des objets est remis à nu de la
■ façon suivante : On les attache à un fil de cuivré, par lequel on les saisit pour les plonger alternativement dans un bain d'eau bouillante puis dans une solution composée de ;
': Acide sulfurique ... 4 m.
Acide nitrique .... 500 gr.
Eau 500 "
Nitrate de potasse. . . 500 »
jusqu'à réapparition du métal des pièces. La première immer-
,.sion dans le bain acide ne doit pas durer plus d'une demiminute; les suivantes durent de moins en moins à mesure qu'on approche de la fin. Souvent d'ailleurs, il suffit d'une ou de deux immersions. C'est surtout. avec les pièces de cuivre ou de laiton que cette opération est délicate ; il faut éviter en effet l'attaque de l'objet lui-même, ce qui altérerait le poli de la surface.
440. Durée des bains. Les bains employés dan3 le nickelage peuvent être conservés très longtemps sans altération, à la condition de les couvrir hermétiquement pendant les aiTêts en les préservant ainsi des poussières et d'y ajouter de /temps en temps, surtout en été, un peu d'eau pour obvier à l'évaporation. L'altération de la solution se manifeste par un des effets suivants :
1. Dépôt de cristaux verts sur les anodes ou sur les parois du bain. — La solution est trop concentrée. On détache les
. cristaux pour les redissoudre dans de l'eau bouillante et l'on verse la solution dans le bain.
2. Solution brunâtre ou incolore, de bleu verdâtre ou émeraude qu'elle était. — Le bain est sale et n'est plus propre au lûckelage.
3. Objets nickelés de couleur jaunâtre. — Cette couleur jaunâtre est communiquée aux objets par des sels basiques. La solution est trop alcaline; on la sature au moyen d'un acide faible tel que l'acide citrique.
On peut remédier à cette couleur jaunâtre des objets en les plongeant quelques secondes dans un bain spécial acidulé à Tacide chlorhydrique pur ou à Tacide nitrique, dans lequel ils reçoivent un courant en sens inverse qui dissout les sels basiques et rend au dépôt sa blancheur (Pfanhauser).
Les bains trop sales ou trop vieux sont traités pour en retirer le nickel. On peut :
1. Continuer le nickelage avec des anodes en platine ou en charbon jusqu'à épuisement du bain, en ayant soin de neutraliser de temps en temps Facide qui se libère continuellement, par une addition de bouillie de craie que Ton répartit bien uniformément dans le liquide.
2. Quand le métal précipité n'est plus assez pur pour donner un revêtement convenable, opérer comme précédemment en remplaçant les pièces à nickeler par des cathodes en charbon. La couche de métal déposée sur les lames de charbon est ensuite dissoute par une immersion dans un bain d'acide nitrique et la solution évaporée à siccité.
3. Précipiter le nickel à l'état de sulfate double ammoniacal, en ajoutant au bain une solution saturée de sulfate d'ammoniaque. Le sel double se précipite si l'on a soin de remuer constamment ; on pousse jusqu'à obtenir un liquide incolore.
141. Nickelage du zinc. Il n'est pas possible de nickeler directement les pièces de zinc, à cause de la faciUté avec laquelle ce métal se dissout dans les bains de nickelage. Si le bain contient du zinc, les objets noircissent et se recouvrent de stries; il faut le rejeter immédiatement. Pour arriver à pouvoir nickeler le zinc, on le recouvre d'abord d'un dépôt intermédiaire de cuivre [voir le cuivrage § 157] qui s'attachera d'autant mieux que l'objet en zinc aura été mieux
poli. On n'a pas toujours recours à cette dernière précaution, mais alors on risque de laisser aux objets une surface poreuse sur laquelle le cuivre s'attachera plus difficilement; les surfaces pourront être tachées. Les pièces de zinc bien cuivrées se nickellent sans difficulté dans les bains ordinaires. M. Meidiiîger remplace le cuivrage intermédiaire par une amalgamation, pour éviter la manipulation de bains contenant du cyanure de potassium, ce qui est toujours dangereux. Il prétend aussi obtenir par ce moyen un meilleur nickelage, mais l'amalgamation est une opération délicate et qui doit être bien ménagée, si l'on veut éviter que le zinc ne devienne cassant.