‹ Traité d'électrothérapieChapitre 254 sur 290 · BOURDONNEMENTS NERVEUX ; OBSERVATIONS 58S · texte numérisé non relu

BOURDONNEMENTS NERVEUX ; OBSERVATIONS 58S

bruit sourd d'une autre nature, dont il fixe le siège à une certaine place de la région occipitale ; il soutire, en outre, à côté du bourdonnement, de coups rapides comme l'éclair, au moment où il s'endort, coups qui consistent en détonations suivies de secousses. — Galvaniquement,lesdeun nerfs acoustiques indiquent une hyperesthêsie énorme avec réaction paradoxale de l'oreille non armée. Pendant l'AnD il se produit une cessation complète du bourdonnement céphalique, mais le bourdonnement d'oreille n'en subit aucune altération. — Le patient a été traité plusieurs fois pendant quelques mois par la méthode galvanique. Le résultat a été très favorable. Le bourdonnement céphalique a sans cesse diminué ; les secousses en éclairs, lors de l'assoupissement, ont diminué d'intensité pour disparaître enfin presque complètement : la faculté auditive a augmenté, la tète est devenue plus libre, l'humeur meilleure, le siftlement d'oreilles seul a subsisté.

lo9° Obs. de Hagen. — Surdité et bourdonnement d'oreilles. — Hyperesthêsie avec renversement de la formule normale. — Ouvrière de fabrique, 17 ans, dure d'oreille depuis trois mois et souffrant de bruits subjectifs bilatéraux (Bourdonnements, chants, sons et tintements), plus forts à gauche qu'à droite. — Bilatéralement point de sécrétion, membrane du tympan épaissie, sans cône lumineux; passade des conduits libre ; conductibilité osseuse céphalique égale des deux côtés. Amplitude d'audition, à droite (montre à répétition) 4 pouces, à gauche 1. — Un traitement otiatrique de plusieurs semaines n'a eu presque aucune influence sur le quadruple bruit. — L'investigation galvanique a indiqué aux deux oreilles, adroite lors de forces de courant plus grandes qu'à gauche, la formule suivante :

KaS —

KaD—

KaO'S faible sifflement.

AnFS' fort siftlement.

AnDS cxj sifflement persistant.

AnO —

La KaD produit aussitôt une diminution des bruits subjectifs. — On traite d'abord l'oreille gauche avec KaD et sorties de traînées ; résultat: les 4 bruits subjectifs de l'oreille gauche ont disparu et il s'est produit conjointement aussi, dans l'oreille droite. non traitée, un repos complet. — L'oreille droite reste libre pendant longtemps; dans la gauche, le bourdonnement disparaît tout d'abord, le siftlement, le son et le tintement reparurent bientôt après la première séance; ils furent immédiatement supprimés de nouveau parle traitement de la KaD, le sifflement persistait seulement. — Après la huitième séance, le tintement reparut seul encore d'une façon passagère: après la dix-septième ce dernier disparut aussi durablement. L'ouïe était un peu oni !-!:orée ;dans la formule galvanique la KaO-réaction avait disparu, niais la n >r maie n'avait pasencore apparu. La guérison se maintint.

100° 06s. de M oos. — Surdité avec bourdonnement cPoreilles après méningite cérébro-spinale. — Garçon de ferme, 21 ans, a eu une méningite cérébro-spinale, en 1860 et a été, pendant sa durée, complètement sourd : ultérieuremenl à gauche un peu d'amélioration, i. droite aucune; bilatéralement forts bruits subjectifs. Été de 1807; adroite, surdité complète; à gauche, une montre'

placée à 0 pieds est entendue à 3 pieds ; la paiole l'est à 2 pas ; surdité complète pour les sons bas. L'exploration exacte indique l'intégrité des organes partiels de l'appareil auditif. Les méthodes de traitement otiatrique les plus diverses restent sans résultat. — A ïoreille gauche, formule de Fhyperestkésie simple ; le bruit subjectif est étouffé par l'AnD ; après la première séance déjà, la parole est entendue à 6 pas, la montre à 6 pieds. — A l'oreille droite, lors de la KaF, fort sifflement, point d'amélioration par un traitement ultérieur, taudis qu'à gauche, après vingt-deux séances, l'audition du langage a lieu jusqu'à dix-huit pas et les bruits subjectifs se sont fort modérés.

