ÉLECTRICITÉ D INDUCTION. APPAREILS DE ROTATION
pendant un temps plus ou moins long, avec ou sans fluctuations et interruptions. Vous voyez clairement qu'il résultera de là une variété infinie d'applications et que l'art de l'électrothérapeutisle consiste essentiellement à choisir pour tel ou tel cas morbide le mode d'application exact et convenable. On comprend aussi très bien que. le fil d'Ariane le plus sûr se trouve dans les théories physiques claires et précises.
La qualité principale à exiger de toutes les chaînes galvaniques, qui s'employent dans un but électrothérapeutique, est donc que ces chaînes fournissent un courant assez fort et continu, correspondant à la conductibilité du corps humain, et puissent être aisément dirigées sur le corps au moyen d'électrodes convenables. Je vous signalerai plus tard, en peu de mots, les autres appareils auxiliaires nécessaires.
Electricité d'induction. Sous ce titre, nous pouvons aussi bien ranger les courants d'induction produits par les courants magnétiques que ceux qui sont développés par des courants galvaniques, leurs effets étant absolument les mêmes.
On peut également produire des courants électriques par l'action d'aimants, sur des conducteurs fermés ; si vous approchez rapidement une barre magnétique d'un conducteur fermé, par exemple d'un fil métallique enroulé autour d'un rouleau, d'une spirale en fil métallique, dont les extrémités sont réunies l'une à l'autre, il se produit pendant ce rapprochement un courant électrique sur la spirale, mais si vous éloignez rapidement l'aimant, il se manifeste aussi un courant sur la spirale, mais ce courant a une direction opposée à celle du premier.
Ces courants sont d'autant plus énergiques que l'aimant est plus fort, que son rapprochement et son éloignement sont plus rapides, que la spirale en fil métallique est plus riche en révolutions. Si vous intercalez le corps humain entre les deux extrémités de la spirale métallique, ces courants traverseront aussi le corps humain et pourront ainsi être utilisés physiologiquement et thérapeutiquement. C'est sur ce principe que repose la construction des appareils dits magnéto-électriques ou appareils de rotation, au moyen desquels, par des combinaisons appropriées, un aimant est très vile et très souvent rapproché puis éloigné d'une spirale en fil métallique, ce qui donne naissance à une grande série de courants, se succédant rapidement et de direction alternativement opposée ; ces courants peuvent exercer sur le corps humain une action très active. Les appareils de rotation ont été fort employés pendant quelque temps ; mais ils ont dû faire place aux appareils d'induction, parce que leur maniement était très incommode. J'éviterai donc la nécessité de vous décrire plus au long ces appareils de rotation.
Des courants électriques tout à fait analogues peuvent être produits
24 TRÉAMBULE DE PHYSIQUE
avec une grande facilité, par des courants galvaniques, par induction. Si vous approchez rapidement une spirale en fil métallique, sur laquelle circule un courant galvanique, d'une autre spirale semblable et fermée, il se produit, pendant ce rapprochement, sur la dernière spirale, un courant électrique, dirigé en sens opposé au courant qui circule le premier ; si vous éloignez ensuite ce premier rouleau, avec la même rapidité, il se manifeste sur le deuxième rouleau, un courant dirigé dans le même sens que le premier. Il en est tout à fait de même, quand les deux spirales sont placées à'une distance déterminée l'une de l'autre et quand il se manifeste dansl'une — la première spirale — un courant galvanique, qui s'approche très promptement, d'une distance infinie ; alors se produit sur l'autre, la. deuxième spirale, un courant d'induction ; et de même, quand le courant galvanique redisparaît sur la première spirale. On peut aisément faire naître et disparaître un pareil courant en fermant ou ouvrant alternativement le premier courant circulaire sur la première spirale. A chaque fermeture de ce courant, naît, sur la deuxième spirale, un courant opposé à celui de la première ; à chaque ouverture, un courant dirigé du même côté. Ces courants induits sont d'autant plus énergiques que le premier courant est plus fort, que la première spirale, comme la seconde, se replie plus souvent autour du rouleau et que les deux spirales sont plus rapprochées l'une de l'autre ; l'effet le plus intense a donc lieu quand les deux spirales sont parfaitement superposées l'une à l'autre.
Si l'on fait se succéder, d'une manière rapide et continue, cette fermeture et cette ouverture du premier courant circulaire, on obtiendra dans la deuxième spirale une série continue de courants se suivant avec rapidité, suivant des directions semblables ou contraires alternativement ; c'est ce qu'on appelle les courants induits ou d'induction ou faradiques, comme nous autres électrothérapeutes disons presque toujours. Si vous intercalez le corps humain dans la deuxième spirale, ces courants faradiques traverseront le corps et pourront y produire leur action physiologique et thérapeutique.
