AFFECTIONS DE LA CIIOROÏDE, DE LA RÉTINE
n° XI; au 8 juillet, n° X ; au 30 juillet u° VI ; au 24 août, n° V. L'œil gauche traité eu premier lieu ne manifesta d'amélioration (le 29 mai) qu'après 4ii jours de traitement électrique : depuis lors l'amélioration continua. Le 18 juin , à gauche (excentriquement) n° XV ; le 8 juillet, n° X ; le 30 juillet, n° VI ; le 24 août, VI ; le scotome central était considérablement diminué.
Mais ce qui importe le plus aux électrothérapeutes ce sont les maladies de la rétine et du nerf optique lui-même, soit à cause de leur fréquence et de leur importance pathologique, soit aussi à cause des nombreux succès que le courant électrique peut revendiquer dans les maladies purement inflammatoires et leurs états consécutifs, en outre dans les troubles simplement fonctionnels sans modifications anatomiques constatables, moins dans les dégénérescences et atrophies primaires.
Dans la rètinite pigmenteuse, Dor a, dans plusieurs cas, obtenu avec son traitement galvanique indiqué plus haut, une série de succès et il pousse fortement à des expériences ultérieures ; Neftel aussi parle d'un résultat avantageux.
Dans la papillite et la paptllo-rétim'te, telles qu'elles se manifestent dans beaucoup d'affections de la cavité crânienne, surtout dans des tumeurs et la méningite, l'on ne peut naturellement pas espérer beaucoup de leur traitement électrique (bien que Driver aussi prétende avoir obtenu de nombreux succès de la galvanisation du sympathique dans cette névro-rétinite symptomatique), tant que le processus est encore dans son activité et que la cause de la maladie n'a pas été supprimée. C'est précisément contre cette cause de l'affection, qu'en règle générale on ne pourra pas obtenir beaucoup du courant électrique. Mais l'on peut espérer, et nous avons pour nous à cet égard quelques expériences, que le courant électrique puisse se montrer très utile dans les états consécutifs à la maladie, après la terminaison, l'arrêt de l'affection fondamentale et qu'il amène alors une amélioration considérable de la faculté visuelle. Le traitement est alors le même que pour chaque névrite optique avec atrophie secondaire.
La névrite optique, sous ses différentes formes et terminaisons, est assurément, parmi les maladies anatomiques du nerf optique, le terrain le plus favorable pour le traitement électrique.
Pfluger a vu, dans la névrite optique et dans l'atrophie du nerf de la vue, une série de résultats heureux, en partie brillant-, dus au traitement galvanique mais il ne donne pas de détails précis sur la méthode.
Leber conseille de traiter le sympathique, dans les affections congénitales du nerf optique, décrites par lui, qui sont appelées névrites rétrobulbaires, et il se base sur l'observation déjà publiée antérieure-
ment (voir plus haut obs. 49, p. 372). — Il est vrai que, dans plusieurs autres cas analogues, ce succès ne se reproduisit pas.
Moi-même, dans un cas de névrite descendante optique, coïncidant avec une myélite transverse dorsale, et une amblyopie persistante, et présentant l'image ophtalmoscopique d'une atrophie des nerfs optiques, j'obtins un résultat très satisfaisant par un traitement galvanique plusieurs fois répété.
141° Observation personnelle. — Névrite optique et myélite dorsale subaiguë. Homme de 53 ans, devint en fé\rier 1877, assez subitement aveugle de l'œil gauche puis, quelques semaines après, il avait recouvré la vue ; bientôt après, même cécité de l'œil droit, suivie d'un mieux notable. Au bout de quelques temps, récidive dans les deux yeux, dégénérant en amaurose complète ; à l'ophtalhioscope, image manifeste de la névrite optique avec atrophie commençante . A partir de la mi-juin, lente amélioration. A partir de la fin de juin, symptômes d'une myélite transverse dorsale, qui, jusqu'à la fin de juillet, amena le malade à une complète paraplégie, accompagnée d'anesthésie, paralysie de la vessie, augmentation des réflexes tendineux et cutanés, etc. sur lesquels il n'est pas nécessaire d'insister ici. A partir du commencement d'août 1877, amélioration de ces manifestations; à la fin de septembre, le patient peut de nouveau faire quelques pas. L'amélioration continue lentement, même pour les yeux. Dans l'été de 1878, cure des bains a ÎSauheim avec succès..
