NÉVRALGIE SCIATIQUE
d'abord le courant descendant stable avec l'An, sur le sacrum ou dans le voisinage du plexus ou aussi du trou sciatique (quand celui-ci est le siège principal de la lésion), tandis que la Ka repose plus loin, en arrière, près du nerf, sur les points douloureux isolés ou les rameaux principaux ; en outre, suivant Remak, il convient d'introduire quelques Mients de nerfs de 20-25 centimètres de longueur dans le circuit du courant et d'aller ainsi peu à peu, en descendant, du sacrum jusqu'au pied, près du nerf (ainsi par exemple, tout d'abord, du sacrum jusqu'au trou sciatique ; enfin de celui-ci jusqu'au jarret ; enfin, de celui-ci aux petits os ou à l'articulation du pied) et de laisser agir le courant stable à chaque place, pendant 1-3 minutes ; après qu'une certaine amélioration est obtenue, on effectue encore, vers la fin de la séance, quelques fermetures de courant ou un court traitement labile, par quoi la raideur et la lourdeur clans les muscles, qui ne sont pas rares, sont améliorées de la façon la plus certaine. — La profondeur du nerf et la grande résistance de conductibilité de la peau aux parties qu'il s'agit d'atteindre (à l'exception du voisinage de l'articulation du genou), exigent de forts courants et de grandes électrodes en forme de plaques, surtout quand on a affaire à des personnes très obèses. La durée d'une séance complète est de 4 à 10 minutes. Il est assez souvent nécessaire de poursuivre le traitement direct de la névralgie jusque dans les diverses ramifications du nerf.
J'ai souvent obtenu des résultats non moins satisfaisants à l'aide de la méthode polaire, en faisant agir l'An, d'une manière stable, sur les différentes parties du trajet des nerfs (colonne vertébrale lombaire, plexus, trou sciatique et points douloureux) et en portant la Ka sur la face antérieure du ventre ou de la cuisse ; ici encore de forts courants sont nécessaires et parfois leurs interruptions sont utiles pour augmenter l'effet. Ce que Remak a employé sous le nom de courants circulaires (le pôle positif étant fixé sur le siège de la lésion ou de la douleur, tandis que le pôle négatif est appliqué successivement sur un plus grand nombre de points situés en rond autour du pôle positif) concorde bien avec ce traitement polaire de l'An.
Dans des cas particulièrement rebelles, vous pourrez essayer d'après la proposition de Benedikt, par l'introduction d'une électrode dans le rectum et par l'application de l'autre sur la région du sacrum et des reins, d'intercaler le plexus sciatique aussi directement que possible dans le cercle du courant et de vous approcher ainsi davantage de la lésion. Cinizelli recommande comme efficace l'application prolongée d'éléments galvaniques simples dirigés même contre ia sciatique. Ces éléments peuvent être appliqués sur la jambe et les reins et y rester pendant des jours et des semaines.
Le traitement à l'aide du courant faradique peut également compter
à son acquit des succès divers, et il s'effectue de la manière ordinaire, soit en faisant passer un très fort courant faradique à travers le trou du nerf et même de ses ramifications, soit en promenant le pinceau faradique sur la peau de la région sciatique et en appliquant les moxas faradiques sur le trou sciatique, le sacrum, la colonne vertébrale lombaire, etc. Seeger aussi a employé avec succès le pinceau faradique.
Des symptômes spéciaux, l'anesthésie, la paralysie ou les secousses et crampes musculaires réclament un traitement particulier d'après les règles connues.
Toutes les autres formes de sciatique sont traitées d'après les mêmes méthodes ; seulement, dans beaucoup de cas, on y ajoute encore le traitement spécial de la cause dans le tabès et dans certaines affections de la moelle épinière et autres.
Les névralgies des organes urhwir es et sexuels, névralgies hémorrhoïdales, spermatiques, du pénis, de l'urèthre, ano-vésicales, etc., appartenant au plexus sacré, sont des choses rares, sur lesquelles nous ne possédons pas encore de renseignements électrothérapeutiques suffisants. Naturellement, dans ces formes, on peut aussi employer les courants galvaniques et faradiques, souvent avec un succès visible et il ne vous sera pas difficile de fixer et d'utiliser les méthodes convenables pour chaque cas distinct. On peut en dire autant de ce qu'on appelle la coccygodynie, si toutefois cette maladie, par le caractère névralgique qu'elle peut avoir, exige l'emploi de l'électricité. Dans cette maladie, on a pareillement obtenu quelques résultats satisfaisants (Seeligmùller).
8° Les névralgies des articulations, névroses articulaires, ne méritent ici qu'une courte mention ; quelques-unes d'entre elles doivent évidemment être rangées, en partie du moins, parmi les névralgies proprement dites ; mais la plupart d'entre elles se développent sur la base de l'hystérie (voir plus bas 31e leçon). On les trouve surtout dans les articulations des genoux et des hanches, plus rarement dans celles des mains, des pieds et des épaules. Elles peuvent marcher de front avec tous les syptômes classiques de l'hystérie ; mais souvent elles présentent de grandes difficultés pour ce qui concerce le diagnostic différentiel d'avec les processus inflammatoires, et fongueux des articulations. Toutefois, dans les cas de ce genre, l'essai d'un traitement électrique ne peut jamais nuire ; mais bien au contraire une prompte réussite peut quelquefois faciliter le diagnostic.
Les différentes méthodes d'application antinévraigique de l'électricité peuvent aussi être utiles contre les névroses articulaires. Parallèlement au traitement électrique qui pourra être dirigé contre la douleur