Tous les courants ainsi produits ont une durée extrêmement courte, une rapidité d'égalisation très grande ; ce sont des courants presque instantanés. Les appareils infiniment variés, construits pour les produire et que l'on emploie généralement, sont les appareils dits d'induction. Leur construction ordinaire est cause que les courants d'induction de la deuxième spirale, produits de par la fermeture ou l'ouverture du premier courant circulaire sont de force inégale ; en effet, le courant produit pendant la fermeture (courant d'induction de fermeture) est retardé et affaibli par un extra-courant naissant simultanément sur la première spirale, dont nous parlerons d'ailleurs bientôt, alors que lors de l'ouverture du courant circulaire de la première
COURANTS FARADIQUES PRIMAIRES ET SECONDAIRES 2g
spirale, cet extra-courant ne peut ordinairement pas se produire, el par conséquent ne peut modifier le courant d'induction d'ouverture de la seconde spirale. Au courant plus faible de fermeture, succède donc, sur la seconde spirale, un courant d'ouverture toujours plus fort. La différence entre les deux courants est assez considérable, comme vous pourrez aisément vous en convaincre, si vous saisissez les deux extrémités de la dernière spirale et que vous fassiez naître isolément les fermetures et ouvertures de la première spirale. A chaque ouverture, vous éprouverez une secousse très vive, par contre, à chaque fermeture, une secousse très faible ou même nulle. D'après une modification fort utile, faite sur les appareils, dite disposition Helmholtz, on peut presque égaliser cette différence ; mais d'ordinaire, on ne le fait pas sur les appareils ayant un but thérapeutique.
Dès lors, dans l'emploi de ces courants sur le corps humain, le courant d'ouverture l'emporte tellement, par ses effets, sur l'autre, que nous avons presque le droit de ne nous occuper que de lui, de déterminer d'après lui la direction du courant et la dénomination des pôles. Nous pouvons donc, dans l'emploi des courants d'induction secondaires, bien parler de leur pôle positif et négatif, en sachant bien qu'il ne s'agit que du courant d'ouverture ; mais nous ne devons pas oublier qu'à vrai dire, chaque électrode devient, alternativement et rapidement, tantôt un pôle positif, tantôt un pôle négatif.
L'action du courant d'induction peut être considérablement augmentée, en y rattachant l'action d'un aimant : si l'on introduit une barre de fer doux ou un faisceau de fils de fer, dans le premier rouleau, ils deviennent magnétiques, lors de la fermeture du courant, mais ils sont démagnétisés, lors de l'ouverture du courant et l'effet d'induction de cet aimant qui s'approche et disparait pour ainsi dire d'une distance infinie, s'ajoute à celui du premier courant, C'est pourquoi vous voyez, dans la plupart de nos appareils d'induction, sur le premier rouleau, un noyau de barres de fer doux.
Vous voyez de plus, sur tous ces appareils, une petite combinaison qui effectue automatiquement l'interruption (fermeture et ouverture) du premier courant dirigé vers la première spirale, par une source <\térieure de courant, ordinairement par un ou deux éléments galvaniques. Grâce à un ressort mis en mouvement par l'action magnétique, le contact qui produit la fermeture du courant, est supprimé, puis rétabli avec une rapidité extraordinaire. Le principe de cette combinaison, qui fait des appareils d'induction desinstruments si commodes, des instruments automatiques, est partout le même, mais les modes de construction et d'exécution peuvent varier beaucoup les uns des autres, on a imaginé des combinaisons, pour faire que les interruptions se succèdent tantôt plus vite tantôt plus lentement; mais vous
verrez et comprendrez cela beaucoup mieux en étudiant les appareils eux-mêmes.
Je dois ici seulement mentionner un nouveau point : c'est que, même sur la première spirale, il se manifeste des effets d'induction et par conséquent des courants, et que, par suite, les différents tours de la spirale s'induisent les uns les autres. Les courants qui naissent, lors de la fermeture, n'exercent ordinairement pas d'action ; par contre, le courant d'induction se produisant à l'ouverture du premier courant, peut être facilement observé, à l'aide de dispositions appropriées, détourné et employé dans un but thérapeutique : c'est ce qu'on a appelé extra-courant. C'est donc aussi un courant d'induction, mais un courant naissant dans la première spirale ; aussi, pour abréger, l'appelle-t-on courant primaire faradique, tandis que les courants dérivés de la deuxième spirale, sont appelés courants faradiques secondaires.
Le principe fondamental des appareils d'induction consiste donc dans ce fait que, par de nombreuses interruptions d'un courant galvanique circulant sur le rouleau « primaire », il se produit dans la spirale « secondaire » aussi bien que dans la primaire, des courants d'induction qui, par des combinaisons appropriées, peuvent être introduits dans le corps humain. La force de ces courants peut être graduée, par le déplacement des deux spirales l'une contre l'autre, ou par celui du noyau de fer doux, etc. Ce que vous devez donc toujours avoir à l'esprit, c'est que, quand il s'agit de courants d'induction, vous avez toujours affaire à un grand nombre de courants qui se succèdent rapidement, n'ont qu'une durée instantanée et s'équilibrent avec une grande promptitude ; vous avez donc affaire à des choses tout à fait différentes des courants galvaniques continus et suivant toujours la même direction.
Si maintenant je m'occupe des appareils les plus usités et des appareils auxiliaires, ce ne sera que pour le faire en peu de mots, pour éclaircir la question. Il me semble superflu de m'engager dans la description et rénumération de tous les appareils, qui existent aujourd'hui en nombre infini, sous des formes plus ou moins pratiques. Je me bornerai donc ù préciser les qualités que l'on doit exiger de ces appareils eux-mêmes, et qui peuvent être obtenues de la façon la plus variée, je décrirai ensuite, avec plus de précision, les appareils auxiliaires indispensables.
Il faut d'abord exiger des appareils d'induction qu'ils aient un nombre suffisant de grandes spirales en fils métalliques, pour fournir la force de courant nécessaire; il faut aussi que la longueur et l'épaisseur des fils de la première et de la deuxième spirale, soient proportionnelles entre elles. (Il m'a toujours semblé que les spirales secondaires, faites de fils très minces, sont moins utiles que les autres, parce