Le 12 novembre 1878, alors que les yeux étaient restés longtemps stationnantes, on commença à leur appliquer un traitement galvanique. État du malade ce jour-là (professeur 0. Becker) : pupilles assez étroites, réagissant à la lumière faible, myopie desdeuxyeux OE. d. V. 6/60. — Oë. g : V. un peu plus faible, 6/00. Examen a l'ophtalmoscope : image de l'atrophie du nerf optique, avec faible excavation atrophique, plus accentuée à gauche. Méthode du trait innt : 4-6 éléments Stôhr, transversalement par l<'s tempes, 6-8 éléments depuis la nuque jusqu'à l'œil, stable, trois à quatres minutes journellement. (Outre cela, galvanisa lion du dos, 10-12 éléments en montant et en ■ îi'lant, stable, deux à trois minutes). — 10 décembre les deux yeux sont indubitablement en meilleur état. CE.d: V. 6/36, OE. g: V. 6/60. Le 4 février . OE.d. Y. 6/18; OE.d. Y. 6/18-12; CE, g. 6, 24-18. Traitement terminé. Plus tard un autre traitement semblable, plusieurs fois répété, n'amena plu- d'amélioration notable : cependant le patient peut de nouveau écrire el lire une impression ordinaire.
Un cm, rentrant dans la même catégorie, a été guéri récemment pour Rumpf, en très peu du temps, à l'aide du pinceau faradique.
141" Observation de Rtimpf. — Névrite optique avec myélite transversale. Jeun'' femme âgéede :>7 ans, malade depuis deux ans environ. Elle présente delà pan siedans les extrémités inférieures. Elle chancelé quand elle a les yeux fermés. Force motrice des jambes considérablement affaiblie. Paresthésies, diminution de la sensibilité des jambes, douleurs constrictives, exagérations des réflexes tendineux, constipation, incontinence d'urine, affaiblissement de la
NÉVRITEOPTIQUE ; OBSERVATIONS 569
faculté visuelle. (La patiente lit avec difficulté J. n° 14.) État ophtalmoscopique (Mooren), qui tient le milieu entre le gonflement de la papille et la névrite: épaississement, obscurcissement, injection intense de la papille, dilatation des artères et veines. Traitement avec le pinceau faradique (avec traînées énergiques et lentes sur la peau de la poitrine, le dos et les extrémités supérieures) ; résultat très brillant ; le troisième jour déjà l'engorgement dû nerf optique est moindre, le gonflement de la papille est en décroissance ; le sixième jour, lecture avec J. n° 7. — Après28 séances (ultérieurement le dos fut aussi galvanisé), toutes les manifestations myélitiques disparurent; la patiente put lire leJ. n°3 et les constatations ophtalmoscopiques étaient normales.
L'observation suivante rentre bien dans la même catégorie d'atrophie secondaire déterminée par une névrite optique.
143° 06s. personnelle . — Névrite optique avec atrophie du nerf optique. — Un employé de banque, âgé de 21 ans, vient se faire traiter le 2 décembre 1880 pour une amblyopie, qui persiste depuis quelques mois et s'est assez rapidement développée. — 11 présente à l'ophtalmoscope l'image d'une névrite optique avec transformation atrophique, amblyopie à haut degré ; le patient est obligé de se faire conduire, peut à peine compter ses doigts ; champ de la vision notablement rétréci. Les oculistes soupçonnent une tuberculose, mais ce soupçon ne se confirme pas, bien que le patient soit d'ailleurs très délicat. Deux sœurs de sa mère sont, paraît-il, également devenues aveugles durant leur jeunesse. — Traitement avec extrait de noix vomique et galvanisation: 6 éléments transversalement, par les tempes, 6-8 éléments à partir de la nuque, (An) sur les paupières fermées, (Ka stable et labile) ultérieurement aussi au sympathique du cou ; chaque jour 2-3 minutes. — 10 janvier 1881 le patient reconnaît qu'il y voit décidément mieux ; sur les tablettes de Snellen, il reconnaît les lettres alphabétiques à gauche de D = 9 fort bien, de D = G, partiellement ; à droite de D=9, il ne les reconnaît que partiellement aussi. — Couleur : le vert, très incertain, le rouge assez bien, bleu et jaune clairement mais pas encore très correctement. Ophtalmoscopiquemenl aussi, l'image est meilleure, l'hypérémie et le gonflement sont moindres à -anche, la pupille et les vaisseaux plus clairs. — Le 20 janvier; notable amélioration, surtout à gauche. A g. de 1) = 3. pour les lettres alphabétiques, très bien ; à droite, au contraire D = 9, encore avec peine. — Le 30 janvier, il déchiffre à gauche avec quelque difficulté D = l ; à droite, pas cueilli.' d'amélioration. Le 2 février, on* commence les injections de strychnine. Le 27 février, a gauche D = l tout à fait bien. A droite, de D = 4, quelques lettres. Avec l'œil gauche le patient peut déjà lire quelques mots; son champ visuel est encore très petit ; il est de nouveau en état de marcher seul dans la rue. Le 2fc mars, il part pour la Suisse. 11 en revient deux mois après, avec une amélioration. Adroite, maintenant, D = l, tout à fait bien, et même a gauche, de D— 0,60 quelques lettres.