Il ressort déjà de la lecture de ces cas, quelle peut être la méthode de traitement à instituer chaque fois et de quelle façon elle découle des résultats de l'investigation. Gomme principe général, il faut s'attacher à faire agir, avec la plus grande intensité et durée possibles, les forces existantes, qui mettent un terme au bruit subjectif ou qui le suppriment entièrement, tandis que de l'autre côté, celles qui augmentent le bourdonnement , doivent être le plus possible abaissées dans leur action irritante ou même entièrement évitées, et cela en introduisant ou retirant le courant par traînées. Outre cela, on peut souvent rétablir la formule normale en stimulant les agents irritants affaiblis ou absents ou en évitant ceux qui sont trop vifs.

Pour les cas isolés que l'on rencontre dans la pratique, le processus se réduit finalement au mode suivant :

Dans le bourdonnement d'oreilles en rapport avec une hyperesthésie simple, bourdonnement qui est calmé par l'An (ce qui est le cas le plus fréquent), fermez avec l'An dans toute la force du courant et diminuez ensuite après une action suffisamment longue de l'An le courant insensiblement et avec des arrêts tellement petits (sortie de traînées au moyen du rhéostat ou de la diminution du nombre des éléments) que l'on évite toute excitation d'ouverture et que, par conséquent, il ne se produit aucune sensation d'ouverture et en premier lieu aucun bourdonnement durant cette sortie par traînées. Il vous faudra faire cela très lentement et avec beaucoup de prudence, revenir souvent à une force de courant supérieure, prolonger la durée de la séance avant • pie la sortie par traînées devienne possible, sans provoquer aucune irritation ; pour cela, il faut alors toute sorte d'expédients. Si vous voulez encore augmenter l'action de l'AnD au moyen d'une commutation de courant préalable, vous fermerez avec la Ka et une force de courant minima ; vous laissez celle-ci se gonfler insensiblement (par l'introduction de traînées) ; vous opérez ensuite une prompte commutation sur l'AnD puis vous continuez comme je viens de le dire.

Mais si l'hyperesthésie est si élevée que la réaction paradoxale se produise, . ainsi qu'un sifflement simultané' de l'autre oreille, vous

MÉTHODES SPÉCIALES DE TRAITEMENT o87

compromettriez du même coup, dans l'autre oreille, ce que vous auriez gagné dans la première par le traitement. Pour ce fait la meilleure méthode est que les deux oreilles soient armées simultanément d'une électrode partagée et qu'ensuite, le reste du traitement s'effectue exactement de la manière décrite plus haut. Cela peut conduire au but avec une grande promptitude. Vous pouvez employer les mêmes procédés en présence d'une hyperesthésie modérée, simple et affectant les deux cùtés.

Mais si le bourdonnement d'oreilles se combine à une hyperesthésie, lors du renversement de la formule normale, vous trouverez souvent que ce bourdonnement est amorti par l'action de la KaD tandis qu'il est augmenté par l'AnF et l'AnD. Dans ce cas, vous devrez agir tout à fait en sens inverse, forcer autant que possible l'action de la KaP et de la KaD et les prolonger, éviter IaKaO au moyen de la sortie par traînées, et également prévenir l'action irritante de l'AnF par l'introduction des traînées ; pour le reste, le processus est tout à fait le même que celui de la simple hyperesthésie.

