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PSYCHOSES. ACTIONS DE COL'KANT UTILISABLES

parties les plus compliquées du système nerveux. Qu'est donc un anélectrotonus du cerveau, des centres vaso-moteurs ? Qu'en savons-nous donc? Je suis certainement le dernier qui ait voulu nier les faits acquis par Arndt, qui n'ait pas voulu reconnaître l'effet différent des pôles ; mais contentons-nous d'abord des faits et cherchons ensuite à en augmenter le nombre, à les contrôler, au lieu de les entourer dès à présent d'explications aussi hypothétiques et de lancer peut-être toute la recherche dans une fausse direction. En tout cas, le fait des différentes affections thérapeutiques des deux pôles, mis par Arndt au-dessus de toute contestation, est du plus haut intérêt et il y a urgence à l'élucider.

Enfin l'action excitante des courants électriques peut être utilisée en psychiatrie ; cela est constaté tout d'abord par l'excitation périphérique des nerfs de la peau et des muscles, excitation de laquelle on peut attendre une influence modifiante sur la fonction et la circulation des organes centraux. Peut-on aussi utiliser une action directement excitante sur le cerveau et la moelle épinière, spécialement sur la moelle cervicale ? C'est là une question encore à résoudre ; toutefois, le fait est probable, et l'on pourrait s'occuper ici d'une partie des effets revendiqués par Arndt comme clectrotoniques.

Je suis trop peu expérimenté sur ce terrain vaste et difficile pour pouvoir établir des règles péremptoires, en ce qui concerne le traitement électrique des psychoses ; je me borne donc à de courtes indications, à de simples conseils, qui seront peut-être utiles aux personnes disposées à étudier la question d'une manière plus spéciale.

En première ligne, vos recherches se porteront sur des cas récents et relativement faciles à traiter, particulièrement sur les états psychopatiques, plus vagues et encore incomplets, sur les anxiétés morbides, avec insomnies, n'ayant pas encore de caractère bien prononcé, etc. ; à ces cas convient bien la simple direction longitudinale (ou la direction oblique) à travers la tête, à peu près suivant la méthode de Neftel. En cela vous pourrez choisir la direction du courant, éventuellement, d'après les indications de Lowenfeld (voir plus haut, page 303) ; vous pourrez en outre accomplir la galvanisation simultanée du sympathique, et, éventuellement, celle de la moelle cervicale.

Si ces cas se relient à une forte anémie, à une faiblesse et à une apathie générale, à une quasi impuissance de la digestion, etc., on est au. torisé à essayer la faradisation générale, alternant peut-être avec le traitement galvanique,

Dans des cas plus graves et plus accusés, dans la mélancolie caractérisée, dans la stupeur et dans les affections analogues, dans l'excitation maniaque, dans la catatonie, dans les psychoses hystériques et réflexes, etc., vous ferez bien d'imiter Arndt, en appliquant avec une Srb. — Électrolhérapie. 21

énergie suffisante, une intensité et une durée croissantes (mais avec prudence !), l'action grandissante et unipolaire du courant galvanique sur la ièle. la nuque, le sympathique, etc., tandis que le pôle indifférent est appliqué aux pieds et à l'abdomen (c'est donc à peu près « la galvanisation centrale » de Beard. voir page 25 1). Le choix de l'électrode différente dépendra alors particulièrement de la qualité des troubles somaliques en présence (principalement vaso-moteurs, circulatoires et respiratoires) et de la direction, exaltation ou dépression des anomalies psychiques. Dans des états d'excitation prononcée fc'està-dire surtout dans des périodes initiales) choisissez le pôle positif; dans les états accentués de dépression et de marasme, dans les phénomènes de faiblesse vaso-motrice et de paralysie (c'est-à-dire particulièrement dans les périodes finales, comme par exemple dans la mélancolie secondaire, dans la mélancolie stupide), prenez au contraire le pôle négatif. Mais n'oubliez pas alors que l'essai décide d'abord de tout et que, maintes fois, c'est précisément le pôle contraire à vos présuppositions théoriques qui se montre le plus efficace.

On ne sait pas encore au juste si des résultats de l'exploration électrique, on peut déduire des règles pour le choix thérapeutique du pôle di fièrent : quand l'excitabilité s'accroîtra sous vus yeux (élévation quantitative, apparition prématurée de la secousse de fermeture du pôle positif, faible apparition de la secousse d'ouverture du pùle positif), il faudrait alors choisir le pôle positif; si l'on constatait leur dépression, on choisirait le pôle négatif. Nous possédons, à vrai dire, un recueil d'expériences approfondies sur l'excitation électrique des aliénés (fait particulièrement par Bénédikt et Von Tigges), mais ces expériences ont présenté une telle variété de phénomènes et datent encore du temps où l'épreuve d'excitabilité quantitative n'était pas encore bien connue, si bien que l'on ne peut en déduire des conclusions péremptoires.

Si les méthodes précitées ne conduisent pas au but, on peut en essayer encore d'autres. Quand il y a stupeur, état presque stupide ou simple dépression, on peut aussi employer le courant faradique, sous forme d'excitation électrocutanée, sur plusieurs points, ou mieux encore, sous forme de faradisation générale.

Dans la mélancolie périodique, il y a, outre le traitement de l'accès même (traitement qui d'ordinaire ne mènera pas au but), celui qui concerne les intervalles lucides pour les prolonger, en d'autres termes, pour empêcher le retour de l'accès ; je vous prie instamment de faire des expériences à cet effet. Comme méthode de traitement, en pareil cas, je vous recommande tout d'abord la galvanisation de la tête, peut-être aussi le port régulier, sur la tête . d'un simple élément galvanique voir la page 257). Dans la démence paralytique, il faut traiter

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