Je possède encore, sur beaucoup d'autres cas, des renseignements malheureusement incomplets, dans lesquels le traitement galvanique
a réussi, du moins jusqu'à un certain degré ; d'autre part, à vrai dire, je dois signaler toute une série de résultats négatifs. Benedikt aussi raconte plusieurs succès obtenus dans le traitement de la névro-rétinite et de la névrite optique.
La méthode de traitement préférable se déduit d'elle-même des indications antérieures; il s'agit cependant surtout des effets catalytiques. 11 faudra donc appliquer de préférence des courants stables, directement sur l'œil et sur le nerf optique. Dans les premières phases, il vaudra mieux appliquer sur l'œil le pôle positif (mais pas d'une manière exclusive). Plus tard, quand le processus se rapprochera de l'atrophie, il vaudra mieux faire agir le pôle négatif. En tout cas, l'expérience et des notions anatomiques et physiologiques veulent aussi que l'on essaie simultanément la galvanisation du sympathique, au moyen de laquelle on agit en même temps sur la moelle cervicale. En général, on doit conseiller de grandes électrodes, de faibles courants, de courtes séances (pas plus de 2 à 3 minutes) ; mais, généralement, le traitement doit être de longue durée.
En détail, voici comment on devra procéder à l'application (abstraction faite du traitement, s'il y a lieu, de l'affection fondamentale) : d'abord direction transversale du courant par les tempes, pour atteindre le nerf optique dans l'orbite, en alternant la direction du courant; ensuite direction longitudinale, de la nuque aux paupières fermées. Si la névrite prédomine, il faut, de préférence, appliquer le pôle positif sur l'œil ; le pôle négatif restera stable, mais d'une manière tout à fait passagère. Si l'atrophie a déjà commencé, le pôle négatif sera, de préférence, appliqué sur l'œil, après que le pôle positif aura pareillement agi, d'une façon stable et modérément labile. Enfin galvanisation du sympathique, conformément à la méthode ordinaire ; dès lors, il faudra par des expériences particulières, décider si chaque fois le pôle négatif doit être posé sur le ganglion supérieur ou bien si, parfois, le pôle positif ne peut pas, lui aussi, rendre d'utiles services.
Cependant de nombreuses expériences nous apprennent déjà maintenant que cette méthode compte d'éclatants succès, qui peuvent rivaliser avec ceux de la strychnine dans le traitement de ces mêmes maladies. On voit que les résultats sont souvent bien meilleurs pour l'acuité visuelle que pour ce qu'on trouve à l'ophtalmoscope. Le miroir peut indiquer l'atrophie blanche la plus prononcée du nerf optique et, malgré cela, la faculté visuelle et la sensation des couleurpeuvent redevenir passables.
Mais, les résultats du traitement électrique, comme de tout autre, sont beaucoup moins satisfaisants dans ï atrophie primaire du nerf optique, qui n'a pas de début inflammatoire, mais où il s'agit a priori
ATROmiE PRIMAIRE DU NERF OPTIQUE .">~I
d'une dégénérescence du nerf optique. Ce sont là les formes les plus fâcheuses de la maladie du nerf optique, et elles ne présentent de temps d'arrêt et surtout de rétrogradation que dans les cas les plus rares. Toutefois, même ici, le traitement n'est pas entièrement fructueux et différentes expériences nous font un devoir de ne pas nous lasser de nos efforts thérapeutiques sur ce terrain si désespérant en soi.
C'est particulièrement ce qui existe pour l'atrophie du nerf optique dans le tabès. Elle est extraordinairement fréquente et importante, parce qu'elle se manifeste souvent de bonne heure dans le tableau symptomatique de cette maladie et qu'elle paraît pouvoir devancer de beaucoup d'années l'apparition des autres symptômes. Mais cela n'est pas aussi fréquemment le cas et, depuis que l'on a récemment appris à reconnaître les premiers débuts du tabès, on pourra souvent, à l'aide d'un examen attentif, de la présence des douleurs lancinantes, de la rigidité réflexe des pupilles, d'une faible analgésie et notamment de l'absence des réflexes tendineux, attribuer de bonne heure aux affections du nerf optique leur véritable valeur pathologique. — La maladie se décèle par la diminution de l'acuité visuelle et du sens des couleurs, rétrécissement du champ visuel avec strabisme et amblyopie progressive concurremment avec les indications caractéristiques de l'ophtalmoscope.
