PARALYSIES DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE
causes fréquentes de semblables paralysies ; il faut enfin indiquer les affections névri tiques de ces nerfs (névrite rhumatismale, névralgique, après des maladies aiguës, etc.) Tous ces phénomènes peuvent, dans une mesure très diverse, être accessibles au traitement électrique. Si je mentionne encore, pour finir, que dans ce qu'on appelle la pseudohypertrophie des muscles et de même dans l'hypertrophie musculaire véritable beaucoup pins rare, les extrémités inférieures participent, en général, à la paralysie, vous aurez un tableau approximatif de tout ce qui se présente ici et peut devenir l'objet d'un traitement électrique.
Je ne me crois pas obligé de m'appesantir avec plus d'exactitude sur la symptomatologie de chacune de ces formes de paralysie ; je signalerai seulement que dans une paralysie du nerf crural ce sont surtout les fléchisseurs de l'articulation de la hanche (iléopsoas, etc.) et les extenseurs de la cuisse (quadriceps, etc.) qui sont paralysés ; cela se produit, d'une manière isolée, surtout dans les affections du psoas et aussi dans la polyo myélite antérieure aiguë; il n'est pas rare de voir une paralysie et une atrophie tout à fait partielles de cette circonscription nerveuse dans l'atrophie musculaire progressive, surtout sa forme juvénile. — La paralysie dans la région du nerf obturateur atteint de préférence les mouvements d'abduction de la cuisse, mais en somme elle est rare. La paralysie dans la région des nerfs inguinaux atteint surtout les mouvements d'abduction et de rotation, ensuite la fixation du bassin pendant la marche et la station ; c'est une des plus fréquentes dans l'atrophie musculaire progressive et la pseudo-hypertrophie. Les paralysies du sciatique se présentent parmi les plus habituelles, soit qu'elles atteignent tout le tronc ou ses deux branches principales : le nerf péronier et avec lui la musculature antérieure de la jambe, ouïe nerf tibial et avec lui les muscles du mollet ; elles sont très faciles à reconnaître. Presque toutes les paralysies spinales commencent précisément dans cette région nerveuse et la grande longueur et l'exposition du nerf déterminent aussi la grande fréquence de ces lésions périphériques.
De l'extension de la paralysie dans les muscles, des troubles concomitants, sensibles, trophiques et réflexes, vous pourrez, dans la plupart des cas, tirer des conclusions positives, en ce qui concerne le diagnostic du siège et de la nature de la lésion.
Il ne faut employer pour cela l' exploration électrique que d'une manière restreinte ; il faudra s'en abstenir spécialement pour la détermination du siège exact des paralysies périphériques, parce que de grandes étendues des nerfs en question (dans le bassin ou le canal vertébral) ne sont pas accessibles à l'excitation électrique directe. Du reste, dans ces paralysies se manifestent les mêmes changements d'ex-
citabilité électrique, que ceux dont nous avons déjà parlé si souvent, et l'on peut en déduire les conclusions ordinaires, surtout en ce qui concerne la gravité de la lésion, les troubles trophiques consécutifs, et le pronostic. Mais il faut être prudent quand il s'agit de porter des conclusions sur le siège de la lésion. En général, l'exploration électrique ne permet pas de déclarer si la lésion est d'origine périphérique, spinale ou cérébrale. Certes, en présence de la DR, vous pourrez en toute assurance, exclure le siège cérébral ; mais l'excitabilité électrique normale ne témoigne nullement en faveur de ce siège ; car elle se manifeste aussi dans les paralysies spinales ; il vous sera encore moins permis d'affirmer, en présence de la DR, le siège périphérique de la lésion, car vous savez que la DR se manifeste dans un grand nombre de paralysies spinales. Il faut, pour décider la question, consulter encore d'autres symptômes. Remarquez surtout qu'une DR se présentant sans aucun'trouble de la sensibilité et sans-troubles trophiques de la peau, annonce d'une manière assez positive l'origine spinale de la paralysie. La DR partielle peut aussi s'observer assez souvent dans les extrémités inférieures (forme moyenne de la polyomyélite chronique, certaines paralysies périphériques, l'atrophie musculaire progressive, etc.). Toutefois, dans l'hypertrophie musculaire fausse et dans la vraie, ainsi que dans la forme juvénile de l'atrophie musculaire progressive, on ne trouve jamais autre chose que la simple diminution de l'excitabilité électrique, sans aucune modification qualitative.
Je ne citerai ici que quelques cas de ces paralysies, en les résumant et je renvoie mes auditeurs aux observations sus-mentionnées 5, G, 7 et 11 (paralysies cérébrales). 18-2:2, 32-34 (paralysies spinales) et 45 (paralysie périphérique); je les engage aussi à prendre connaissance, plus bas, des observations 82-84 et 86-88.
74° Observation personnelle. Parésie du nerf crural (né. rite chronique?) Négociant, âgé de 39 ans. Il souffrait depuis environ 18 mois de violentes douleurs dans la région de la hanche et de la fesse gauche; ces douleurs s'étendaient jusqu'au genou; mais elles diminuèrent peu à peu. Depuis la même époque, il éprouva un sentiment de lourdeur dans la jambe gauche, qui, dans ces derniers mois, se changea en celui d'une faiblesse très notable. Il y a quatre semaines, après avoir fait des efforts, il éprouva une vive douleur dans toute la jambe gauche, particulièrement à la face antérieure de la jambe gauche, avec tremblement de cette jambe qui, depuis, est devenue notablement plus faible et plus maigre; à part cela, le malade va bien. Voici quel était son étatau mois d'avril 1869: cuisse gauche sensiblement amaigrie et plus flasque qu'à droite ; faiblesse du quadriceps gauche ; sensibilité émoussée à la partie antérieure et interne de la jambe. Pourtour de la jambe gauche, de 2 à 4 centimètres de moins qu'à droite. Excitation électrique diminuée à un faible degré. Traitement galvanique: courants stables à travers la colonne