‹ Traité d'électrothérapieChapitre 263 sur 290 · ASTHME NERVEUX · texte numérisé non relu

ASTHME NERVEUX

vraisemblablement varier suivant les cas. Les conceptions nouvelles sur la production éminemment fréquente de l'asthme par des excitations provenant de la membrane muqueuse du nez, des organes de la gorge et du larynx, ne sont pas encore si généralement acceptées et démontrées pour qu'on puisse en faire, sans hésitation, la base d'un traitement thérapeutique.

Nous sommes donc presque toujours condamnés à un traitement empirique, qui doit cependant reposer sur quelques conceptions théoriques. Mais ce qui résulte du petit nombre d'observations connues jusqu'ici, c'est qu'on peut obtenir, pour l'asthme bronchial, des résultats satisfaisants avec l'électricité, et même avec des méthodes très différentes les unes des autres. Gaspari a guéri un cas de ce genre, qui durait depuis plusieurs années et cela au moyen du courant galvanique. A cet effet, il fixa la Ka au sacrum et, avec l'An, il frotta* lentement la colonne vertébrale depuis la nuque jusqu'aux vertèbres lombaires, l'espace de 10 à 20 minutes ; au bout de 2o séances, guérison. Brenner vit, dans un cas grave d'asthme, une notable amélioration due à l'application du courant galvanique sur le vague l'An à la nuque, Ka entre le larynx et le sterno-cleido-mastnïdien. Neftel a traité systématiquement une série de cas par la méthode galvanique et il prétend avoir obtenu, de la sorte, des résultats surprenants. Partant de l'hypothèse que l'asthme ne se produit qu'avec la participation du nerf vague, il a fait de ce nerf l'objet spécial de son traitement et cela d'après la méthode polaire. Il arriva que, dans la plupart des cas, l'action de l'An sur le vague eut un brillant succès; il est vrai que, dans beaucoup de cas, il en fut de même de l'action de la Ka.

Celte dernière aurait même une vertu spéciale pour arrêter des accès isolés. Neftel commence par faire agir un courant faible, dont il augmente peu à peu l'intensité à l'aide du rhéostat, jusqu'à ce que l'accès soit calmé, puis il fait sortir le courant insensiblement. La durée de la séance est de 2 à 10 minute-, d'abord tous les jours, ensuite plus rarement. Schmilz utilisa aussi le courant galvanique dans un cas d'asthme et d'emphysème, dans lequel les accès étaient accompagnés régulièrement d'un catarrhe intense du nez et des bronches. Par l'application des électrodes, des deux côtés, sur le cartilage du corps thyroïde, sur le bord interne du sterno- mastoïdien, on obtient une action éclatante, savoir : un soulagement immédiat de la respiration et une expectoration abondante. Par contre Schaffer prétend que, dans le traitement de l'asthme le courant galvanique a constamment trahi ses espérances, tandis qu'il affirme avoir obtenu de brillants résultats de l'emploi du courant faradique. Il signale ce dernier comme un remède des plus importants pour couper court l'accès asthmatique. Assez souvent, dit-il, les accès d'asthme les plus violents Erb. — Électrolhérapie. 39

disparaissent, grâce à lui, comme par enchantement. Conformément à son opinion que l'asthme se produit le plus souvent, par suite de l'excitation des nerfs des parties supérieures de l'organe respiratoire (nez, gosier, larynx, cordes vocales), il dispose les deux électrodes du courant faradique plus haut ou plus profondément (soit tout au-dessous de l'angle de la mâchoire, ou dans le haut du cartilage thyroïde) et fait passer de puissants courants faradiques durant 1/4 à 1/2 heure ; les souffrances diminuent immédiatement et les malades peuvent aisément s'en aller. Le traitement s'effectue de cette manière, deux fois par jour; plus tard les séances sont plus rares et plus courtes. Schaffer a guéri de la sorte un grand nombre de cas et Bresgen aussi a obtenu de bons résultats de ce procédé.

Vous voyez. Messieurs, qu'il n'est guère possible de tirer de solides points d'appui pour le traitement électrique de l'asthme, d'un aussi petit nombre de faits. Naturellement, dans tous les cas, il faut d'abord tenter un traitement de la cause première de l'affection et de tous les autres phénomènes concomitants catarrhe nasal, polypes, emphysèmes, etc.N : et là seulement où vous avez des motifs pour croire à l'existence d'un asthme purement nerveux, vous pourrez employer immédiatement et exclusivement le traitement électrique, d'après laméthode de Schaffer ; outre cela vous pourrez aussi essayer de faradiser à travers la poitrine et depuis la nuque jusqu'à la région du cœur et à la racine des poumons. Si cet essai est infructueux, je conseillerai <1<j recourir au courant galvanique. Vous traiterez par exemple le vague sympathique d'après différentes méthodes : action de l'An, puis de la Ka ; ou bien courant stable descendant depuis la nuque jusqu'à ces nerfs et la région du cœur : vous pourrez aussi éventuellement utiliser le procédé Gaspari. En tous cas. accordez à chacune de ces tentatives assez de temps et d'espace.

Mais de nombreuses observations ultérieures pourront seules servir à préciser la valeur et les indications spéciales des différents mo les d'action.

De quelle manière faut-il traiter électriquement l'angine de poitrine? Pour cette réponse, je renvoie à ma :27e Leçon, p. 468.

Les troubles moteurs du cœur, en tant qu'ils doivent être considé- ! is comme ayant une origine nerveuse, ont été, jusque dans ces derniers temps, L'objet de rares essais éleetrolhérapeutiqûes ; du moins on n'a pas encore publié grand'chose sur eux. Peut-être cela changera-t-il à l'avenir, grâce au travail de V. Ziemssen sur l'excitabilité électrique du cœur.

En tout cas, ce ne serait pas chose illogique que d'essayer tout d'à-

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