MALADIES DES PAUPIERES, DE LA CORNÉE
traitement des maladi-es du système nerveux central et périphérique. Ici encore il faudra utiliser les actions excitantes et modifiantes, mais tout particulièrement les actions directes et indirectes, vaso-motrices et catalytiques, suivant les circonstances et les formes morbides. Les rapports indubitables qui existent entre le sympathique du cou et la moelle cervicale, d'une part, et les organes de l'orbite ainsi que le bulbe d'autre part, enfin l'influence que le trijumeau parait exercer sur les conditions de la circulation et de la nutrition dans l'œil, nous font immédiatement un devoir de tenir compte de ces relations dans la méthode électrothérapeutique. Nous donnerons des détails plus précis à propos de chacune des affections particulières.
Nous ne nous en occuperons ultérieurement, qu'en tant qu'elles sont accessibles à Faction thérapeutique des courants électriques. Naturellement je n'esquisserai qu'en très peu de mots l'électrothérapie des maladies moins importantes et je ne m'arrêterai un peu plus longtemps que pour les formes d'affections nerveuses, auxquelles se rapportent presque exclusivement mes propres expériences.
Je n'ai que peu de choses à dire des maladies des paupières et de celles do la conjonctive. Dutrait voudrait voir traiter certaines formes d'en et d'ectrojpion, qu'il ramène à l'atonie et à l'atrophie de quelques petits faisceaux de l'orbiculaire des paupières, il voudrait, dis-je, les voir traiter par la faradisation prudente de ces mêmes faisceaux musculaires. On les recherche à l'aide d'une fine électrode et l'on traite plus longtemps et avec persévérance, précisément les faisceaux, dont la contraction a pour conséquence le redressement de la fausse position des paupières. Gela rentre donc dans le domaine de la paralysie et de l'atrophie des muscles.
Contre le trachome, Rodolfi a trouvé utiles les effets dynamico-chimiques du courant galvanique ; il applique la Ka sous forme d'une sonde à bouton de cuivre, sur les granulations des paupières retournées, tandis que l'An (électrode à éponge humide) repose sous la branche de la mâchoire inférieure ; le courant ne se compose que de deux éléments Bunsen. Le résultat fut très satisfaisant dans une série de cas ; les granulations disparurent après un petit nombre de séances, sans toutefois que l'on pût éviter les rechutes. Rodolfi attribue les insuccès, provenant de celle maladie à la méthode défectueuse suivie par Àrcoleo. Smith aussi a recommandé un traitement semblable électro-catalytique du trachome ; il applique les deux électrodes sous la forme de fils métalliques convenablement courbés et fixés à 5 millim. de distance l'un de l'autre, avec deux éléments, également en ligne droite sur la conjonctive pendant \ min. ou une minute, pour chaque paupière.
Les affections de la cornée ont été, ce nous semble, traitées électriquement^ surtout par Arcoleo, qui s'est servi presque exclusivement du courant faradique. Le courant positif était placé sur la nuque ou sur la main; Je pôle négatif, sous forme d'une petite éponge ou d'un pinceau à poils, directement sur la conjonctive et sur la cornée, ou bien aussi, au moyen d'une éponge plus large, sur les paupières fermées et ce procédé se modifie un peu sui-
vantles formes ïïiorbides à traiter. Areoleo a employé très rarement le courant jralvanique. Les séances durent de cinq à huit minutes par jour. De cette manière, Areoleo a obtenu de très bons résultats dans la kératite parenchymateuse (application du pinceau sur la conjonctive, souvent instillations d'atropine). Déjà au bout d'un petit nombre de séances, la cornée s'éclaircit pour continuer peu à peu et aboutir à une guérison plus ou moins complète. Un brillant résultat fut, parait-il, obtenu dans un cas de kératite épithéliale. Il prétend aussi avoir traité avec succès des abcès de la cornée, de la même manière, sous la réserve que deux ou trois fois dans chaque séance, le fond des abcès fut touché rapidement avec le pinceau à poils. Moi-même, j'ai une fois traité fort longtemps, d'après cette méthode, un cas de taie blanchâtre ancienne de toute la cornée, sans obtenir de succès notable ; il est vrai que cet état résiste à tous les autres traitements. Dans un cas de kératite commençante et de conjonctivite névro-paralytique (voir 132e obs.) avec parésie du trijumeau gauche, j'ai obtenu un très bon résultat du traitement galvanique de l'œil (P. N. stable et labile sur les paupières fermées). Brière (cité par Boucheron, p. 80) prétend avoir guéri, en peu de semaines, une kératite pare nchy mate use, par l'application du courant galvanique (de 4 à 6 élém.j et Chvostek a traité avec un grand succès une kératite panneuse, par une galvanisation continue du sympathique.
Parmi les maladies de l'iris, abstraction faite des troubles nerveux, c'est surtout Yhypopion qui paraît avoir été, bien des fois, l'objet des tentatives électrothérapiques. C'est particulièrement Areoleo qui préconise le traitement faradique d'après sa méthode sus-mentionnée ; il applique sa fine électrodeéponge directement sur le bord inférieur de la cornée et il touche, dans le cours d'une séance, trois ou quatre fois la région du foyer purulent luimême ; après la séance, il instille quelques gouttes d'atropine et cela est suivi d'une hypérémie de la conjonctive. Dès le lendemain, il se manifesterait une diminution notable de l'hypopion, et quand l'affection est légère, elle est amenée à disparaître, même en un jour, et en quatre ou sept jours, quand la maladie est à un degré plus élevé (20 cas). Weisflog aussi a, dans cinq cas d'hypopion, obtenu de sa méthode de faradisalion (séances de six à huit demi-heures, en une journée, de grandes électrodes-éponges sur l'œil fermé), de bons résultats ; il parle en outre d'une iritis gravi' el aigm", qui fut guérie en très peu. de temps, par trois faradisations d'une heure par jour.
Parmi les affections du cristallin, tout récemment la cataracte a été entraînée dans le domaine de l'électrothérapie. Neftel a excité, dans le camp ophtalmologique, une émotion assez grande en annonçant que, dans deux cas indubitables de cataracte commençante, il avait, au moyen d'un traitement galvanique méthodique, fait disparaître tous les symptômes de cette affection et rétabli complètement la faculté visuelle. A la suite d'une critique sévère de ces données par Hirschberg, Neftel d'ailleurs reconnut que, dans les deux cas, les épaississements du cristallin constatés ophtalmoscopiquement n'avaient pas, à vrai dire, complètement disparu et il chercha à expliquer