RÔLE DE L'ÉLECTROTHÉRAPIE ; MÉTHODES
Mais la chose devient plus difficile, quand il s'agit de la paralysie de nerfs mixtes et périphériques et que la conductibilité sensible est interrompue en même temps ; voir (a) au schéma de la figure 38. Une excitation de la peau au point (h) n'aura ni aucune influence sur la paralysie motrice ; elle viendra se briser sur le point-obstacle (a) et elle ne pourra produire aucune excitation réflexe de la voie motrice; si l'on veut atteindre ce but, on doit recourir plus en avant ou plus en arrière à des voies qui amèneront l'excitation réflexe (ou bien aussi à des voies situées à une hauteur égale sur l'autre partie du corps); dans notre schéma (fig. 38), par exemple, la voie (h), qui d'ailleurs, est en relation réflexe avec (m), (indirecte, exprimée par CieS lié- Schéma (l'une paralysie faciale périphérique et l'action électrique, qu'on i V M " i» - exerce sur elle par voie réflexe en partant du trijumeau. VII = nerf facial
ClieS). MaiS Cl après V = nert trijumeau, m = muscle, h = peau, distribution périphérique . . . . du trijumeau, c = organe central, m. allongée, a = siège de la lésion dans
les 101S phV310lO£'l- le facial. e = l'excitation électrique appliquée à la peau. Le processus r J d'excitation électrique achève son cours dans la direction des flèches.
ques connues, cette
excitation réflexe finira par devenir bien plus faible qu'elle ne l'est dans l'usage de l'arc réflexe naturel et le plus court. Mais avec l'excitation électrique de (h) on peut arriver à un autre résultat : l'obstacle à la conductibilité sensible, au point (a), peut être vaincu, la conductibilité sensible être ainsi rendue libre ; l'arc réflexe le plus court s'ouvrir pour l'excitation centrifuge de la voie Rm. On rendra donc alors possible une action plus directe sur la paralysie. Le même avantage nous échoit, quand (et cela arrive souvent) la conductibilité sensible est, dans ces lésions périphériques, rétablie plus tût que la direction motrice ; alors la voie sensible se laisse immédiatement utiliser pour l'excitation réflexe. Une partie des guérisons, que l'on obtient souvent, par le traitement faradique ct galvanique, au-dessous du point de la lésion, dans des paralysies périphériques, repose, je n'en doute pas, sur des processus qui se comportent suivant tel ou tel schéma.
Mais la chose devient encore plus compliquée et plus difficile dans les paralysies centrales, si l'arc réflexe le plus court et le plus tôt utilisable, se trouve au-dessous du point de lésion (dans la figure 38, l'are Erb. — Êlectrothérapie. 25
Figure 37,
386 l'ARALYSlE ET ATROl'HIE
réflexe h' Il m , quand la lésion se trouve près d'à'), naturellement, son excitation n'a aucune influence directe sur le foyer du mal, ni par conséquent sur la paralysie, surtout si, dans le même instant, la direction sensible est entravée à la hauteur de a\ Il s'en suit que les paralvsies spinales et aussi cérébrales, dans lesquelles les réflexes sont conservés ou surexcités, ne peuvent pas ou très peu, être influencés
sur cette voie réflexe. On ne peut se figurer cela que si, la direction sensible étant maintenue, l'excitation réflexe agit sur a\ dans une direction centrifuge, par des détours ou par des voies sensibles plus éloignées (ce qui, d'après des faits physiologiques connus, n'offre aucune difficulté) ; pour cela, on sera forcé d'utiliser de préférence les voies réflexes établies plus en avant. Comme il existe aussi, sans doute, des réflexes produits par l'écorce cérébrale et naissant peut-être dans les centres corticaux moteurs ou même au delà (ils sont à la vérité peu connus et peu accessibles aux études physiologiques, vu que l'on ne peut guère éliminer les arcs réflexes situés plus bas). On acquiert ainsi la possibilité d'utiliser l'excitation réflexe ^^ venant du centre et cela grâce à l'irritation dtattoBêScïïi^ë^^dirêe^nse^iwë électrique, venant d'un endroit quelconque
des racines postérieures . vo = direction . , , ., , 1 »\ n n
moti ice et racines autei iemes. a = point de la peau (sur te cote paraivse). L>eue
de la lésion comprise dans l'arc réflexe ■ , , ,
ucm. possihbité existe pour les paralysies de
n'importe quel siège (par exemple aussi pour une lésion a", dans notre schéma, laquelle occuperait la région de la capsule interne). A cela, se joint l'avantage que dans beaucoup de paralysies, qui sont précisément ici en question (par hémorragie cérébrale, etc.), la conductibilité sensible vers l'écorce cérébrale est conservée dans son intégrité. Ce fait aussi contribuera certainement à expliquer une partie des succès de la faradisation et de la galvanisation périphériques des paralysies centrales et surtout cérébrales. Cela concorde d'une manière très satisfaisante (Voir plus haut, p. 305) avec les données de Vulpian et de Rumpf, d'après lesquelles, par une faradisation circonscrite au moyen du pinceau, sur la peau de l'avant-bras, dans les hémiplégies avec aneslhésie, la paralysie motrice, le langage, etc., peuvent s'améliorer.
Pour obtenir ces actions excitantes, vous pouvez employer différentes méthodes déjà indiquées dans la partie générale (p. 231) pour