‹ Traité d'électrothérapieChapitre 178 sur 290 · PARALYSIE DU NERF FACIAL ; SA NATURE · texte numérisé non relu

PARALYSIE DU NERF FACIAL ; SA NATURE

rapport avec Faction antérieure d'un refroidissement et Ja rapide apparition du mal, tout autre trouble du côté du système nerveux faisant défaut, rendent la constatation vraiment facile.

Plus difficile est déjà la question de savoir où il faut chercher d'une façon précise, le siège habituel de la paralysie faciale rhumatismale et ce qu'elle est dans son essence ; or, de cette solution dépendra, en première ligne, la fixation de la place et du mode d'application du courant.

Eh bien ! l'ensemble des symptômes prouve indubitablement, qu'il s'agit ici d'une lésion du tronc nerveux lui-même et cela dans son trajet périphérique ; on ne peut absolument pas attribuer la paralysie faciale rhumatismale à une cause centrale. En parlant d'une manière plus spéciale, je dirai qu'il faut sans doute chercher le siège de la maladie bien loin, le plus souvent dans la partie du tronc nerveux, située entre l'ouverture de sortie du canal de Fallope et la division du nerf en rameaux du plexus cervical ; de là le processus dans le canal de Fallope, peut s'étendre plus loin et plus haut, plus ou moins loin, rarement jusqu'au ganglion géniculé, presque jamais jusqu'à la base du crâne. Jusqu'où doit-il s'étendre, c'est ce que Ton apprendra, en observant la paralysie simultanée de l'auriculaire postérieur, de la corde du tympan, des muscles de l'étrier, du grand nerf pétreux superficiel, etc. — Consultez à ce sujet les manuels de pathologie nerveuse. Dans la grande majorité des cas, toutefois, l'affection parait se localiser à l'endroit indiqué, dans la fosse auriculo-mastoïdienne et s'étendre de là, suivant les circonstances, plus ou moins loin vers le centre.

Mais la nature réelle de cette affection nous est encore assez peu connue, malgré la fréquence des paralysies rhumatismales de la face: les résultats d'autopsies manquent, mais d'après tout ce que nous savons, on ne peut guère douter qu'il s'agisse ici d'une légère névrite rhumatismale. L'exposition du nerf, dans l'endroit mentionné, la délicatesse de la peau précisément dans cette région, le manque de protection pal" la chevelure ou la barbe, la tendance à la transpiration en ce lieu; expliquent pourquoi les dangers de refroidissement qui menacent une moitié du visage, déterminent si facilement, justement en ce point, une inflammation. D'un autre côté, l'étroitesse du canal de Fallope est cause que même un faible gonflement inflammatoire du nerf, produit une compression notable de ce même nerf et par suite une grave interruption de la conductibilité, tandis que, si le processus se limite au court espace situé en dehors de la trompe de Fallope, il ne présente pour le nerf qu'un danger léger et facile à combattre.

Ce qui concorde tout à fait, avec ce que nous venons de dire, c'est que la paralysie faciale rhumatismale varie suivant les cas, en gravité

et en durée : des cas d'une origine identique en apparence, présentant un ensemble de symptômes tout à fait semblable au commencement ont une marche bien différente; dans une partie de ces cas, la guérison est terminée déjà au bout de deux ou trois semaines ; dans d'autres cas, la maladie dure pendant plusieurs mois, un an et plus, jusqu'à ce que les dernières traces de l'affection aient disparu.

Nous possédons dans l'exploration électrique, un excellent moyen de reconnaître en toute assurance et de très bonne heure, les causes de ces différences, qu'il faut chercher exclusivement dans la gravité de la lésion et dans les modifications qui en résultent, l'atrophie dégénérative des nerfs et des muscles. Gela nous met aussi à même d'énoncer de bonne heure un pronostic exact des paralysies de la face rhumatismales distinctes. Il n'existe peut-être pas d'autre forme de paralysie où l'action de l'excitabilité électrique ait été étudiée si souvent et d'une manière aussi approfondie que précisément dans la paralysie faciale rhumatismale. Et spécialement les conditions de la réaction de dégénérescence n'ont été étudiées tout d'abord et avec soin que dans des cas semblables,

Or, dans un premier groupe de cas, on ne trouve aucune modification de l'excitabilité électrique; c'est tout au plus si, au commencement de la paralysie, on en observe une augmentation très faible, pendant un ou deux jours.

.Mais plus tard l'excitabilité faradique et galvanique dans les nerfs comme dans les muscles, reste parfaitement normale sous le rapport de la quantité comme sous celui de la qualité. Dans tous ces cas le pronostic est très favorable ; leurguérison a lieu dans l'espace de deux ou trois semaines ; il faut rarement plus du temps (forme légère de la paralysie faciale rhumatismale).

Dans le deuxième groupe, par contre, vous ne trouverez, également au début aucune modification, si ce n'est peut-être une légère augmentation de l'excitabilité ; mais, vers la fin de la première semaine, vous parviendrez à reconnaître une bien légère diminution de l'excitabilité faradique dans les nerfs et dans les muscles, plus sensible à la diminution de la contraction maxima qu'à l'apparition plus tardive de la contraction minima ; mais celle-ci ne va pas plus loin et ne prend pas de fortes proportions ; mais dans le cours de la deuxième ou même de la troisième semaine apparaissent dans les muscles les modifications caractéristiques de la réaction de dégénérescence et ils prennent souvent un développement considérable. On est donc là en présence de la réaction partielle de dégénérescence. 11 est ensuite fort intéressant de constater que les muscles qui réagissent, sous une excitation partant des nerfs, d'une manière normale (avec une courte secousse, et avec une prépondérance de la KaFS), réagissent sous une excitation directe

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