‹ Traité d'électrothérapieChapitre 257 sur 290 · NÉVROSES DES NERFS DE L'ODORAT · texte numérisé non relu

NÉVROSES DES NERFS DE L'ODORAT

quelque chose directement contre l'ageusis ; bien des fois cette affection persiste plus longtemps que l'affection principale ou reste tout à fait permanente.

Si ensuite vous considérez comme indiquée une intervention directe, le plus utile serait d'exciter directement, de préférence au moyen du courant galvanique, les nerfs du goût, en prenant pour point de départ la langue et la cavité buccale ; vous frottez ensuite, avec une petite électrode-éponge (électrode pharyngée, p. 435) ou avec la paire d'électrodes de Neumann, consistant en sondes nouées ensemble, toute la partie de la membrane muqueuse en question et cela assez énergiquement, pendant quelques minutes, avec une force de courant telle qu'elle ait la propriété de provoquer des sensations de goût précises, ce dont vous vous serez assuré, soit sur la moitié saine de la langue du patient, soit sur vous-mêmes ou que vous déterminerez à l'aide d'un galvanomètre introduit clans le circuit.

Névroses des nerfs de l'odorat

sont encore bien plus rares et moins importantes que les névroses du goût, quoiqu'elles provoquent bien des fois un trouble bien plus notable du goût que ces névroses du goût elles-mêmes.

Ici encore ce n'est que l'affaiblissement de la faculté olfactive, l'anosmie, qui a été jusqu'ici l'objet d'expériences thérapeutiques. L'anosmie apparaît assez fréquemment seule (par affections du nez lui-même, par lésion des nerfs olfactifs à la suite detraumalismes crâniens, par dégénérescence à la suite de processus séniles, etc.) ; mais souvent aussi elle se combine avec toute sorte d'autres troubles nerveux, qui dépendent de l'affection principale (tumeurs au cerveau, blessures par arme à feu traversant l'orbite, méningite, hémorragies du cerveau, hystérie, etc.). En ce qui concerne la localisation des influences thérapeutiques, il faudrait mentionner ici particulièrement le fait que l'anosmie du côté gauche a souvent été observée concurremment avec l'hémiplégie du côté droit et de l'aphasie ; que l'anosmie, lorsqu'elle est accompagnée d'hémianeslhésie et de troubles des autre sens, indique que le siège de la lésion est dans la capsule interne, mais que le siège de l'anosmie corticale doit être d'abord plus nettement fixé (probablement dans les lobes temporaux.)

On trouve dans divers auteurs quelques données sur le traitement efficace de l'anosmie par l'électricité ; ainsi Duchenne a vu des succès dans la faradisation de la membrane muqueuse du nez, surtout chez des hystériques. Barwinkel traita 3 cas d'anosmie, ayant duré de 1 à 10 ans (causés probablement par des rhumes de cerveau opiniâtres). Il obtint desguérisons dans deux cas, au bout de G séances ; dans le troi- Erb. — Électrotliérapie. 38

sième une amélioration au bout de 6 séances aussi. Sa méthode consiste à galvaniser avec un faible courant, de la nuque à la membrane muqueuse du nez, de telle sorte que l'électrode-sonde passait et repassait lentement sur celle-ci ; particulièrement sur les parties postérieures.

Il se manifesta alors des sensations olfactives et subjectives diversement caractérisées ; il y eut aussi une forte sécrétion. Fieber aussi obtint un résultat de l'emploi du courant galvanique (électrodes olivaires dans les deux narines). Neftel fut témoin du retour de la faculté olfactive après une absence de 20 ans, pendant le cours du traitement galvanique du bourdonnement chez le même sujet. Beard observa également une amélioration de l'anosmie, par un traitement galvanique du nez, externe et interne. Ferrier guérit, dans l'espace de quelques semaines, une anosmie traumatique, qui durait depuis de longues années, à l'aide du courant galvanique (dirigé transversalement par les fosses zygomatiques ou de la racine du nez à l'une de ces fosses).

Il est donc indubitable que bien des cas d'anosmie peuvent être guéris par l'électricité. Les méthodes à ce nécessaires se dénoncent d'elles-mêmes. Il faut avant tout attaquer le mal dans sa racine, puis, en toutes circonstances traiter galvaniquement les olfactifs euxmêmes, en faisant passer le courant transversalement par les parties antérieures des tempes ou par une direction longitudinale, de la racine du nez à la nuque, avec une direction de courant alternante. On peut y ajouter un traitement direct, à partir de la cavité nasale elle-même au moyen d'une électrode-bouton mince et ayant la forme d'une sonde (isolée jusqu'à la pointe) ; cette électrode est introduite dans la cavité nasale elle-même et, autant que possible, promenée sur de plus grandes parties de la membrane muqueuse, surtout vers le haut, c'est ce que l'on peut effectuer avec le courant faradique comme avec le courant galvanique (Ka). Quant à l'emploi de courants plus forts, vous en serez détournés, ne fût-ce que par la délicatesse que ce procédé exige.

XI. Maladies des organes du mouvement, des glandes, des organes de la poitrine et de l'ap-

pareil de la digestion.

