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TRAITEMENT DES TROUBLES FONCTIONNELS ; INSOMNIE

états d'anxiété pathologique, battements de cœur, etc. Cette affection se manifeste sons d'innombrables nuances.

Galvaniquement, on doit la traiter, en traversant la tète, longitudinalement, tranversalement et obliquement, avec des courants entièrement faibles et stables. D'après Lôwenfeld, il faudrait peut-être déterminer la direction des courants plus exactement, de façon à ce que, dans le cas de congestion, on applique sur le front le pôle positif et, dans des cas d'anémie, le pôle négatif sur le devant du front, etc. Bien des fois il est aussi utile d'employer successivement les deux directions de courants. On peut aussi essayer une méthode polaire rigoureuse, en plaçant l'un des pôles (la grande électrode à tète) sur le vertex et sur le sinciput, l'autre, aux pieds, suivant le choix, l'An ou la Ka à la tète, d'une à cinq minutes. On peut encore appliquer ce procédé pour l'emploi de la galvanisation centrale, d'après Beard (voir plus haut, page 251). Enfin, dans beaucoup de cas, la galvanisation du sympathique et de la moelle cervicale, d'après les méthodes connues, est d'une grande utilité.

Pour le traitement faradique, on recommande en première ligne une douce faradisation de la tête au moyen de la « main faradique » ou de la grande électrode à tête. Le mieux est de traverser la tête longitudinalement (le pôle positif en avant) ou bien aussi une application unipolaire à la tête, tandis que l'autre pôle se trouve aux pieds. De la sorte, on a déjà préparé la transition vers la faradisation générale (voir plus haut, page 248) qui, dans beaucoup de cas, est d'une très grande utilité. Rumpf paraît aussi avoir obtenu d'excellents résultats en employant, pour Ja peau, le pinceau faradique dans quelquesunes des formes morbides rentrant dans celte question.

Commencez, en pareil cas, avec précaution, en ayant de faibles courants et de courtes séances ; ces malades-là sont souvent très irritables. Si les débuts sont supportés patiemment, vous pouvez passer à des actions plus énergiques, surtout avec le courant faradique. Les séances galvaniques ne doivent pas durer plus de i §, 3 ou o minutes. Avec la faradisation, on peut aller de 5 à 10 minutes. On peut tenir de trois à six séances par semaine. Il faut ordinairement faire durer le traitement pendant un assez long espace de temps.

Les insomnies qui, chez tant de malades, jouent un si grand rôle et sont pratiquement très importantes, peuvent être traitées absolument de la même manière. L'expérience de tous les thérapeutes leur a souvent appris que, par le traitement électrique des parties les plus diverses du corps, mais surtout de la tête et du cou, on provoque assez fréquemment une envie de dormir évidente et que le sommeil, d'abord inquiété et troublé, devient ensuite meilleur, plus profond et souvent tout à fait normal. Voilà pourquoi on se trouve autorisé à soumettre

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pareillement ce symptôme fâcheux à un traitement électrique direct. A cet effet, vous pourrez employer toutes les méthodes que je viens de vous indiquer pour le traitement de la névrosthénie cérébrale. Les résultats sont souvent étonne mment favorables (voir plus haut l'observation 3). Dans beaucoup de cas, le bain électrique paraît aussi exercer une action très salutaire, parallèlement à la laradisation générale. Enfin, je puis aussi recommander, pour différents cas, le port d'un simple élément galvanique à la tête (voir plus haut, pages 256 et suivantes).

Parmi les modifications anatomiques plus palpables du cerveau, il faut ranger tout d'abord les (roubles de la circulation qui deviennent occasionnellement l'objet d'un traitement électrique, comme par exemple Yhypérémie et Vanémie du cerveau. On peut ici se laisser guider par les indications de Lôwenfeld : direction longitudinale du courant galvanique à travers la tête; dans l'bypérémie l'An sur le front; dans l'anémie, la Ka sur le front (c'est-à-dire plus exactement sans doute dans Fhypérémie, la Ka. dans le voisinage des centres vaso-moteurs, dans la moelle cervicale ; dans l'anémie, l'An, ibidem à la nuque). — Joignez-y le traitement convenable du sympathique du cou et de la moelle cervicale. De plus, il y avait à rechercher pour le sympathique si l'emploi du pôle négatif ou du pôle positif sur le ganglion supérieur exerce une influence différente sur la circulation. Un courant faradique modéré, longitudinal et traversant la tête peut bien aussi agir sur la circulation dans le crâne (Lôwenfeld) ; il en est de même d'une action réflexe ayant la peau pour point de départ, au moyen du pinceau faradique, ce qui a donné de bons résultats à fUimpf dans les hypérémies. On se demande si le même procédé pourrait être utile aussi contre l'anémie avec des courants relativement plus intenses.

