INFLAMMATIONS ARTICULAIRES CHRONIQUES
tissu, la raideur et la grande sensibilité des mouvements, le manque de souplesse et les craquements de l'articulation et autres signes. Très habituellement il se relie à une atrophie consécutive, souvent très accentuée, des muscles ; le plus souvent, de la manière la plus frappante, dans le deltoïde et le quadriceps fémoral ; il apparaît à la suite des traumatismes ou par le fait d'un refroidissement, de la gonorrhée etc., également aussi spontanément et fréquemment sur un terrain scrofuleu.v. (tumeur blanche) ; c'est une affection le plus ordinairement très rebelle, que l'on traite trop souvent en vain par les moyens chirurgicaux ordinaires (ligatures solides, iode, massage, bains, etc).
En tout cas, c'est là une des formes les plus favorables pour le traitement électrique; les indications des auteurs précités (Froriep, Mor Meyer, R. Remak, Weissflog, etc.) relatives aux résultats des traitements faradique et galvanique, ont été confirmées par E. Remak et par moi-même.
Les méthodes de traitement à instituer sont les suivantes : galvcmiquement: comme il s'agit ici essentiellement d'obtenir des actions catalytiques, il faut en premier lieu recommander les courants stables, dirigés transversalement dans tous les sens à travers l'articulation affectée ; de fréquentes commutations de courant augmenteront l'effet ; dans les cas récents, on devra choisir des courants plus faibles et faire agir d'une façon prépondérante l'An, dans les cas invétérés, des courants plus forts et l'influence énergique de la Ka. — En outre un traitement circulaire labile des muscles, vaisseaux et canaux lymphatiques voisins, paraît être très utile. Durée de la séance 5 à 20 minutes.
Faradiquement, le courant peut être amené sur l'articulation au moyen d'électrodes humides ou de bains locaux convenablement administrés ; courant assez fort, séances de 10-15 minutes: d'après Weisflog, plusieurs séances par jour de 1/2 à 1 heure de durée.
Le pinceau faradique peut aussi être expérimenté, surtout où l'on désire produire une dérivation très énergique, sur la peau, au voisinage de l'articulation, ou bien quand la grande sensibilité de celle-ci l'exige. Contre l'atrophie musculaire consécutive, il faut employer, soit des courants galvaniques labiles, KaFF, des commutations de courant, ou faradiser régulièrement les muscles, ou bien enfin employer des courants galvaniques faibles continus recommandés d'une manière si pressante par Le Fort et Valtat (v. ci-dessus p. 257 et Leçon 25, p. 432).
2° Le rhumatisme poli/articulaire chronique n'est fréquemment pas autre chose qu'une forme amplifiée de l'affection dont nous venons de parler, ou bien il se développe maintes fois aussi comme un état consécutif au rhumatisme articulaire aigu spécifique. De toutes manières c'est une affection douloureuse et rebelle, contre laquelle, bien des fois,
l'électricité se montre encore utile, comme le démontrent les observations de Erdmann et autres.
Le traitement s'effectue absolument de la même façon que pour la forme précédente si ce n'est qu'ici l'application doit s'effectuer sur chacune des articulations atteintes en particulier. Un traitement mixte, tel qu'il fut pratiqué par Erdmann dans son cas (badigeonnage faradique, faradisation et galvanisation des articulations et muscles) conduira peut-être plus rapidement au but.
3° L'arthrite dé formante, ou rhumatisme noueux, est assurément la plus grave des formes qui sont ici en jeu et elle se montre le plus souvent aussi rebelle au courant électrique qu'aux autres méthodes de traitement. Relativement à son essence intime, les opinions sontencore divisées ; il faut probablement distinguer plusieurs formes, l'une atteignant de préférence les grandes articulations et la colonne vertébrale, et qui appartient à un âge avancé (affection sénile), l'autre qui atteint surtout les petites articulations des doigts et des orteils pour les déformer, et qui apparaît déjà à un âge moyen (arthrite des pauvres) : elle repose dans son essence sur des influences rhumatismales ; enfin, il y a vraisemblablement encore une forme, d'origine trophonévrotique et qu'il faudrait donc classer parmi les névroses ; ce ne sont pas, du moins précisément, les résultats que Remak, Mor Meyer, etc. ont obtenus du traitement galvanique du sympathique et de la moelle épinière, dans ces affections, qui viendront à l'appui de l'hypothèse de leur origine nerveuse.
La maladie dure toujours des années et des années, la plupart du temps pendant toute la vie, s'accompagne de la production de nodosités et déformations articulaires, avec douleurs violentes, atrophie musculaire consécutive, et faiblesse générale et elle fait, des individus qu'elle atteint, des êtres impropres au travail et absolument sans ressources.
Le cas traité par Cahen avec succès au moyen du courant faradique, et guéri au bout de 6 mois, rentre dans cette catégorie ; Remak parle des résultats favorables du traitement galvanique (spécialement dans la forme de l'irritation diplégique) ; Mor Meyer a guéri plusieurs cas par la galvanisation du sympathique ; Althaus obtint des résultats très satisfaisants de la galvanisation du dos et des articulations ellesmêmes ; quant aux succès obtenus par Ghéron, qui prétend avoir guéri avec le plus grand bonheur toutes les maladies incurables possibles, les résultats rapportés par lui sont si brillants qu'on a peine à les croire ; il se borne à agir localement sur les articulations, muscles et nerfs, avec des courants galvaniques stables et forts, l'espace de 10 à 20 minutes ; Joffroy n'a vu que des résultats très médiocres et Weissflog déclare que la faradisation n'est pas un remède efficace contre