HYPOCHONDRIE. — HYSTÉRIE
très impressionnables et peuvent être soit rendus plus malades soit, tout au moins, effrayés par une précipitation trop prompte.
3. V hystérie, cette étonnante névrose fonctionnelle avec ses symptômes innombrables, sa marche changeante et sa physionomie variée qui pourtant d'après des travaux récents, ne laisse pas, malgré toute son irrégularité apparente, que de présenter certaines lois, est souvent l'objet d'un traitement électrothérapeutique, en dépit des mécomptes nombreux et souvent surprenants que viennent, il est vrai, conlre-balancer maints succès éclatants. En somme l'hystérie est tout aussi résistante au traitement électrique qu'à tout autre mode curatif. Il faut attribuer ce fait d'une part à des raisons psychologiques, de l'autre aussi à l'irritabilité souvent démesurée des hystériques, irritabilité contre laquelle on ne prend pas toujours de précautions suffisantes, lors de l'application et du dosage du courant électrique.
La nature de l'hystérie reste encore pour nous dans l'obscurité et nous sommes ici aussi portés à admettre des troubles de nutrition délicats, extrêmement variables, qui ne sauraient être encore déterminés exactement. La localisation même de ces troubles intimes manque encore pour nous de clarté, sur bien des points, bien que d'ailleurs il soit de plus en plus probable qu'ils proviennent principalement du système nerveux central ; néanmoins, il ne serait pas impossible qu'une série de symptômes (névralgie, hyperesthésie, paralysie etc.), puissent être localisés à la périphérie.
L'hystérie est aussi une affection des plus difficilement curables et, comme dans la névrosthénie avec laquelle l'hystérie possède une certaine parenté, sans qu'il y ait cependant identité, cela peut résulter en partie de la disposition névropathique congénitale qui joue un si grand rùle sur l'éclosion de ces affections, en partie aussi de l'existence de certaines conditions étiologiques défavorables qui persistent et qu'il n'est pas possible d'éloigner. En tout cas, gardez-vous bien de vous laisser aller à des espérances trop grandes et trop assurées, au sujet du courant électrique, dans le traitement de l'hystérie !
Le but de ce traitement est, en première ligne, la suppression delà maladie elle-même, du trouble pathologique de nutrition du système nerveux, en d'autres termes il consistera à fortifier et tonifier tout aussi bien tout le système nerveux que l'économie entière, but que poursuivent également la plupart des autres moyens curatifs de l'hystérie. A cet effet on peut en premier lieu utiliser la faradisalion générale et les bains électriques. Ultérieurement la galvanisation centrale, dans toute son extension ; après cela encore, la galvanisation de la colonne verte-
brale avec courants ascendants stables, en agissant surtout sur la moelle cervicale y compris le sympathique du cou ; vu l'extrême irritabilité des hystériques, il faut ici recommander tout spécialement l'emploi de courants continus faibles, le long de la colonne vertébrale (à l'aide d'une paire de plaques galvaniques). Le traitement des points de pression et de douleur de la colonne vertébrale ou d'autres points du corps, agit aussi maintes fois d'une façon favorable sur l'ensemble de la maladie, enfin le traitement de l'avarie tel qu'il a été recommandé par Holst ou d'après la méthode indiquée par Neftel pour les névralgies viscérales (An sur la colonne vertébrale, Ka sur l'ovarie douloureuse, courant stable), (v. p. 521), peut aussi entrer en Ligne de compte.
Durant ce traitement de l'hystérie, vous devez prendre des précautions toutes particulières ; c'est à peine si, dans aucune autre névrose, les conditions psychologiques jouent un rôle aussi important que pour celle-ci : la confiance dans le médecin et le traitement est la meilleure garantie de succès, la méfiance contre eux rend incertaine toute action curative ; cherchez donc à gagner, avant toutes choses, la confiance des hystériques pour vous et votre traitement et ne le hasardez pas en appliquant mal à propos et d'une manière inopportune des courants très forts. En tout cas débutez toujours par des courants extraordinairement faibles, des applications légères et de courte durée. J'ai souvent cru utile d'essayer l'action de l'impression psychique produite sur ces malades et sur leurs doléances et, par suite, pour beaucoup d'entre elles, j'ai habituellement commencé le traitement en plaçant les électrodes de la manière nécessitée par le plan du traitement, mais sans fermer le circuit, puis j'ai levé la séance, en gardant mon sérieux le plus parfait. Il est merveilleux de voir tout ce que l'on peut retirer d'enseignements des résultats d'une semblable séance, et cela dans le bon ou le mauvais sens ; mais en tout cas il en résulte une impression nette au sujet de l'effet que déterminent chez la malade l'imagination et l'excitation psychique, et de celui qu'il sera possible d'attendre en réalité de l'action électrique; le diagnostic thérapeutique en sera notablement fortifié. Chez les malades quelque peu sensées, on obtiendra une expression psychique sérieuse en avouant cette petite supercherie et on pourra par là accélérer beaucoup la guérison ; chez d'autres à la vérité, une telle franchise produira l'effet tout opposé, la vanité blessée de maintes hystériques ne pardonnant pas au médecin un tel méfait; en ce cas, il vaut mieu.v garder le secret pour soi et ne pas se laisser tromper par les contradictions de la patiente.
En tous cas, chez les hystériques, il ne faut rien attendre de la violence,, mais vous devez procéder lentement et progressivement,