ANGINE DE POITRINE
courant faradique avec des électrodes humides ; mais dans beaucoup de cas, le pinceau faradique, employé pour la région du larynx et du gosier, pourrait se montrer encore plus efficace. Il y aurait lieu de recommander surtout ce pinceau pour les hyperesthésies et paresthésies hystériques, hypochondriaques. Dans ces cas semblables, vous ferez bien d'éviter l'emploi endopharyngien et surtout endolaryngien du courant.
La névralgie des nerfs du cœur ou t angine de poitrine est bien plus fréquente et apparaît dans bien des cas, sous la forme accentuée d'une véritable névralgie ; pourtant ici il est précisément très difficile de décider ce qu'il y a d'excitation purement sensible et combien il y a d'excitation motrice simultanée, si cette dernière s'effectue par voie directe ou réflexe, si la douleur a son siège dans le trajet du pneumogastrique ou du sympathique, etc.
Ce sont surtout les formes et attaques, où les symptômes névralgiques occupent le premier plan, qui seront l'objet du traitement électrique, bien que, d'après les dernières expériences de Von Ziemssen, (voir plus haut, page 44S), la possibilité d'une action directe sur la motilité du cœur paraisse moins impossible. Une affection possible du cœur ou des grands vaisseaux n'exclue pas une tentative d'électricité attendu qu'employée logiquement, l'électricité, loin de nuire, peut toujours devenir un palliatif.
On a essayé jusqu'ici les applications les plus diverses du courant électrique. Duchenne, le premier, s'est servi du pinceau faradique pour exciter vivement la peau. Ilafaradisé la région du cœur et particulièrement les mamelons avec des courants intenses et il a ainsi, dans plusieurs cas, arrêté instantanément les accès ; d'autres fois, en continuant ce traitement il a amené une guérison complète.
108° Observation de Duchenne. Angine de poitrine idiopathique. Tanneur, âgé de 53 ans, jusque alors bien portant, éprouve en novembre 1852, tout à coup, une cuisson profonde dans la poitrine et des douleurs lancinantes dans le bras gauche, auxquelles se joignent des fourmillements, oppression, palpitation du cœur, sentiment d'angoisse portée à un haut degré ; le corps est courbé en avant; une saignée produit du soulagement au bout de 18 heures. Ces accès se renouvellent a la moindre excitation ; à chaque mouvement, à chaque émotion, même dans la position horizontale. Diminution progressive du nombre et de l'intensité des accès, le malade est cependant condamné ■ i un repos presque absolu. Pendant ce repos, le cœur et les poumons sont tout à fait dans l'état normal ; mais chaque mouvement, chaque tentative faite pour se courber, provoquent une rechute. Douleur violente avec sentiment de constriction sous la partie supérieure du sternum, rayonnant vers le bras gauche avec fourmillement dans celui-ci. Il est courbé eu avant, la marche augmente la douleur. La respiration est courte et haletante ; violent* h'ittements du cœur; violente transpiration, le visage exprime la plus grande Hrb. — Électrolliérapie. 31
frayeur, etc. La rechute à duré de 8 à 10 minutes. Au commencement d'une pareille rechute (en avril 1853), un courant faradique très intense est dirigé sur le mamelon au moyen de deux électrodes métalliques. Aussitôt après, l'effroyable douleur qui fut ainsi causée, disparut de la poitrine et le malade se trouve revenu à son état normal. Dès lors il fut plus rlifficile de provoquer une seconde rechute ; cette rechute ayant cependant été provoquée, le mal fut pareillement coupé par l'excitation électro-cutanée de la partie supérieure du sternum. Le lendemain, amélioration considérable ; il fallut de grands efforts pour provoquer une rechute, coupée en 2 nu 3 secondes par une excitation farado-cutanée du thorax, ce fut la dernière rechute. 4 à .'i traitements ultérieurs, effectués dans l'espace de 14 jours environ, rendirent le patient, complètement guéri, à ses occupations antérieures.
La faradisation directe de la région du cœur (transversalement du cœur à la colonne vertébrale de la poitrine), ou même la faradisation despneumograstriques et sympathiques au cou, y compris la moelle cervicale, mérite sans doute moins de confiance, mais peut néanmoins être tentés.
Par contre Eulenburg espère des courants galvaniques, des résultats particulièrement favorables. Ce courant peut également être utilisé de différentes manières. La plus simple est sans doute l'action stable du pôle positif directement sur la région du cœur et sur celle du plan cardiaque (avec une grande électrode en forme de plaque), le pôle négatif en face, sur la colonne vertébrale de la poitrine. Eulenburg place le pôle positif sur le sternum, le pôle négatif sur la dernière vertèbre cervicale. Il faudrait ensuite essayer d'agir sur les grands troncs nerveux placés au cou (le vague et le sympathique), soit en mettant la Ka sur la région du cou et l'An sur les nerfs précités ou d'après la galvanisation ordinaire du sympathique ou avec un courant ascendant depuis le ganglion inférieur jusqu'au ganglion supérieur du sympathique, dont Lowenfeld eut beaucoup à se louer récemment. En tout cas, je crois qu'il importe de comprendre régulièrement clans le traitement la moelle cervicale dans toute son étendue ainsi que la moelle allongée. Vous pourrez alors tenter bien des essais. Dans ce qu'on appelle l'angine vaso-motrice delà poitrine, la galvanisation du sympathique a aussi quelquefois du succès ; V. Hubner l'a employé avec succès dans un cas.
109° Observation de V. Hubner. Angine de poitrine. Un propriétaire rural, âgé de 47 ans, tomba malade après un voyage pénible dans une chaise de poste ouverte à tous les vents. 11 fut atteint de dyspepsie et d'une sensation de tension dans la région du cœur. Peu de jours après (le 16 mars), il eut une première et violente attaque d'angine de poitrine. La semaine suivante il eut par jour de I à 4 attaques. Elles étaient vives et duraient parfois 3 heures. Les remèdes ordinaires ne produisaient aucun effet. Le 25 mars,