Mais les conditions deviennent plus difficiles quand d autres anomalies de la formule normale se produisent avec ou sans hyperesthésie, par exemple quand, à tous les agents excitants, répondent des sensations de son. — Alors il faut bien des fois laisser au tact et à l'heureuse chance du thérapeute le soin de décider du procédé qui, dans les cas particuliers, devra conduire au but. Ce qu'il y a de mieux à faire alors, c'est d'instituer des essais systématiques et rationnels. Laissez-vous guider ensuite par les considérations suivantes : la méthode ne vise qu'à un but, celui d'étouffer le bourdonnement, que ce soit par l'AnD ou la KaD ; aussi il faudra régler le traitement en conséquence. Ensuite il est important de savoir si les agents irritants pathologiques sont déjà devenus plus forts que les excitants normaux et si l'on se rapproche oui ou non du renversement de la formule ; dans le premier cas, il faudrait attacher plus de poids au même traitement que celui du renversement de la formule, dans le dernier cas, il faudrait organiser le traitement comme s'il s'agissait d'une simple hyperesthésie. Enfin vous pouvez essayer par un traitement galvanique régulier de ramener peu à peu le nerf acoustique à la formule normale, d'éviter les excitants pathologiques, pour favoriser les excitants normaux, et déterminer peut-être ainsi une réaction bienfaisante sur l'affection nerveuse.

Mais, quoi qu'il arrive, ne vous laissez pas détourner de vos expériences thérapeutiques par des scrupules théoriques, ni dételle ou telle méthode, avant d'avoir épuisé toutes les méthodes disponibles. En tout cas, tous les moyens de guérison sont permis ; l'électrotonus lui-même ne restera pas seul maître de ce terrain, son domaine incontesté, et il

n'est pas du tout impossible que, par les actions cataly tiques continues du courant, à direction alternante, on produise des résultats qui ont été refusés à son action directement modifiante. C'est ce qui fera peut être comprendre l'étrange assertion de Bénédikt, d'après laquelle des commutations de courants seraient peut-être les remèdes les plus efficaces, aussi bien pour la dureté d'oreille que pour les bourdonnements.

Ces principes concernent pareillement toutes les anomalies de la réaction plus rares et non encore mentionnées, les formules tout à fait irrégulières, avec tintements d'oreilles, ainsi quelescasoùl'investigation galvanique ne donne pas de résultats positifs. Dans ces cas, qui ne sont pas rares, vous pourrez, après avoir suffisamment éprouvé et épuisé les autres méthodes olrialiques, en vous appuyant sur les expériences acquises, essayer, vous aussi, sans hésitation un traitement électrique même vague et incertain en apparence, et le continuer pendant quelque temps d'une manière logique et systématique. J'ai vu à plusieurs reprises qu'en procédant ainsi on a obtenu, à force de persévérance et de patience, une amélioration notable. Chez des malades de cette catégorie, je regarderais même comme justifiée une expérience faite avec le courant faradique, attendu que lui aussi (Schivardi, etc.) a fourni de remarquables résultats. Il n'est en effet nullement impossible qu'il produise une action thérapeutique aussi bien sur l'appareil auditif que sur le cerveau, les nerfs vaso-moteurs, etc.

Pour ajouter un mot à la technique de ces méthodes de traitement, nous dirons qu'elles exigent, dans la plupart des cas, un très haut degré d'exactitude et de netteté dans le maniement, des appareils auxquels on puisse se fier, que l'on sache habilement diriger, que l'on utilise convenablement, ainsi qu'une connaissance exacte des phénomènes que l'on veut combattre et une idée claire de ce que l'on veut obtenir. Comme toutes ces conditions ne se trouvent que rarement réunies, on s'explique aisément pourquoi maints observateurs et particulièrement certains médecins spécialistes, qui ne sont pas ou presque pas familiarisés avec les opérationsélectrothérapeutiques, n'ont obtenu qu'un si petit nombre de résultats satisfaisants. Vous vous servirez de préférence du mode extérieur de recherche (voir p. 146), l'électrode B étant placée dans la main opposée, moins bien sur la nuque. Une bonne fixation des électrodes est nécessaire ; lesintervertisseurs de courant et toutes les parties d'appareil doivent être confectionnés de telle sorte qu'un puisse éviter autant que possible les interruption^ involontaires de courant et les chocs. Il faut apporter un soin extrême à l'opération de l'entrée et de la sortie par traînées ; ce dernier point surtout vous donnera souvent beaucoup de peine, vu que quand l'hyperesthésie est intense, une faible diminution de la force du courant

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