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HHUMATISME MUSCULAIRE 597

v TRENTE-CINQUIÈME LEÇON

Sommaire : Affections des organes du mouvement. — Rhumatisme musculaire. Ses /ormes et sa nature. Différentes méthodes de traitement ; résultats. — Affections articulaires. Introduction. — Inflammations aiguës des articulations. Formes traumatiques et autres. — Polyarthrite rhumatismale. — Inflammations chroniques des articulations. 1. Le rhumatisme chronique articulaire. 2. Lerhumatisme chronique polyarticulaire. 3. L'arthrite déformante. 4. Roideur et ankyloses désarticulations.

Affections des organes glandulaires. Tumeurs des glandes lymphatiques. — Goitre. Tumeurs de la rate.

Affections des organes de la poitrine. — Asthmes nerveux. Battements de cœur nerveux. — Débilité et irrégularité du cœur.

C'est mon devoir de vous entretenir dans ce chapitre d'une série de maladies dans lesquelles le courant électrique produit aussi à l'occasion des guérisons très remarquables. Ce sont maintes maladies des organes, en partie de nature nerveuse, en partie non nerveuse, dont quelques-unes ont une importance secondaire, mais cependant méritent d'être signalées ici, ne fût-ce que pour vous donner un tableau aussi complet que possible de la zone d'action du courant électrique dans la médecine interne. Il est probable qu'en agissant de la sorte nous aurons à toucher à quelques terrains contigus. Je commence par les

Affections des organes du mouvement.

Les organes actifs du mouvement, les muscles, nous ont déjà occupés tant de fois qu'il ne reste plus grand'chose à en dire. Tout particulièrement le traitement des différentes formes d'atrophie, de dégénérescence et d'hypertrophie ont fait le sujet de mes précédentes leçons (v. 22e leçon, p. 379 et 25e leçon, p. 432)

Je ne dois plus mentionner ici qu'une maladie très fréquente et très douloureuse, connue généralement sous le nom de rhumatisme musculaire, et dans laquelle, le traitement électrique obtint très souvent des résultats satisfaisants. On sait que les rhumatismes musculaires se manifestent sous des formes diverses et sur tous les muscles que le corps peut renfermer; aussi les désigne-t-on sous des noms très différents les uns des autres. Mais on peut leur donner le nom générique de my algies. Le rhumatisme des reins est connu sous le nom de lumbago, celui des muscles du cou sous le nom de torticolis ou de caput obstipum, celui des muscles pectoraux sous le nom de myalgie pectorale ou pleurodynie, etc.

Toutes ces formes sont assez fréquentes, les malades les attribuent d'ordinaire à des refroidissements, à un effort subit et excessif ou à un déchirement de muscles, en tout cas elles sont très douloureuses et

o98 MALADIES DES ORGANES DU MOUVEMENT, ETC.

souvent très opiniâtres ; on les a vues braver pendant des mois et même pendant des années toutes les tentatives de guérison.

En ce qui concerne la nature propre de ces affections, nous sommes encore dans l'incertitude. Certes il ne peut guère être question de troubles graves que dans des cas très rares, et la fameuse callosité rhumatismale n'est assurément qu'une curiosité anatomique, qui a indubitablement peu à faire avec ce que nous appelons la myalgie rhumatismale. On admet que, dans certains cas, il s'agit de perturbations éphémères, d'hypérémies, d'inflammations passagères, d'exsudations séreuses et autres semblables, ou peut-être dans d'autres cas, des déchirures locales de faisceaux musculaires avec leurs conséquences, peut-être aussi quelquefois d'affections névritiques ou névralgiques de ramifications nerveuses sensibles, dans les muscles ou faisceaux musculaires ; enfin, maintes formes paraissent offrir une transition directe vers le spasme tonique des muscles, vers une crampe que l'on peut également considérer comme une contracture rhumatismale des muscles. En raison de cette incertitude de nos conceptions pathologiques, il est naturellement complètement impossible de se livrer à des considérations également théoriques sur le choix des méthodes de traitement. En outre ces dernières s'indiquent tout naturellement d'elles-mêmes pour les divers processus morbides possibles ; je vais donc passer immédiatement à une brève esquisse des méthodes de traitement pratiques et efficaces dont trois peuvent être employées.

La première est le badigeonnage faradique de la peau sur les muscles endoloris, avec un courant puissant d'une durée de quelques minutes, de façon à ce qu'il se produise une rubéfaction cutanée très intense ; par ce procédé les douleurs musculaires disparaissent comme par enchantement, s'il est nécessaire, on peut recommencer plusieurs fois, durant la même journée.

La seconde est la faradisation énergique des muscles affectés euxmêmes, recommandée par Runge et par Gubler, avec des courants énergiques, de façon à ce qu'il se produise des contractions très énergiques et très étendues ; pour les muscles du dos, vous emploierez à cet effet de grandes électrodes (médianes), qui seront placées toutes deux sur le muscles; progression croissante et décroissante du courant plusieurs fois dans une seule séance qui peut durer de 5 à 10 minutes; ce procédé est assez déplaisant parce que la contraction des muscles affectés est en elle-même très douloureuse ; cependant d'ordinaire les douleurs cessent déjà après une courte contraction. Les douleurs qui viennent ensuite sont beaucoup plus supportables et à la fin de la séance on constate habituellement un grand soulagement.

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