Mais l'objet de beaucoup le pins fréquent et peut-être aussi le plus important de tous pour l'électrothérapie de cette sphère a été de tout temps l'hémorragie cérébrale, l'apoplexie cérébrale avec ses paralysies consécutives, hémiplégies ou monoplégies, avec ou sans anesthésie simultanée, avec ou sans contractures secondaires, aphasie ou anarthrie, déviation de la langue ou du visage, participation des organes du cerveau, etc. Ces formes de maladie, extrêmement fréquenles, ont été jadis les seules affections cérébrales que l'on ait traitées par l'électricité; à l'époque de la faradisation, on n'a agi que sur la périphérie, et depuis, à l'instar de R. Remak, aussi directement sur le cerveau et sur le foyer de la maladie lui-même.

TROUBLES DE LA CIRCULATION ; HÉMORRAGIE CÉRÉBRALE 31 î

Ici, avant toutes choses, se présente à nous la question bien des fois débattue de savoir quand, à quel moment, après le début de l'hémorragie et de la paralysie on peut commencer le traitement électrique, quand il doit être institué? A celte question, on a répondu de bien demanières différentes ; d'un côté, Remak a voulu utiliser les actions eatalytiques du courant, pour la résorption plus rapide de l'extravasat et pour combattre l'inflammation réactive ; il conseille donc de commencer le traitement galvanique de très bonne heure, une ou quelques semaines après le commencement de l'héinorrhagie ; d'un autre côté, quelque savants, craignant une excitation inopportune et la recrudescence de l'hémorragie, ont recommandé instamment de ne pas entreprendre trop tôt le traitement électrique et d'attendre au moins six mois après l'hémorragie. La vérité pourrait ici, comme souvent, se trouver dans le juste milieu. Le plus grand mérite, dans une guérison, revient incontestablement à la nature et nous ferons bien de déranger le moins possible le procédé que suit la nature et d'attendre patiemment qu'elle ait développé et réglé son plan. En tout cas, immédiatement après l'hémorragie, il faut être prudent, pour accorder du repos au cerveau, aux vaisseaux et au cœur si excitables. D'autre part, avec un peu de prudence dans l'emploi du courant, on ne court pas un grand danger assurément. Je commence donc, en pareil cas, le traitement électrique, environ trois ou quatre semaines après le commencement de la paralysie . Dans des cas très légers, on peut s'y prendre encore plus tôt ; mais, dans des cas plus graves, et quand on a affaire à des individus très irritables, que la circulation est fort excitée et que les vaisseaux sont malades sur une large échelle, on fera peut-être bien d'attendre encore plus longtemps. Ici encore, les différents cas varient naturellement beaucoup.

Une grande prudence, cela va de soi, est de rigueur dans toutes ces maladies, où il faut tenir compte de l'état de la circulation, des anévrismes miliaires et du danger de nouvelles hémorragies dont ils peuvent être cause, surtout quand il s'agit d'individus déjà fort avancés en âge. Naturellement, pour le traitement direct des hémorragies cérébrales, il ne faut prendre exclusivement en considération que le courant galvanique. La méthode de son emploi consiste à traverser la tête longitudinalement, transversalement et même, si c'est possible, obliquement, de la manière déjà plus d'une fois indiquée. Gomme il s'agit le plus souvent d'hémorragies dans la région des gros ganglions de la capsule interne, ce sera la direction transversale à travers la partie postérieure des tempes, qui entrera en première ligne ; il en sera de même de la direction oblique, allant de cette réyion à la nuque. Plus les symptômes indiqueront qu'il s'agit d'un foyer dans le voisinage de la face supérieure du cerveau (troisième circonvolution

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frontale, aphasie, circonvolutions centrales), plus vous avancerez vers cette place avec l'autre électrode (voir fig. 28, page 262). On a l'habitude de placer l'An du côté de la lésion, dans la croyance qu'elle agit d'une manière moins excitante et qu'elle est moins dangereuse ; mais on peut se demander s'il n'y a pas moyen quelquefois de s'y prendre autrement, car il est difficile de décider si, dans des cas pareils, on doit accélérer ou ralentir la circulation. Gela doit probablement varier suivant les cas : au bout du compte, la question n'est pas aussi importante qu'on pourrait le croire. La durée et la fréquence des différentes applications se règlent selon l'habitude. Ajoutez ensuite à cela la galvanisation bilatérale du sympathique, d'après la méthode connue.

