NÉVRALGIES DES ARTICULATIONS
principale, vous commencerez par des courants galvaniques transversaux, d'abord faibles, puis éventuellement plus forts, passant à travers l'articulation malade, ou bien aussi vous procéderez à une action distincte du pôle positif stable sur cette articulation, à l'aide de grandes électrodes-éponges ou de compresses humides, qui l'entoureront en entier et servent de pôle positif (le pôle négatif restant indifférent). On pourrait aussi employer de petites électrodes et les appliquer sur les points les plus douloureux de l'articulation ainsi que sur ceux qui peuvent se trouver sur la colonne vertébrale. Un traitement, par le pôle positif, des troncs nerveux, appartenant à l'articulation peut aussi être utile. Si, de la sorte, vous n'arrivez pas au but, vous pourrez faire passer de vigoureux courants faradiques à travers l'articulation ou faire agir énergiquement le pinceau faradique sur la peau, au-dessus de l'article, ou sur les points douloureux ou sur la région correspondante de la colonne vertébrale. Les expériences d'O. Berger et de Mor Meyer, que je puis confirmer en partie, nous apprennent qu'avec toutes ces méthodes on peut obtenir occasionnellement des succès, quelquefois même éclatants et des plus flatteurs. Mais souvent aussi vous traiterez des faits de ce genre assez longtemps et cependant sans pouvoir obtenir de résultat satisfaisant.
•106° Observation de Berger. Névralgie articulaire. Paysanne de 38 ans. Après une contusion de l'articulation du genou, elle éprouva, dans cette région, des douleurs de plus en plus violentes. Rester couchée au lit, appliquer des vésicatoires, entourer d'ouate la partie malade, etc., tout cela fît empirer le mal, qui se compliqua de secousses musculaires et de fourmillement. État au bout de 4 semaines: claudication, douleur au genou, pas d'anomalies extérieures à l'articulation. Contractions douloureuses des muscles fléchisseurs. Le nerf tibial, douloureux à la pression. Forte hyperalgésie cutanée à l'arLiculation du genou et dans le tiers inférieur de la cuisse. Traitement : faradi- ■sation, pôle positif au jarret ; pinceau faradique promené sur la peau au-dessus du genou et du pourtour. Courant intense durant 4 minutes moxas faradiques sur un point sensible à la pression, près de la rotule. Immédiatement après, la patiente peut marcher pendant prés d'une demi-heure, saiis souffrir. Le lendemain encore une séance, bien que les symptômes morbides «ussent disparu. La guérison se maintint.
107° Observation de Berger. Névralgie articulaire. Dame âgée de *S ans, anémique et nerveuse. Elle fut, en décembre 1872, contusionnée au genou droit. Ce ne fut qu'après un grand nombre de semaines qu'elle ressentit de vives douleurs à l'articulation, douleurs rayonnant de haut en bas et vice versa et résistant à tout traitement. Finalement l'autre genou fut pareillement alfecté. 8 semaines furent passées au lit; on pansa la malade, le tout sans succès. En juillet 1873, anesthésie et analgésie cutanées à l'articulation droite. Au même endroit, fourmillements fréquents à la tête du péroné des deux côtés, de même au jarret droit, points de pression douloureux. La malade
a besoin de soutiens pour faire quelques pas et sa marche est accompagnée des douleurs les plus vives. Traitement : galvanisation stable à travers les deux articulations du genou, courant d'une force modérée, opération durant 8 minutes. Immédiatement après la séance, mieux sensible. Après 7 séances, la patience fut délivrée de son mal. dont elle avait souffert pendant plusieurs mois. La guérison s'est maintenue.
9° Ce qu'on appelle névralgies viscérales ofl're, dans son essence et dans la manière de se comporter tant d'obscurité et d'incertitude qu'il est difficile d'y porter remède à l'aide de propositions thérapeutiques logiquement formulées. L'apparition de ces névralgies se combine si souvent avec la présence simultanée de graves altérations anatomiques des organes en question (cardialgies, anévrysmes, athéroses, tumeurs de l'estomac, carcinomes, etc.).; en d'autres termes, il est si souvent difficile de les discerner les unes d'avec les autres qu'une certaine indécision du thérapeute ne s'explique que trop bien, et généralement on se borne à des palliatifs ; aussi l'électricité n'a-t-elle été utilisée jusqu'à ce jour que comme une tentative timide et il n'est pas encore question d'une méthode satisfaisante à cet égard. Cela provient en partie de ce que nous ne savons pas du tout dans quelle région nerveuse ces névralgies ont leur siège : est-ce dans le sympathique, dans les nerfs cérébraux ou spinaux, sont-elles d'origine centrale, etc. ?
Mais si vous avez tiré au net le diagnostic d'une névralgie de cette espèce, vous pourrez toujours employer l'électricité qui constitue notre meilleur remède contre les névralgies en général; en cela, vous devez vous conformer docilement aux principes généraux, tandis que les méthodes d'application peuvent subir maintes petites modifications, qui varient suivant la position de la région malade et suivant vos théories sur le véritable siège de la maladie.
Les névralgies de la gorge et du larynx sont rares, d'après la description récente que Jurasz en a faite; bien plus fréquentes sont les hyperesthésies et les paresthésies de ces organes, qui seront sans doute soumises avec succès à l'électrothérapie. Quand vous vous serez convaincus de l'absence de toutes altérations grossières de la gorge et du larynx et si, par hasard, vous avez employé infructueusement tous les remèdes locaux usuels, vous serez assurément autorisés à employer des courants électriques. Alors il faudra éprouver, les uns après les autres, différents procédés tels que : passage transversal d'un courant galvanique stable à travers le larynx et la région de la gorge, ou courant stable, depuis la nuque jusqu'à l'angle de la mâchoire inférieure et jusqu'au larynx, ou action stable du pôle positif sur le larynx (le pôle négatif occupant une place indifférente, par exemple la colonne vertéDrale dorsale). On peut, de la même manière, employer aussi le