‹ Traité d'électrothérapieChapitre 266 sur 290 · DYSPEPSIE .NERVEUSE · texte numérisé non relu

DYSPEPSIE .NERVEUSE

pression, des plexus du sympathique abdominal (plexus hypogasteique supérieur, ou aortique abdominal), présente une certaine importance pour la connaissance de ces états.

Pour leur traitement électrique, vous pourrez vous servirdes deux espèces de courant et naturellement aussi employer différentes méthodes, d'après les phénomènes les plus remarquables. Beard et Rockwell, qui ont parlé les premiers, avec beaucoup de détails, du traitement électrique de la dyspepsie nerveuse, recommandent en première ligne la faradisation générale et ils ont certainement raison, la plupart des malades dont il est ici question souffrant en même temps d'une névrosthénie générale. De cette façon d'ailleurs l'estomac se trouve ains traité directement.

Les savants précités recommandent, ultérieurement, aussi la galvanisation du vague, celle du sympathique et de la colonne vertébrale el plus lard encore la galvanisation centrale. Leube emploie, tantôt de forts courants faradiques (depuis le dos jusqu'à l'épigaslre), tantôt le courant galvanique, mais seulement, il est vrai, en application externe, l'An sur l'épigaslre, la Ka sur la colonne dorsale, avec des couran's assez forts. L'application intérieure, au moyen d'une électrode sto macale, ne lui parait pas plus efficace que l'application extérieure. Burkart obtient des résultats très satisfaisants de l'emploi du courant galvanique, d'après une méthode analogue. Ordinairement il enfonce l'An aussi profondément que possible dans la région des plexus abdominaux, sensibles à la pression, et il applique la Ka sur le dos, avec courant stable. Stein, à son tour, a donné la préférence au courant faradique, qu'il dirige avec une force moyenne, à l'aide de grandes électrodes en forme de plaques, simplement à travers le ventre, d'un hypochondre à l'autre. Fr. Richter cite aussi l'électricité, parmi les remèdes de la dyspepsie nerveuse et Kussmaul a constaté l'effet favorable de la faradisation de l'abdomen, dans diverses formes de cette affection. Pour ma part, je n'ai jusqu'ici rassemblé qu'un très petit nombre de documents sur cette question spéciale, mais je ne doute nullement que l'électrothérapie soit souvent d'un très bon usage contre les diverses formes de dyspepsie nerveuse. Il faudrait peut-être essayer tout d'abord le courant faradique, en particulier lorsqu'il se manifeste simultanément une atonie stomaco-intestinale ; mais si les sensations anormales, l'hyperesthésie des nerfs de l'estomac, prédominent, une tentative avec le courant galvanique parait tout d'abord indiquée (actions de l'An), surtout quand la sensibilité du plexus abdominal à la pression, est très accentuée. Vous pouvez aussi employer alternativement les deux sortes de courant. On peut en outre essayer les procédés le plus fréquemment et le plus généralement employés contre la névrosthénie et, dans tous les cas rebelles possibles, on ne doit pas

négliger un traitement du vague et du sympathique du cou, un traitement longitudinal de la colonne vertébrale, éventuellement aussi la galvanisation centrale et la faradisation générale.

Il n'est pas rare que l'on observe, en étroite corrélation avec la dyspepsie nerveuse, l'atonie de l'estomac et la dilatation de l'estomac. Il va -ans dire que ces perturbations font tout, particulièrement sentir la nécessité d'un traitement électrique, puisque ce dernier est le moyen curatif le plus important contre tous les états de faiblesse motrice possibles.

L'atonie de l'estomac est une manifestation très habituelle de toutes les affections du système nerveux, surtout, je le répète, dans les asthénies nerveuses générales et maintes maladies centrales. Mais elle peut aussi se présenter à la suite de maladies chroniques de l'estomac, d'une surcharge persistante et souvent renouvelée de l'estomac par suite d'une nourriture trop abondante, etc. Dès qu'elle existe depuis un certain temps, elle conduit régulièrement à une dilatalion de restomac et celle-ci peut être d'autre part rattachée à diverses causes pathogéniques. Ainsi il y a des cas d'origine trau'malique, par suite de coups reçus à l'épigastre ou de chute sur cette région, spécialemeot chez les personnes nerveuses, hystériques; d'autres, qui arrivent à la suite de catarrhe stomacal et d'atonie musculaire consécutive, d'autres qui proviennent d'une charge relativement trop forte imposée aux parois stomacales, par introduction trop copieuse d'aliments, ou d'une extension desdites parois et, par suite, de développements de gaz ou de stagnation des ingesla; les dernières formes sont tout particulièrement fréquentes dans les rétrécissements pyloriques produits par une cause quelconque.

Pour tous ces cas, le traitement électrique peut être essayé, dans le but d'exciter les contractions de l'estomac, de faire disparaître l'atonie qui, en toutes circonstances est une des conditions fondamentales du maintien de la dilatation stomacale. Il va de soi que, contre cette dernière, d'autres moyens curatifs valent naturellement aussi la peine d'être employés 'spécialement la pompe stomacale) et qu'avant tout il faut s'efforcer de remplir l'indication causale et de la combattre. Mais, même dans des cas semblables, l'électricité vaut la peine d'être employée comme adjuvant de la médication et là où il s'agit d'une atonie purement nerveuse et d'une ataxie de l'estomac, l'électricité est certainement le remède souverain.

Les méthodes recommandées par chaque auteur, en particulier, ne sont pas toujours identiques. Onimus préconise le courant galvanique (de l'épigastre au dos et de la petite à la grande courbure) et, tandis que Leube déclare seulement, en peu de mots, qu'il a obtenu de bons résultats du courant galvanique, presque tous les autres praticiens se

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