Il est naturellement important d'avoir à traiter les tout premiers débuts de la maladie, parce que alors seulement, on peut avoir quelque espérance de conserver la faculté visuelle. Mais ici même les résultats sont très précaires ou même complètement négatifs et j'ai vu souvent le mal, pris à son début, aboutir irrésistiblement à l'amaurose, malgré la persistance du traitement.
Presque tous les observateurs s'accordent à dire que les résultats du traitement électrique dans l'atrophie tabétique du nerf optique, sont presque toujours négatifs. Toutefois il existe des cas qui nous apprennent que, bien des fois, on peut obtenir un temps d'arrêt ou même une amélioration plus ou moins notable, absolument comme cela se passe pour l'affection simultanée des cordons postérieurs spinaux. Moi-même j'ai traité un cas de ce genre ; malheureusement je n'ai pas conservé de notes exactes à son égard. Il s'agit d'un officier âgé de 46 ans, qui présentait depuis 12 ans les phénomènes initiaux du tabès et, depuis 2 ans et demi de l'atrophie des nerfs optiques, avec un rétrécissement considérable du champ visuel dans les deux yeux (Prof. 0. Becker). Un traitement galvanique, suivi pendant quatre semaines, amena une extension notable du champ visuel ; la faculté visuelle centrale qui avait diminué quelque peu, au début du traitement, était devenue meilleure dans les deux yeux. Par la suite, je n'ai plus rien
Oi2 AFFECTIONS DES ORGANES DES SENS
entendu sur ce malade. — Voir aussi plus haut l'observation 26, dans laquelle, il est vrai, le diagnostic de tabès n'offrait pas la même certitude.
La méthode de traitement est exactement la même que celle qui a été indiquée plus haut pour l'atrophie névritique. Mais il importe, dans tous les cas de ce genre, de traiter simultanément la moelle dorsale ; d'ailleurs les recherches expérimentales de V. Forster et Jlieger nous donnent aussi certains points d'appui physiologiques, pour ce procédé ; gardez-vous donc en pareil cas, de négliger le traitement régulier de la moelle épinière.
Je considère comme un peu moins défavorables les résultats obtenus dans Valrophie du nerf optique dite congénitale, qui n'est pas rare, qui, sans connexion évidente avec les maladies spinales ou cérébrales, se développe, par une cause inconnue, chez certains hommes, et qui se comporte dans le trouble fonctionnel et pour l'ophtalmoscope, absolument comme l'atrophie blanche des nerfs optiques. Chez les tabéliques, il existe quelques exemples de résultats très favorables du traitement électrique clans cette forme d'affection ; telle est l'observation déjà mentionnée ci-dessus, de Donald Fraser (V. Obs. 50, p. 372).
144° Obs. de Driver. Atrophie des nerf* optiques. Instituteur, ayant depuis des années une affection des yeux; amblyopie traitée à plusieurs reprises sans succès (par les médecins les plus éminents). L'exploration indique une atrophie complète des deux nerfs optiques, avec excavation superficielle ; vaisseaux minces comme des cheveux ; mouvements nystagmites des bulbes. Examen visuel droit: les doigts à 4 pieds ; gauche, seulement a 3 pieds. — Rétrécissement du champ visuel: daltonisme. — Traitement de trois semaines par injections de strychnine, pas d'amélioration, mais statu quo. — Alors traitement galvanique; au bout de deux mois, le patient compte les doigts à 20 pieds. 11 continue le traitement à domicile ; un an plus tard, il lit avec le n° 8 et, distingue toutes les couleurs. Image ophtalmoscopique franchement meilleure ; vaisseaux plus forts.
145° Obs. de Driver. Atrophie commençante du nerf optique. Femme, 4o ans, depuis longtemps amaurolique de l'œil gauche; depuis peu elle aperçoit aussi un brouillard devant son œil droit. Sans cela, tout à fait bien portante. A l'ophtalmoscope, à gauche: atrophie incomplète du nerf optique ; à droite: papille un peu plus blanche, vaisseaux un peu plus rétrécis qu'à l'état normal. Vue= 20/20, brouillard disparu, l'examen au miroir est de nouveau normal ; gauche : doigts aperçus à 2 pieds, en haut et en dehors. Six mois après, il s'est produit une aggravation. Droite : le brouillard a réapparu, vue = 20/30. Au bout de douze jours de traitement galvanique, guérison complète.
140° Obs. personnelle. Atrophie commençante des nerfs optiques. Homme, 48 ans, a eu, étant en état d'ivresse, plusieurs refroidissements alcooliques, se plaint, depuis huit mois, d'un affaiblissement, de la vue accompagné de fré-