Dans tous les cas quelque peu anciens, surtout dans ceux avec contractures clans les parties paralysées (par dégénération descendante des voies pyramidales), vous emploierez utilement la direction oblique, parce qu'ainsi, toute la voie de conductibilité motrice jusqu'aux pyramides, est impressionnée. — A cela vous joindrez ensuite le traitement de la moelle épinière, tel que je le décrirai plus tard.

En outre, on fera bien, presque toujours, de ne pas négliger le traitement symptomatique périphérique : contre la paralysie, vous emploierez labilement la Ka d'An étant appliquée à la nuque); vous fermerez à plusieurs reprises le pôle négatif ou vous faradiserez les nerfs et muscles paralysés : contre Yanesthésie, on peut employer le même procédé ou les méthodes de A'ulpian et de Rumpf ; contre les contractures, vous pourrez renouveler les expériences de Remak : relâchement des muscles par de forts courants stables ou une interruption réitérée du courant ou par des courants faradiques très forts ; ou, d'après Lange : forte faradisation des muscles contractures, puis leur extension passive, fixation de l'extrémité dans la plus grande extension possible, sur une attelle, puis légère faradisation des antagonistes plus fortement paralysés (des extenseurs). Contre l'aphasie, l'anarthrie, les difficultés quelconques de déglutition, L'hémianopie, la surdité, etc., les méthodes usuelles. Pour toutes ces questions, je vous renvoie à mes futures leçons.

Les résultats du traitement électrique dans \e> hémorragies et leurs conséquences, sont excessivement variables, maintes fois brillants, souvent négatifs, à tel point, que l'on ne peut guère communiquer à cet égard, des données plus positives; mais, en tout cas, ta tentative d'un traitement électrique est justifiable dans presque tous les cas.

Contre les foyers de ramollissement du cerveau, produits par la thrombose et l'embolie, la névrose anémique avec ses conséquences ordinaires, depuis l'attaque d'apoplexie jusqu'à l'hémiplégie avec contractures, aneslhésie, aphasie, etc., il faut employer le même procédé que pour les hémorragies, d'autant plus que, bien des fois, on est dans l'impos-

AUTRES LÉSIONS ANATÛMIQUES 313

sibilité d'établir, avec certitude, le diagnostic des deux formes de l'hémiplégie apoplectique.

Ici peut-être, faudrait-il surtout tendre à augmenter l'afflux du sang, rétablir et favoriser la circulation collatérale. Ainsi dans la direction longitudinale, à travers la moitié correspondante du crâne il faut placer l'An à la nuque, et dans la direction transversale, l'appliquer du côté de la lésion. Au reste vous devez agir ici absolument comme pour les hémorragie cérébrales.

Contre les autres lésions anatomiques du cerveau, telles que l'inflammation, les dégénérescences, l'atrophie, la sclérose, l'hydrocéphalie, etc., le procédé électrothérapeutique est en général identique.

Dans les formes de maladie plus diffuses (méningite chronique, périencéphalite diffuse, sclérose multiple, hydrocéphalie, etc.), on recommande spécialement un courant dont le trajet traverserait longitudinalement le crâne ou obliquement des deux eûtes au moyen de très grandes électrodes (et sans doute aussi avec une direction de courant alternante à cause des actions catalytiques désirées) ; en outre, le traitement du sympathique et de la moelle cervicale. Par forme d'essai, vous pouvez en tout cas, employer l'action réflexe, à partir de la peau et, de plus, la faradisation générale et la galvanisation centrale.

Dans des maladies nettement locales, les applications doivent naturellement concorder avec le siège de la lésion ; ajoutez-y éventuellement le traitement symptomatique et périphérique commandé par un cas isolé.

