PARALYSIE DES MUSCLES DES VEUX
des muscles paralysés et des voies motrices de conductibilité ; on comprendra aisément que cette excitation soit faible et imparfaite, par suite de difficultés, de nature anatomique et physique ; cela résulte aussi de l'impossibilité de provoquer électriquement la contraction des muscles des yeux. Par suite de cela, on pensa naturellement que les actions curatives notoires de ce procédé, dépendaient d'une excitation réflexe. Benedikt, aussi, a effectivement prétendu que l'excitation de la peau et surtout du trijumeau, est en cela le point important.
Certes, on ne peut nier la possibilité de cette action réflexe ; mais on n'a pas de faits qui démontrent son existence. Quant à moi, je ne sache pas qu'en physiologie, on ait connaissance de relations réflexes et intimes entre la peau du visage et les muscles des yeux. Je me suis aussi vainement efforcé de les constater par une forte excitation faradique de la peau du visage autour des yeux, et, malgré mes nombreuses expériences pour amener, par l'excitation de la peau, une dilatation des pupilles, je n'ai jamais pu découvrir quoi que ce soit en fait de mouvements des muscles externes des yeux. Je ne peux donc pas bien croire à de pareils réflexes et je renonce, quoique malgré moi, à ce moyen commode de combattre la paralysie des muscles des yeux. Au reste, je n'ai guère besoin de dire que les méthodes caractérisées plus haut, servent en même temps à exciter la peau, d'une manière réflexe.
Les résultats du traitement électrique sont très favorables dans beaucoup de cas, surtout, à la vérité, dans ceux qui s'y prêtent. Ce qui est particulièrement évident, c'est que dans beaucoup de cas, l'amélioration momentanée de la paralysie, succède immédiatement au traitement. Les excursions de l'œil deviennent un peu plus larges ; les images doubles se rapprochent davantage. Si cela continue et se répète de jour en jour, on voit bientôt se produire la guérison ; mais souvent le traitement dure plus longtemps, le mieux disparait et l'on peut être forcé d'attendre longtemps la fin de la cure ; c'est surtout là où la motilité absolue grandit plus vite que le rapprochement des images doubles, que l'on doit s'attendre à un traitement de plus longue durée. Enfin, il y a aussi un grand nombre de cas, dans lesquels le traitement galvanique reste infructueux comme tous les autres et ne guérit pas la paralysie des muscles des yeux.
On ne peut guère signaler de points d'appui généraux, qui permettent de prévoir le succès. Ordinairement, les paralysies rhumatismales se guérissent promptement et facilement ; les paralysies traumatiques ne sont pas non plus bien rebelles. Les paralysies de la période initiale du tabès sont, le plus souvent, très favorables à la thérapeutique ; cependant il y a des exceptions à cette règle. On peut en dire autant des paralysies diphtéritiques des muscles des yeux; j'ai toujours Erb. — Electrothérapie. 26
traité inutilement la myosis spinale, avec rigidité réflexe des pupilles, dans le tabès ; la mydriase et la paralysie d'accommodation sont aussi très opiniâtres le plus souvent : mais tout cela dépend des causes.
2° Paralysies des muscles de la mastication (des parties motrices du trijumeau), appartiennent à la classe des grandes raretés. Elles sont, le plus souvent, déterminées par des maladies intracràniennes et surtout de la base ; mais elles peuvent aussi surgir dans certaines maladies bulbaires ; on les voit rarement coïncider avec des maladies cérébrales, situées plus profondément, du centre (protubérance, ganglions centraux, écorce, etc.). De temps à autre elles viennent se joindre à la paralysie, l'atrophie, la perte de l'excitabilité faradique. la réaction de dégénérescence.
Le traitement électrique s'effectue tout à fait d'après le schéma relatif aux paralysies des muscles des yeux : d'abord excitation causale (courant galvanique traversant la région antérieure ou postérieure des oreilles ou obliquement de la région antérieure des- oreilles, vers le côté opposé de la nuque, etc.), puis excitation directe des muscles de la mastication, au moyen du courant faradique ou avec le pôle négatif labile, ou fermetures du pôle négatif, etc., sur les points indiqués (fig. 29, p. 264) ; au reste, il n'y a que les muscles externes de la mastication (masséter, temporal) qui soient accessibles à ce mode de traitement. On peut aussi compter sur une voie réflexe lors de l'excitation des branches sensibles du trijumeau. Les résultats dépendent, cela va sans dire, complètement de la cause de la maladie. 3° Paralysies du nerf facial.
Elles constituent l'un des objectifs les plus fréquents et aussi les plus favorables de l'électrothérapie. Elles défigurent si notablement, elles amènent tant d'autres incommodités, que les malades réclament des soins sans retard ; elles ont été d'autre part si diversement, dans les sens les plus différents, l'objet d'explorations scientifiques spéciales que o'est à peine si, pour quelque autre paralysie, nous sommes aussi bien orientés que pour celle-ci.
Ceci est tout particulièrement vrai pour la paralysie faciale rhumatismale, la forme de beaucoup la plus fréquente et pratiquement la plus importante ; sa symptomatologie, sa manière de se comporter envers le courant électrique, sa thérapeutique sont précisément devenues typiques pour toutes les autres formes de paralysies de la face ; nous allons donc nous occuper tout d'abord et d'une manière complète de cette affection. L'électrothérapie des autres formes pourra ensuite être indiquée en peu de mots.
Rien n'est plus aisé à reconnaître qu'une paralysie rhumatismale de la face ; la physionomie absolument typique, les grimaces, lors des mouvements mimiques et spontanés, l'inocclusion de l'œil, etc., en