MALADIES DE L'IRIS, DU CRISTALLIN, DU CORPS VITRÉ
l'amélioration absolument indubitable de la faculté visuelle, dans ces cas, par la suppression d'un obscurcissement purement moléculaire non constatable par l'exploration ophtalmologique. Il admit également que, dans la cataracte arrivée à maturité, on pouvait influencer l'opacité par le traitement galvanique mais non point à un très haut degré.
Cette question en est donc absolument encore à ses débuts ; mais l'extrême importance du sujet justifierait certainement des expériences ultérieures minutieuses dans cette voie, qu'il faudrait naturellement diriger principalement sur la cataracte commençante d'autant plus que, d'après le dire des ophtalmologues les plus circonspects, l'état stationnaire et même la rétrogradation peuvent positivement se produire (Voyez 0. Becker, affect. du cristallin, in Grafe Sàmisch's, Haudb der Augenheilk, V. P. 308)
La méthode appliquée par Neftel est la suivante: An stable à la nuque, Ka stable labile sur les yeux fermés. Commencer avec cinq éléments: puis faire passer le courant en sens opposé, reprendre à plusieurs reprises ce procédé avec une intensité de courant s'élevant depuis celle d'un élément jusqu'à celle de lo éléments. Durée de l'ensemble de la séance 10-15 min., traitement d'abord quotidien, ensuite plus espacé.
Le courant électrique a été également appliqué non sans succès, pour les affections du corps vitré, particulièrement lorsqu'il y a production d'opacités. Cet obscurcissement peut, comme on sait, résulter de processus morbides très divers et, par suite, avoir une importance pathologique très différente. Épanehements sanguins, produits inflammatoires, processus de dégénérescence, suppurations, formations de cicatrices, etc., peuvent être en cause et cette énumération partielle indique déjà que certaines formes de ces obscurcissements sinon toutes, peuvent être accessibles au traitement électrique ; et que les unes céderont rapidement, les autres seulement avec lenteur à l'influence catalytique du courant.
Giraud-Teulon paraît être celui qui s'est le plus longuement occupé de ces formes d'affection. Tout récemment, dans une communication préliminaire, il a émis l'opinion que le courant galvanique est le remède curatif à la fois le plus efficace et le plus rapide de la plupart des obscurcissements de l'humeur vitrée. Ultérieurement Onimus, dans la thèse de Camus, a publié une série de documents qui concordent d'une manière très favorable; pourtant les méthodes de ces deux praticiens ne sont pas identiques. Boucheron signale également quelques observations sur le sujet et Le Fort a recommandé, pour ces troubles, sa méthode de courants galvaniques faibles continus.
D'après les observations communiquées par cesauteurs, il paraît indubitable que le courant galvanique exerce une certaine influence sur les obscurcissements de l'humeur vitrée et que, par le fait de son emploi dans un assez grand nombre de cas, qui avaient déjà été traités infructueusement par d'autres moyens, on peut faire disparaître ces troubles avec une rapidité surprenante et plus ou moins complète. En tout cas lesdites observations nous engagent à des explorations ultérieures, un peu plus exactes, s'il est possible.
Les méthodes employées par chaque savant en particulier sont, à vrai dire,
très diverses : tandis que Le Fort place sur les tempes, bilatéralement, des électrodes reliées seulement à deux faibles éléments et les y laisse, jour et nuit; Giraud-Teulon applique l'An de 8-10 éléments Daniel sur les paupières fermées, la Ka derrière Foreille, durant 2-4 minutes ; Onimus, au contraire, place la Ka sur les paupières fermées, l'An sur le sympathique du même côté, stable, 8-12 éléments, durant 2-5 minutes ; d'autres enfin ont simplement appliqué les pôles sur le front et la nuque et tous prétendent avoir observé de bons résultats. 11 résulte simplement de là que la direction du courant ou l'application du pôle sur l'œil importent assez peu, et que l'essentiel est de faire baigner l'œil par le courant galvanique le traversant, et cela d'ailleurs concorde avec nos considérations générales relatives aux mélbodes ayant pour but les actions catalytiques. — Pour des essais ultérieurs, je recommanderais de conduire le courant depuis les paupières fermées jusqu'à la nuque, à l'aide d'électrodes-éponges appropriées, avec changement de direction du courant, ou bien de telle façon que, durant chaque séance, d'abord l'An, ensuite la Ka, agisse sur l'œil, ou bien de façon que dans une séance ce soit l'An, dans l'autre rien que la Ka qui entre en jeu. Courants faibles (4-10 éléments Stohr) action stable, 2-o minutes. — Il est à peine possible de dire à priori s'il convient de comprendre aussi le sympathique du cou dans le traitement, par une application du pôle indifférent sur le ganglion supérieur ; c'est là une question que "des essais directs devraient trancher.
En ce qui concerne les maladies de la choroïde, Dor rapporte quelques résultats très encourageants. Les cas les plus accessibles au traitement électrique seraient ceux où, dans unechoroïdite disséminée, des modifications atrophiantes avec scotomes se développeraient après des mois ou des années, dans la rétine, des cas avec accumulation de pigments, quelques exsudations plastiques et à plaques d'atrophie. Il les traite avec le courant galvanique transversalement par les tempes ou, si un côté seulement est malade, depuis l'arc supraorbital jusqu'au processus mastoïde, du même côté.
140° Observation de Dor. Hètino choroïdite chronique. Un homme âgé de 36 ans, malade depuis 2 ans, traité infructueusement par tous les remèdes possibles (saignées, mercure, iodure de potassium, traitement sudorifique, frictions sèches, bains), ne peut marcher qu'à l'aide d'un guide. Diagnostic, choroïdite disséminée, avec nombreuses accumulations de pigment et altération subséquente de la rétine. La pupille est un peu rougeâtre et strictement limitée. Des deux côtés grands scotomes centraux. D'abord traitement par la méthode Heurteloup ; par là, amélioration jusqu'à I/X1I (dans une fixation excentrique), puis stationnaire, Traitement galvanique : au bout de trois semaines, le patient lisait toutes les lettres alphabétiques de VII, quelques-unes de VI. — o mois d'interruption : lettres de VII. — 8 jours de strychnine sans modification. — Courant galvanique; après 2 jours, lettres de VI ; après 8 jours, de IV ; après 3 semaines, toutes les lettres de IV ; après 3 autres semaines de III ; mais l'amélioration ne se manifesta qu'à l'œil droit, principalement parce que le scotome diminuait toujours.
A partir du 20 juin, la vue centrale était aussi possible et il est vrai, au