Il ne faudra pas, dans de pareils cas, perdre tout de suite courage, Messieurs ! Il survient quelquefois, même dans de graves maladies organiques, des améliorations et des guérisons tout à fait inattendues; je me souviens moi-même de trois cas, dans lesquels des lésions organiques indubitablement graves (avec amaurose, violent mal de tète, vomissements, paralysies partielles, crampes, etc.,) de sorte que le diagnostic indiquait presque avec certitude une tumeur et dans lesquels cependant, contre toute attente, se manifesta une amélioration durable et presque une guérison. Dans un autre cas de maladie grave, en apparence désespérée, du cerveau (et des méninges), avec de sérieux accès d'épilepsie, une démence très accentuée, un tremblement intense et général, une parésie avec tensions musculaires et exagération des réflexes tendineux, etc., se manifesta, après un traitement mixte (électrique et médicamenteux, etc.), qui avait duré plusieurs années, une amélioration extraordinaire sous tous les rap-

ports. IV- cas semblables ravivent le courage chancelant et la perse, vérance en fait de traitement : car s'ils font espérer d'une manière générale la possibilité et la tendance à une réorganisation et à une guérison, l'amélioration peut certainement être hâtée par un traitement électrique prudent et judicieux.

Je veux encore mentionner un peu plus spécialement les maladies bulbaires seules, qui forment la transition aux maladies de la moelle épinière, mais qui sont rangées parmi les affections cérébrales, a cause de la place que la moelle allongée occupe dans le crâne et de ses rapports intimes avec les nerfs du cerveau, en fait de traitement él ectrothé rapeu tiq u e .

La forme la plus fréquente des maladies bulbaires, la paralysie progressive bulbaire (l'atrophie musculaire progressive, dans la région des noyaux moteurs de la moelle allongée), doit assurément être déclarée incurable ; les prétendues guérisons de cette maladie, racontées par Benedikt. se rapportent à d'autres formes de maladie. Quoi qu'il en soit, on peut, même dans cette affection, obtenir par le traitement électrique quelque soulagement, un état momentanément stationnaire ou du moins des arrêts à la marche trop rapide de la maladie. Mais il existe encore toute sorte de formes de maladie du bulbe, contre lesquelles l'électricité peut souvent rendre des services satisfaisants et même éclatants ; j'ai moi-même publié différents cas de ce genre (voir plus haut les observations 16 et 17) ; quelques-unes des observations de Benedikt rentrent dans la même catégorie.

La méthode du traitement, le traitement direct seulement au moyen du courant galvanique, consiste à conduire le courant transversalement d'une façon stable à travers les processus mastoïdes (attendu qu'il s'agit le plus souvent d'une maladie latérale — avec une direction du courant alternante ou longitudinalement, du front à la nuque, incidemment aussi suivant une direction oblique déjà souvent mentionnée. Le seul point réellement important, c'est que la moelle allongée soit toujours placée exactement entre les deux électrodes. Ajoutez-y ensuite de nouveau la galvanisation du sympathique et de la moelle du cou (en montant ou en descendant, stablement et labilement, à travers la colonne cervicale, depuis les vertèbres supérieures de la poitrine jusqu'à la nuque). — Dans la plupart des cas, il est Inutile de provoquer une série de mouvements de déglutition, de la manière indiquée plus haut (page 117) de dix à vingt, dans chaque séance ; de plus avec cela, la galvanisation périphérique et la faradisation des régions névro-musculaires participant, d'une manière prépondérante, à Ja paralysie et à l'atrophie (langue, lèvres, voile du palais, éventuellement aussi, muscles des yeux et delà mastication, phrénique, etc.).

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Le traitement de ces maladies bulbaires exige le plus souvent de faibles courants, de courtes séances et delà persévérance.

Dans des maladies cérébrales réellement incurables, vous ne pouvez que très rarement soulager le patient à l'aide du courant électrique. Toutefois vous pourrez, dans certains cas, experientia docet, essayer si vous ne pourriez pas, par hasard, agir favorablement sur quelques symptômes, tels que le mal de tête, les insomnies, L'état moral, ou l'anesthésie, la paralysie, les troubles de la vue, les difficultés de la déglutition, etc., au moyen du courant électrique et adoucir de la sorte les souffrances des malades. Les processus à suivre devront naturellement êlre conformes à ce que nous avons dit jusqu'ici.

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